Accueil > blog > Je ne te connais pas

[blog] Je ne te connais pas

mercredi 19 août 2009

J’écoute le ressac, ces petites vagues de la marée montante qui se brisent sur les rochers. Elles annoncent, avec le changement de marée, celui du temps qui depuis une semaine, évolue deux fois par jour en suivant la mer. 

Les feux de l’entrée du port de Douarnenez scintillent, taaac pour le rouge, tic tic pour le vert, c’est le feux du port de pêche avec sa jetée toute illuminée. A droite, les feux du Treboul, confondus dans les lumières de la ville, juste à gauche des éclats des éoliennes. L’humidité tombe, avec elle vient l’odeur du teck mouillé. 

L’envie me prend d’évasion, d’un bateau quittant le port, seul, sur la mer, direction le grand large, l’inconnu. Se retrouver face à la nature, souveraine et majustueuse, si douce aussi, à ne penser à rien d’autre que la bonne marche du bateau, arriver à bon port. 

L’évasion, le voyage, le vent, la vie. 

"Je ne te connais pas", m-a-t’elle glissé dans le détour de la conversation. Elle m’a obsédé une bonne partie de la journée. Comment ose-t-elle, elle qui me connait, qui me lit ?

C’est vrai pourtant, je ne me confie pas naturellement, j’ai besoin qu’on s’interesse à moi, qu’on me pose des questions. Et encore. Ce que certains prennent pour du dédain n’est qu’une forme de pudeur, de timidité : je ne sais pas parler de moi. J’envie tous ceux qui le font si naturellement, parfois sans qu’on leur demande rien, ceux qui savent livrer le plus profond de leur être, quand ils sont en confiance. Cette simplicité m’est inconnue.

La nuit est limpide, pas un nuage. Le bruit des vagues se fait plus présent. Je reste là, hypnothisé par le spectacle de la nuit, des feux à éclat et des lumières de la ville. 

Une dernière clope, je suis sur terre, pas de voile à l’horizon. Il est temps de rentrer. Demain nous allons à la mythique pointe du Raz.  

Vos commentaires

  • Le 26/08/09, France En réponse à : Je ne te connais pas

    C’est ce que je voulais dire : je sais de toi ce que tu as bien voulu me dire, ce que tu laisses échapper parfois, ce que je devine ou interprète aussi. Et à un moment tu dis ou tu racontes un truc et je tombe de ma chaise et je te/me dis : je ne te/le connais pas.

    L’effet miroir*, tu connais ? C’est un truc de psy... ce que tu projettes (pudeur, timidité) se "reflète" chez ton interlocuteur. Qui ne pose pas de questions puisqu’il/elle sent que ça te gène... c’est un cercle vicieux... Prépare tes réponses parce que je prépare mes questions. T’es prévenu ;o)))

    *pas sure que ça s’appelle comme ça. Autre effet du truc, tu vois chez les autres ce qui est chez toi (ex : tu es persuadé que ton interlocuteur te racontes des cracks ou n’est pas complètement honnête parce que à sa place, dans la même situation, c’est ce que tu ferais...).

  • Le 26/08/09, France En réponse à : Je ne te connais pas

    On dirait que ça marche... ;o))

  • Le 27/08/09, ydikoi En réponse à : Je ne te connais pas

    je l’avais bien compris comme ça … mais je ne pensais pas être à ce point là mystérieux :)

  • Le 28/08/09, France En réponse à : Je ne te connais pas

    Pas mystérieux, secret. C’est pas intentionnel. ;o)

blog | photo | web | Suivre la vie du site RSS 2.0