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[blog] Le paradoxe fondamental de la #manifpourtous

dimanche 21 avril 2013

C’est plié, ou presque. Il ne manque plus que le vote solennel des députés, mardi 23, qui ne fait aucun doute. Puis viendra la saisine du conseil constitutionnel, qui, sur le principe, ne devrait pas avoir grand chose à dire, peut être à la marge.

Les opposants au #mariagepourtous ne désarment pourtant pas, continuent à appeler à manifester, tout en faisant face, suite à la libération inéluctable, prévisible et prévue, d’une parole de haine visible juste qu’au Sénat et à l’Assemblée nationale,, une parole de plus en plus normale au gré des mois, à un retournement assez spectaculaire des médias qui se mettent, en masse, à questionner le positionnement officiellement pacifique de cette opposition.

Alors que le Figaro, première, se met à diffuser les communiqués de presse des jeunesses nationalistes, que les agressions ouvertement homophobes se succèdent, les unes après les autres, jusque dans les collèges, que les parlementaires font ouvertement état des menaces et pressions qu’ils reçoivent, la communication des opposants, si bien huilée jusque là, est en train de se déliter.

Le collectif des anti publie donc, avant la manifestation du jour, une charte qui appelle "au respect des personnes"

Mais voilà tout le paradoxe de cette posture dans laquelle ils se sont enfermés depuis plusieurs mois, celle qui a amené grand nombre d’entre nous, homos ou hétéros, non militants à la base, à prendre position pour le projet de loi et le défendre ouvertement.

Ils disent appeler au "respect des personnes" alors que depuis 10 mois leurs arguments, au delà des peurs et des fantasmes évoqués, démontrent une notion de respect pour le moins surprenante.

Celui qui a mis le feu aux poudres est le cardinal Barbarin, en associant ouvertement le mariage des homosexuels avec la polygamie et l’inceste. Peut être a-t-il été mal interprété comme le disent certains, mais le mal était fait en termes de communication.

Puis dans les mois suivants ont été développés des arguments moins extrêmes dans la forme, mais tout aussi violents dans la comparaison :

Je n’ai jamais, y compris dans ma famille, prononcé le mot homophobie. C’est un mot incompréhensible pour la plupart des opposants, qui ne s’y reconnaissent pas. Ils affirment, convaincus, respecter "les personnes homosexuelles".

Pourtant, le fait est là : tout en parlant de respect, tout en inscrivant ce mot dans une "charte de bonne conduite", ils associent parallèlement les personnes qu’ils disent respecter à une série longue comme un jour sans pain de mots et comportements à consonance négative, insultante. Ce que leur conscience refuse, leur inconscient le clame, le crie sur tous les toits.

Voilà ce qui n’est pas le moindre paradoxe des anti-#mariagepourtous, auquel ma famille n’a jamais répondu, et même ce prêtre, avec ces paroles qu’il veut apaisantes, ne pourra jamais répondre non plus.

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