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[blog] Y’a comme un air d’arnaque …

samedi 19 septembre 2009

Imaginez que vous deviez traverser toute l’Europe, de Brest à la Sibérie, en voiture, d’une seule traite. Vous êtes seul, vous vous dites que ça va être chaud quand même : conduire et regarder la carte en même temps, sur plusieurs milliers de kilomètres, personne pour surveiller la voiture quand vous vous taperez un roupillon, ni pour faire la conversation une fois de temps en temps. En fait, ça serait pas mal de faire ça avec une bande de pote, mais voilà, vos potes, ça les intéresse pas trop ce genre de road movie.

Heureusement, y’a un de vos amis qui a lui même un ami qui connaît deux personnes qui ont envie de partir à la grande aventure, sac au dos. Ca tombe bien, ils ont tous les deux leur permis, ils sont plutôt débrouillards, rigolos, ça colle bien entre vous et ils sont plutôt partant pour aller voir le pacifique … Vous faites quoi vous ? Moi, je leur demande si ma voiture les intéresse, et puis à trois, ça coûtera moins cher que le train : on partage l’essence, les péages, et la bouffe. D’ailleurs la bouffe, j’ai tout prévu, un barboc’, des douiches …bref, un peu de cuisine à faire, de la vaisselle aussi, chacun mettra la main à la pâte.

Ca vous paraît juste comme deal, non ?

Et bien, en voile, à la mer, normalement ça fonctionne comme ça, c’est le principe des Bourses aux Equipiers. On s’inscrit (dans un port, sur un site internet,…) en disant “voilà, je suis dispo pour partir”, on rencontre un skipper, et si ça colle, hop on embarque. Ca ne coûte à l’équipier que la caisse de bord (nourriture, gas oil, …), soit environ 15€/jour, mais le skipper en contre-partie récupère des bras en plus pour la manœuvre, voire, selon les compétences de l’équipier, quelqu’un capable d’assurer les quarts (wiki).

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© Muscapix

Forcément, quand on cherche à participer à un évènement en particulier, on balance pas sa candidature aux quatre coins du vent (sisi, cherchez bien, y’en a 4), soit on se rend à la capitainerie du port de départ, ou alors on contacte les organisateurs. Dans le cas de la transat des passionnés, c’est bien foutu, y’a une association à laquelle il faut s’inscrire pour obtenir la liste des bateaux cherchant un équipier. Bon, 75 neuros, quand même, pour avoir une liste maigrichonne de … cinq bateaux seulement. J’admets, on est à deux mois du départ, la plupart des skippers s’organisent depuis près d’un an. Passons.

Je contacte le premier …“désolé, je viens de finir de constituer mon équipage”.
Le deuxième, il annule sa transat, problèmes familiaux. Pas glop, ça arrive.
Le troisième, pas de réponse, j’attends encore.
Et les deux derniers, je tombe sur le cul : par téléphone, l’un me dit d’une voix assez sèche “voilà nos conditions : c’est 1000€ l’embarquement, plus la caisse de bord”. Son bateau est neuf, et il cherche à le rentabiliser un peu ; ou alors il le loue, et espère ainsi prendre son pied à moindre frais. Gloups.
Mais le dernier fait encore mieux, puisqu’il renvoie vers son site et annonce sans aucune honte 2200€ plus la caisse de bord pour embarquer. Lui c’est un peu différent, puisque son métier est de faire du charter.

Bref, deux gougnafiers qui en guise d’équipiers cherchent en fait des clients pour rentabiliser leur business ; qui trompent leur monde, et l’association (j’ai la naïveté de croire qu’ils ne sont pas totalement au courant …), et contribuent allègrement à pervertir un monde qui restait encore malgré tout à l’écart de certaines pratiques marchandes. Triste.

En attendant, je sens qu’il va falloir du coup commencer à organiser le plan B.

P.-S.

photo muscapix

Vos commentaires

  • Le 03/10/09, France En réponse à : Y’a comme un air d’arnaque …

    Les marins, c’est tous des pirates, c’est bien connu.

    Tu peux m’expliquer pourquoi tu veux à tout prix aller t’enfermer pendant 2 mois dans une boîte (y en a des en plastique et des en bois, c’est ça ?), petite la boîte, même si c’est un grand bateau (je me comprends : je suis clostro et j’ai des souvenirs assez angoissants du voilier de mon oncle et il faisait 17 mètres...) avec des gens que tu connais pas, pour aller je ne sais où ?

    C’est chouette la mer pour tremper ses pieds dedans, pour la regarder tout en philosophant (si y a un verre de rouge dans le panorama, ça peut aider...), pour la respirer et l’entendre. Mais aller loin dessus ? T’es bien sur ? Et même, tiens, les gens qu’on connait pas, ça peut être chouette aussi. Mais sur un bateau ? Tu vas où s’ils sont tous cons ?

    Hein ? Tu fais ce que tu veux. Bon. Oui. Bien sur.
    Juste, tu m’expliqueras ?

  • Le 03/10/09, ydikoi En réponse à : Y’a comme un air d’arnaque …

    Je pars avec des gens que je ne connais pas, parce que je ne connais personne avec qui partir :)

    On ne reste pas enfermé dans un bateau, sauf par (vraiment) très mauvais temps, mais oui, il ne faut pas être claustrophobe, le plus grand des voiliers tient plus du grand studio que d’un appartement. Oui, c’est un espace exigü, parfois inconfortable.

    Alors ?

    J’ai été élevé avec Surcouf (wiki), plus tard j’ai rêvé sur Moitessier (De la longue route au Vendée Globe et wiki) et ses écrits.

    Il faut avoir vu le soleil se lever et se coucher au loin, alors que tu es seul sur l’eau, naviguer avec des dauphins qui t’ouvrent la route, leur dorsale affleurant au niveau de l’étrave ; ou alors une navigation de nuit, dans un monde où tu ne te sais que temporairement accepté ; il faut avoir vécu un coup de vent, et le retour au port ; oui, c’est chouette, la mer, très chouette.

    La meilleure comparaison que je connaisse, curieusement pour beaucoup, c’est malgré tout la moto. Une moto n’est pas forcément confortable, beaucoup la considèrent dangereuse, mais pourtant, tu aimes la chevaucher, dompter la route et une fois l’étape achevée, te sentir contente de ces virages que tu as si bien pris, comme la vague qu’on esquive à la voile.

    Le plaisir de la moto, comme la voile, est autant dans le départ, que le voyage, et l’arrivée ; mais aussi la rencontre de l’autre, la nature. Tu te dépouilles de l’accessoire, seul reste l’essentiel.

    Toutes deux ont les mêmes principes, la solidarité et liberté, la responsabilité individuelle, l’anticipation et l’attention.

    L’une se contente d’aller sur des chemins définis, l’autre les trace. C’est semblable, seul le terrain de jeu diffère, et la liberté qu’on te laisse, totale sur l’océan.

  • Le 04/10/09, France En réponse à : Y’a comme un air d’arnaque …

    Et ben ! C’est beau. Et j’avoue, ça donne envie... pis la comparaison avec la moto... t’es un malin, toi, hein ?

    Faut que je réessaye un jour ou 2 alors. Voir si je vomis mon 4 heures et tout ça. Mais de mémoire, j’étais pas malade, même quand ça secouait. J’avais qu’un seul et gros problème : fallait que je sois dehors, même là nuit, même quand il pleuvait, même quand ça cognait... Et ça m’avait gâché tout le reste.

    T’as déjà vu une baleine ? ;o)))

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