Archives juillet 2010

    24 juillet 2010

  • [blog] Les cadenas du Pont des Arts

    J’ai touché mon nouveau joujou, celui que j’espère depuis longtemps. Et j’en ai profité pour aller me balader du côté de Paris Plage, je savais que j’aurais quelques photos à prendre : cette édition a beau être officiellement annoncée comme celle du développement durable, il y a un beau gâchis d’eau avec les brumisateurs, mais qui permettent au moins des photos faciles mais sympas.

    Et rien qu’à voir cette photo en grande taille, le D300s est impressionnant de qualité quand il s’agit d’aller dans les dégradés, et la restitution des zones sombres. Miam !

    Et puis, sur le chemin du retour, il y avait aussi bien sûr quelques amoureux sur les berges, juste avant d’arriver sur la passerelle des Arts et ses cadenas.

    Ils avaient disparus il y a quelques semaines, mais sont maintenant bien de retour. Certains même perchés haut, très haut.

    Et puis, par hasard, je suis tombé sur celui-là, bien sûr.

    John & Luke

    Et j’ai donc maintenant un Nikon D200 à la vente, sans objectif. Je ne sais pas encore à quel prix, il a perdu quelques capuchons, et a un peu vieilli quand même.

  • Vos commentaires

    • Le 25/07/10, Rouquette En réponse à : Les cadenas du Pont des Arts

      C’est trop facile de dire que c’est facile de faire des jolies photos parce que y a des brumisateurs !
      Tu peux me filer ton super appareil, un cours de technique photo et un brumisateur, je ferais pas les photos que tu fais.
      Une fois de plus, elles sont sublimes.
      C’est touchant, les cadenas. Je ne connaissais pas. Version citadine du cœur et des initiales gravés sur le tronc d’un arbre ?
      La ville les fait enlever régulièrement ?

    • Le 25/07/10, ydikoi En réponse à : Les cadenas du Pont des Arts

      Ce sont des photos faciles, parce que le sujet est naturellement facile. Tu n’as qu’à regarder sur flickr les photos consacrées à Paris Plage pour te rendre compte du nombre qui utilisent les brumisateurs.
      Qu’elles soient belles, d’accord. Mais sublimes .... tu en trouveras de sublimes dans le lien au dessus ;)

      les cadenas, apparemment, personne ne sait trop d’où vient l’origine. Ca existe un peu partout en Europe en tout cas. Apparemment, ca n’est pas la mairie de Paris qui les fait retirer, on soupçonne des récupérateurs de métaux d’avoir fait une razzia ... Autant de laiton, c’est une petite fortune, comme celle que se fait le vendeur de cadenas, à 5€ pièce ;)

    • Le 25/07/10, Rouquette En réponse à : Les cadenas du Pont des Arts

      J’ai pas exagéré d’abord. J’ai pas dit sublissimes, j’ai dit sublimes. Je maintiens. J’ai regardé les autres, j’en ai trouvé plein des jolies, quelques unes de belles, rien vu de sublime. Et je suis parfaitement objective.
      Si.
       ;o)

    • Le 27/07/10, Rouquette En réponse à : Les cadenas du Pont des Arts

      (Oups : sublimissimes).

    • Le 03/08/10, Marco En réponse à : Les cadenas du Pont des Arts

      Très belles les photos. Si, vraiment. Tu aurais d’ailleurs pu prendre la même avec l’ancienne appareil pour qu’on voit la différence... Bon, je te chicane.

      @La Rouquette : pourquoi j’ai pas ton avatar quand tu viens chez moi ?

      @Ydikoi : Et puis c’est quoi cet avatar que tu m’as collé, là ? Nanmého !

    • Le 04/08/10, Rouquette En réponse à : Les cadenas du Pont des Arts

      Je crois que mon loup est intéressé par ton Nikon, Ydikoi...
      Je sais pas pourquoi Marco voit pas mon (bel) avatar mais celui que tu lui as trouvé est rigolo. Il a un petit côté goret, non ? ;o))

    • Le 04/08/10, ydikoi En réponse à : Les cadenas du Pont des Arts

      @Rouquette : oups alors, au temps pour moi, j’avais mal compris … je le lui réserve pour l’instant alors

      @Marco : pour avoir la Rouquette rousse chez toi, il faut que tu installes les plugins Gravatar et Comments ;
      Et je ne t’ai rien collé, c’est le système qui le fait en automatique … si tu veux ta trombine, faut aller t’inscrire sur le lien indiqué dans le formulaire (open source, et universel) :p

    20 juillet 2010

  • [blog] Il faut qu’on parle

    Le dernier week-end passé chez eux, j’espérais bien que nous parlerions un peu. Hélas, nous avons beaucoup discuté des soucis que leur causait Tudikoi, et Elledikoi, et aussi un peu de ceux de LuiDikoi. J’ai senti progressivement que je me lassais d’entendre toujours parler d’eux, j’aurais bien aimé que la conversation, au bout de ces trois heures, prenne un tour plus personnel. Mais elle s’est éteinte d’elle-même, je n’ai pas voulu apporter ma pierre à un édifice de tristesse qu’ils ont déjà bien bâti.

    Quelques jours après ce week-end, nous dinions de nouveau ensemble. Discussion banale comme souvent, agréable mais superficielle, revenant sur les projets à moyen terme qu’ils développent, sollicitant mon avis, mon intérêt. Une fois, deux fois, j’ai expliqué que je n’avais d’autre intérêt que partir. Deux fois, le silence s’est fait, ils n’ont rien relevé.

    Les raccompagnant chez eux, j’ai finalement interrompu leur bavardage, et nous avons discuté, un peu, debout sur le trottoir.

    - Il faudra bien que vous vous y fassiez
    - Ca n’est pas une bonne idée, vraiment pas
    - Un jour, vous contenterez vous d’être juste contents pour moi, sans avoir à mettre vos inquiétudes de parents de côté bien sûr ?
    - Non, ça n’est pas possible

    Et puis ce soir, un coup de fil tardif, inhabituel : il faut qu’on parle. Qu’on prenne le temps de parler. Viens. Trois jours, il ne faut pas être pressé par le temps.

  • Vos commentaires

    • Le 20/07/10, Guillaume En réponse à : Il faut qu’on parle

      C’est bien, si cela bouge, c’est cool. La phrase "Un jour, vous contenterez vous d’être juste contents pour moi, sans avoir à mettre vos inquiétudes de parents de côté bien sûr ? " est à mettre aussi pour d’autres. Je suis super content que tu trouves ta voie (sans qu’elle soit d’eau), mais cela fait ch..er quand même que tu partes pour tataouine les gaufrettes sur mer ...

      Là, c’est dit !

    • Le 20/07/10, Al West En réponse à : Il faut qu’on parle

      "Un édifice de tristesse qu’ils ont déjà bâti". Comme c’est bien écrit ! C’est palpable, même...

      Bonne virée dans les eaux de la perfide Albion, alors...

      Amicalement.

      Al.

    • Le 20/07/10, ydikoi En réponse à : Il faut qu’on parle

      @guillaume : il faudra quand même, un jour, que tu m’expliques pourquoi tu es tellement virulent sur le sujet de la voile. Parce que je sèche, je ne vois pas pourquoi ça te fait tellement “ch..er”, à chaque fois.

    • Le 20/07/10, Rouquette En réponse à : Il faut qu’on parle

      Peut-être que Guillaume, il aime pas les boîtes en plastique qui vont sur l’eau et qu’il se fait du soucis pour toi ? Comme moi, quoi. C’est plein de dangers dangereux la mer. Pis c’est dégueulasse : les poissons baisent dedans ! Y a que les baleines pour relever le niveau. Un peu les dauphins aussi.
      Depuis la plage ou les rochers c’est pas assez beau ? Faut aller dessus ? Loin ? Comprends pas trop...
      Mais je respecte. Va. Pars. Et reviens. ;o))
      Quant à tes parents, c’est la meilleure nouvelle vous concernant tous les 3 depuis que je te connais. A condition que la conversation qui aura lieu soit un vrai échange, une vraie communication.
      Pis peut-être qu’après, tu pourras virer le docteur Grosse Pelle et partir faire le tour du monde sur une coque de noix. (Un tour, ça me va, c’est long mais ça part d’un point et ça y revient).

    • Le 21/07/10, ydikoi En réponse à : Il faut qu’on parle

      @Rouquette

      A condition que la conversation qui aura lieu soit un vrai échange, une vraie communication.

      Tout est dit :-) Réponse dans une semaine …

    • Le 21/07/10, Rouquette En réponse à : Il faut qu’on parle

      Moi j’y crois.

    • Le 21/07/10, Rouquette En réponse à : Il faut qu’on parle

      Rien à voir, mais franchement, qui a le plus bel avatar ? Hein ? Qui ?
      Et même plus flou en plus.
      Hé hé hé

    16 juillet 2010

  • [blog] un tour sur l’eau

    Je m’étais dit, après le convoyage de l’année dernière que j’en avais fini de la navigation avec des propriétaires âgés, maniaques [1], se prenant pour Dieu. Non, s’il y avait bien une chose qui était paradoxalement ressorti de cette expérience, c’était ma capacité à prendre la mer sur mon propre bateau. Seulement voilà, je n’avais pas encore fini mes conversations avec le Dr Krollspell, hors de question de partir pour l’instant.

    Et l’été arriva. J’ai bazardé le rendez-vous familial, et un autre aussi, avec une seule envie, une seule vraie motivation : partir en bateau. Un petit bateau (enfin, 9 - 10 mètres quand même, de quoi ne pas être trop ridicule) pendant une quinzaine de jours pour m’embarquer de crique en crique, donc dans le haut de la Bretagne, voilà tout ce que je demandais (en tout simplicité ;-) ). Mais la location de bateau en été, c’est à peu près comme le ski en hiver : c’est cher, outrageusement cher et donc stupide.

    Alors je suis revenu sur mes bourses aux équipiers, regarder - par simple curiosité - ce qui se présentait.
    Une traversée de la Rochelle à Nouméa, durée prévue 180 jours …hum, tentant ! Mais un catamaran, un couple de retraité, non, on va éviter.
    Un jeune (petite trentaine) convoyeur, bloqué à Porto par l’accident de son co-équipier, pour rejoindre les Açores, là maintenant tout de suite … Pourquoi pas, un grand saut de puce dans l’Atlantique, les Açores, escale mythique de la traversée océanique … Mais petit bateau, départ précipité, cher en transport pour rejoindre Porto puis revenir des Açores, non plus, trop de “mais”.
    Et puis, celui là, perdu sur son forum spécialisé, pas sûr d’arriver à compléter son équipage pour un retour d’Irlande vers la Bretagne. Le bateau que je crève d’essayer, un programme sympa, je me lance, et ce soir, c’est confirmé, je suis de l’aventure.

    Aux alentours de la mi-août, je vais donc rejoindre Baltimore (bah oui, ça existe aussi en Irlande) pour embarquer. Une escale semble prévue à Kinsale (pas loin, juste un cap à passer), puis une escale de quelques jours dans ce qui semble être un petit paradis : les îles Scilly [2].
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    Et puis pour finir, la traversée de la Manche, cap direct vers l’Aber Wrac’h

    Même avec le soutien moral des ParentsDikoi, ça devrait être un petit moment sympa, un peu mouillé mais savoureux. Et j’en connais une qui bave déjà ;-)

  • Notes

    [1oui, ça va ensemble. euh ?

    [2fait amusant : elles n’ont signé qu’en 1986 la paix avec la Hollande, au terme d’une guerre de … 350 ans !!

    Vos commentaires

    • Le 16/07/10, Al West En réponse à : un tour sur l’eau

      Rhaaaa oui alors, les Scilly, c’est mythique ! Veinard !!!

    • Le 16/07/10, Guillaume En réponse à : un tour sur l’eau

      Hein ? Quoi ? Tu ne m’as pas appelé pour me le dire et demander si tu avais la permission de quitter la terre et la France... saches le, tu pars sans mon autorisation préalable...

    • Le 17/07/10, Rouquette En réponse à : un tour sur l’eau

      Si t’as besoin d’un point de chute ou d’un taxi en Finistère, tu connais l’adresse... Enfin ça dépend quand, hein, on n’y est que 15 jours. ;o)))
      Bons vents et ramène plein de jolies photos.

    • Le 18/07/10, Rouquette En réponse à : un tour sur l’eau

      Adoré "les supers pouvoirs"... l’écriture, le blog, les photos, tout !
      Merci pour ce super moment.

    • Le 18/07/10, ydikoi En réponse à : un tour sur l’eau

      j’aime bcp Tibao, et c’est un couple très sympa. Leur blog est très sympa à lire vi

    • Le 20/07/10, Gouli En réponse à : un tour sur l’eau

      Les îles Scilly c’est superbe, par contre la côte Est de l’Irlande n’est pas terrible.

    • Le 21/07/10, ydikoi En réponse à : un tour sur l’eau

      Gouli : a priori, pas de balade le long de la côte Est. Le sud, puis les Scilly, puis la Bretagne. Enfin, je crois

    • Le 22/07/10, Rouquette En réponse à : un tour sur l’eau

      Si jamais tu vois Mulder dans les îles Scilly... passe lui le bonjour.
      Ouais. Bon. Ok. C’est nul.

    • Le 22/07/10, ydikoi En réponse à : un tour sur l’eau

      Je confirme :D

      Et je te l’enverrai directement, pas trop mon type :p

    9 juillet 2010

  • [blog] Ô toi mon cœur et mes entrailles

    C’est par un tweet de Narvic que je suis tombé sur cet article de Rue89 consacré aux sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, et à leur dernière enquête sur la défense par la bourgeoisie de leur espace.

    Enfin, quand on dit "la bourgeoisie", c’est aussi vaste que réducteur, puisqu’apparemment, il s’agit autant de l’aristocratie que la bourgeoisie financière ou la jet-set (c’est en tout cas ce qu’évoque pour moi le titre de leur livre "le ghetto du gotha", titre certes dû à l’éditeur).

    Plus que l’article, c’est le reportage consacré à nos deux sociologues sur une chaîne publique et disponible -pour combien de temps encore ?- sur Internet qui m’a intéressé. Ils ont en effet été suivi dans leurs rencontres, avec un point commun : personne ici n’intervient comme bourgeois, comme capitaliste ou jet-setteur. Ce sont exclusivement des aristocrates qui sont interviewés, et tous sur le thème - ça tombe bien, c’est le thème officiel de l’étude - de la défense des espaces (naturels, historiques, sociaux, …).

    Si vous regardez jusqu’à la fin - ce que je ne peux que vous conseiller -, quelques petites remarques :

    • Les Pinçon ont réussi remarquablement un exercice particulièrement difficile : faire parler une catégorie de personnes (caste ?) habituellement partisane de la discrétion. C’est un vrai tour de force.
    • A la différence de certaines émissions sensationnalistes, ce qui est présenté est un quotidien, des valeurs et croyances, approches de vie, qui ne sont pas caricaturales (dans l’ensemble). Oubliez les châteaux, oubliez l’argent : ce que disent ces gens là est globalement représentatif. Ils portent des patronymes connus (Harcourt, Nicolay, rohan …), mais vous retrouverez la même construction d’esprit chez bien d’autres, une grande majorité d’entre eux, quelque soit le nom qui suit la particule, leur position sociale ou économique.

    En même temps que je dis cela, je suis gêné par un aspect très fort de ce reportage. Les Pinçon ne s’en cachent pas, ils cherchent à comprendre comment fonctionne cette "oligarchie", pour mieux la détruire (cf infra). Il s’agit donc autant d’une démarche sociologique (leur métier) que militante et politique. Autant ils décortiquent les mécanismes de cette classe sociale, autant ils greffent dessus des arrières pensées, plus politiques et franchement désagréables. Exemple tiré de l’épisode 5 (à partir de 2"30) :

    Monique Pinçon : on était sur la stratégie de condescendance … Vous me recevez […] vous êtes très très gentil avec moi, extrêmement courtois […] vous me mettez totalement à l’aise […] et […] dans la politesse extrême, y’a une façon de nier la distance sociale, tout en affirmant la distance sociale.

    La politesse, le respect de l’autre, l’altruisme, …ne seraient pas, chez les aristos, des valeurs en soi, culturelles, éducationnelles ; mais avant tout des moyens d’affirmer la domination. Rien n’est gratuit, tout est chargé d’arrières pensées, forcément négatives.

    Et c’est là le gros défaut (à première lecture) de cette enquête : tout n’est qu’occasion de réaffirmer le combat de classe, de dénoncer un rapport de domination, d’appeler à la révolution. Il suffit de regarder la présentation faite aux "Mercredis des amis de l’Humanité" pour s’en convaincre, où le discours du sociologue s’efface complètement devant celui du militant révolutionnaire (à partir de 9’30) :

    Ils sont forts, ils sont extraordinairement forts, et c’est cette force qu’il faut décortiquer pour arriver à dépasser cette force, la renverser. C’est un peu le sens de notre travail.

    C’est dommage, vraiment.

    Mais je me précipite malgré tout sur le bouquin (apparemment épuisé, mais disponible en version électronique) pour vérifier s’il ne s’agit que d’un biais dû (encore une fois ?) au spectre télévisuel…

    Les videos :

    P.-S.

    PS : et pour comprendre la raison du titre, il vous faudra regarder les videos ;-)

  • Vos commentaires

    • Le 09/07/10, narvic En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      Poursuis tes investigations sur l’ensemble du travail des Pinçon sur la bourgeoisie et la "haute société". ;-)

      Ils n’ont jamais caché, d’abord à leur interlocuteurs, et ensuite à leurs lecteurs, qu’ils sont des sociologues "bourdieusiens". Leur démarche est sans équivoque, ni ambiguïté, avec personne. Il ne tendent aucun piège et avancent à visage découvert. Et la "haute société" a accepté de les recevoir pour leurs enquêtes en fonction de ce programme.

      Ça ne fait que mettre un peu plus en évidence la qualité de leur travail, à mon humble avis.

    • Le 09/07/10, Bashô En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      Et peut-on m’expliquer la raison du titre ? puisque ce n’est pas sous-titré ? :)

      Sinon, ça m’a fait penser à ce passage du côté des Guermantes :

      "Je pus facilement, ce soir-là, en voyant Saint–Loup à la table de son capitaine, discerner jusque dans les manières et l’élégance de chacun d’eux la différence qu’il y avait entre les deux aristocraties : l’ancienne noblesse et celle de l’Empire. Issu d’une caste dont les défauts, même s’il les répudiait de toute son intelligence, avaient passé dans son sang, et qui, ayant cessé d’exercer une autorité réelle depuis au moins un siècle, ne voit plus dans l’amabilité protectrice qui fait partie de l’éducation qu’elle reçoit, qu’un exercice comme l’équitation ou l’escrime, cultivé sans but sérieux, par divertissement, à l’encontre des bourgeois que cette noblesse méprise assez pour croire que sa familiarité les flatte et que son sans-gêne les honorerait, Saint–Loup prenait amicalement la main de n’importe quel bourgeois qu’on lui présentait et dont il n’avait peut-être pas entendu le nom, et en causant avec lui (sans cesser de croiser et de décroiser les jambes, se renversant en arrière, dans une attitude débraillée, le pied dans la main) l’appelait « mon cher ». Mais au contraire, d’une noblesse dont les titres gardaient encore leur signification, tout pourvus qu’ils restaient de riches majorats récompensant de glorieux services, et rappelant le souvenir de hautes fonctions dans lesquelles on commande à beaucoup d’hommes et où l’on doit connaître les hommes, le prince de Borodino—sinon distinctement, et dans sa conscience personnelle et claire, du moins en son corps qui le révélait par ses attitudes et ses façons—considérait son rang comme une prérogative effective ; à ces mêmes roturiers que Saint–Loup eût touchés à l’épaule et pris par le bras, il s’adressait avec une affabilité majestueuse, où une réserve pleine de grandeur tempérait la bonhomie souriante qui lui était naturelle, sur un ton empreint à la fois d’une bienveillance sincère et d’une hauteur voulue. Cela tenait sans doute à ce qu’il était moins éloigné des grandes ambassades et de la cour, où son père avait eu les plus hautes charges et où les manières de Saint–Loup, le coude sur la table et le pied dans la main, eussent été mal reçues, mais surtout cela tenait à ce que cette bourgeoisie, il la méprisait moins, qu’elle était le grand réservoir où le premier Empereur avait pris ses maréchaux, ses nobles, où le second avait trouvé un Fould, un Rouher."

    • Le 09/07/10, Bashô En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      pensé au lieu de penser...

    • Le 09/07/10, Bashô En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      Je viens de lire l’interview et je suis peu dubitatif. C’est sans doute le format court de l’interview qui veut cela mais la complexité des relations au sein des classes supérieures est plutôt évacuée. Ainsi, si Liliane Bettencourt peut considérer disons par exemple la duchesse d’Urzès comme un pair, jamais elle ne considérera Florence Woerth sur un pied d’égalité car primo c’est une salariée et secundo elle travaillait pour elle. De même, je crois que la vieille noblesse considère Arnault et alter comme des parvenus.

    • Le 10/07/10, ydikoi En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      @ Bashô : désolé, j’oublie toujours ... Le titre est le premier vers d’un poème (que je trouve assez joli par ailleurs) d’une comtesse (ou duchesse ?) assez représentative de certains vieux aristos qui utilisent des termes, aujourd’hui perçus comme dénigrants ou insultants, comme ’petit personnel’ ou ’soubrette’ ; elle a juste oublié (ou n’a pas vu) que le XX et le XXIe siècle sont passés par là ;)

      @ Narvic : je ne dis qu’ils tendent des pièges (même si, à la lueur du reportage, on pourrait le penser, Pinçon déclarant lui même ’nous sommes un peu faux-culs’ en sortant du premier entretien filmé).
      Je ne conteste pas (ici du moins) le concept de la lutte des classes (si j’ai bien compris la lecture en diagonale de l’article consacré à Bourdieu, c’est cela qui le distingue).
      Non, ce que je regrette ici, à la simple vision du reportage (et que je veux donc vérifier avec le livre), ce sont deux choses :

      • d’une part, l’impossibilité qu’ils ont visiblement tous les deux d’admettre que ce qu’ils nomment ’les forces de l’aristocratie’ puisse être dénué d’a-priori, de calculs ; et donc oui je regrette tout ce qu’ils mettent dessus, qui tient plus à mon avis de connaisseur pas si ignare que ça de ce monde là (je le répète, a priori & avant d’avoir lu le livre), de leurs propres projections à eux.
      • d’autre part, ce discours (essentiellement visible dans le reportage consacré aux ’mercredis des amis de l’Humanité) tenant à dire que ce qui est pour eux les forces de cette caste doit être cassé pour ’mette tout le monde au même niveau’, i.e. casser l’oligarchie ; là où je trouverais nettement plus enthousiasmant de chercher à donner à tout le monde ces mêmes forces ( donc, peut être plus clairement, je leur reproche un nivellement par le bas ;) )

      Mais, encore une fois, je me lance dès ce WE dans la lecture du bouquin (merci l’ipad ;) ) afin de confirmer - ou infirmer - tout cela.

    • Le 10/07/10, ydikoi En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      @ Bashô : oui mais non, et inversement :-p
      Que Arnault ( ou autres Bolloré) soient des parvenus, surtout aux yeux des ’vieilles familles’, cela ne fait aucun doute.
      mais là où ça devient plus compliqué, et les Pinçon ont mis le doigt dessus, c’est que les enfants de ces gens là fréquentent les mêmes rallyes et autres mondanités que les enfants de la noblesse & autre haute bourgeoisie, et que des mariages ont déjà eu lieu (je crois que Rue89 en parle au sujet de la fille Arnault). Ça n’est jamais que la vieille histoire de la rencontre entre la noblesse de souche, et la bourgeoisie fortunée (oserais-je dire, la noblesse d’argent ?)
      Et les politiques, c’est encore une chose à part, il me semble ...

      Et, par pitié, arrêtons de parler de ’classe supérieure’ !!

    • Le 12/07/10, François En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      allez, pour te faire plaisir, je vais faire mon prolo à poil dur.

      ces sociologues étudient la classe dite supérieure pour l’éradiquer. D’un coté, il faut tout connaitre de son ennemi, mais d’un autre coté, ils vont trouver qui pour le nettoyage ?

      en parallèle, la lutte de classe n’existe que quand il n’y a plus d’espérance d’évolution, et en ce moment, c’est là que le bât blesse (je dis en ce moment, mais ça fait 10 ans que ça dure !!)

      pour la bonne bouche et parce que je suis motard, donc, d’une mauvaise foi évidente, je mets un petit lien pour bien montrer que les inquiétudes de classe ne sont pas vraiment les mêmes d’un bord à l’autre de l’échiquier

      http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/06/27/la-bourgeoisie-parisienne-defend-son-pre-carre_1378801_3224.html

      mais c’est juste de la mauvaise foi, n’est ce pas ? O :-)

    • Le 12/07/10, ydikoi En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      Non non, tu as parfaitement raison !!

      De la même manière que si tu présentes cette page à un des 3 ? 4 (je crois) millions de pauvres, il te dira à peu près totalement exactement la même chose.

      http://shrt.fr/69f

      Ah merde, j’oubliais, je suis motard. Aussi.

       :-)

    • Le 13/07/10, François En réponse à : Ô toi mon cœur et mes entrailles

      rooooo, ça c’est pas le mauvaise foi, c’est un argument éhonté et honteux. je dis faute absolue ! présenter un rêve écolo-humoristique en tant que choix bourgeois ne peut être qu’une distorsion flagrante de la vérité.
      D’autant que si le ramage (les sous-sous) valait le plumage (le nom), je roulerais en allemande qui coûte un oeil, et je pourrais crier "antisocial, tu perds ton sang froid !".
      Bon, je reconnais, je suis trés trés motard sur ce coup ;-)

    6 juillet 2010

  • [blog] Conversations

    Le projet mûri depuis quelques temps, repenser mon utilisation des réseaux sociaux.

    J’avais déjà évoqué le cas Facebook. La décision a été prise, et le compte supprimé (enfin, à la manière Facebook : il n’est pour l’instant que désactivé).

    Je ne touche pas à mes flux RSS pour l’instant. Je contiens leur nombre (tout juste 200), un doux mélange de futile, accessoire, amical, professionnel, intellectuel, politique. Cela me convient encore bien.

    Reste le cas twitter. Je le tourne dans ma tête depuis quelques semaines, ne sachant pas trop par où commencer. Du coup, je vais tailler dans le vif, et supprimer presque 100% plus d’un tiers de ma timeline. Exit donc les amis, je ne veux pas connaître leur vie par ce biais là, nous avons à notre disposition bien d’autres moyens, bien plus enrichissants, de prolonger cette amitié. Exit aussi ceux qui ne m’apprennent rien, ceux que j’avais suivi un temps par curiosité sans être lié à eux, mais qui ne m’apportent, au mieux, qu’une information sans recul ni analyse ou éclairage nouveau.

    Et puis ensuite, reprendre doucement les abonnements, sur un critère de qualité (curiosité, nouveauté, analyse, information) de manière à retrouver de l’intérêt dans ce média. Ou pas, on verra.

  • Vos commentaires

    • Le 06/07/10, Al West En réponse à : Conversations

      Bah merdalors ! Cela signifie-t-il que le PTMC a splitté, ou bien annonce-t-il sa fin prochaine ?

      Amicalement et sans rancune.

      Al.

    • Le 06/07/10, ydikoi En réponse à : Conversations

      Je reste pédé, motard et twitteur.
      Nous avons même nos mails et téléphones pour communiquer, en plus de twitter.

      Donc ni split, ni fin.

    • Le 06/07/10, Marge En réponse à : Conversations

      Ah, ça, c’est pas d’bol !

      J’étais justement à 2 doigts de créer mon blog et d’écrire des centaines de tweets...

      Bon, ben, si je ne peux pas t’avoir dans mes lecteurs, je préfère abandonner (A)

    • Le 06/07/10, ydikoi En réponse à : Conversations

      Marge : j’hésite à savoir si je devais classer tes (nombreux) twits dans la catégorie "amis" ou "ne m’apprend rien"

      :D:D

    • Le 07/07/10, Guillaume En réponse à : Conversations

      Si tu oses te désabonner de mes super "twitts hypra intéressants de la muerte" ( @gchocteau pour voir !), je divorce ...

       ???...???....

      Je te dirai que tu es un vilain partout sur les réseaux sociaux...

       ???...???...

      En fait, tu fais le ménage d’été ?

    • Le 07/07/10, France En réponse à : Conversations

      hé hé ! Moi, m’en fous...
      Na !
       ;o)))

    • Le 07/07/10, ydikoi En réponse à : Conversations

      quoi, on verra pas ton avatar sur twitter ? bouhhh :(

      :D

    • Le 07/07/10, France En réponse à : Conversations

      Dis, comment je fais pour mettre mon super avatar dans ton blog quand je réponds ? j’ai suivi le lien mais c’est expliqué avec plein de lettres que je connais mais mal rangées (en anglais je pense).
      signé : le boulet la Rouquette.

    • Le 07/07/10, France En réponse à : Conversations

      waou ! trop fort ! prexe en direct live dis... ;o)))

    • Le 08/07/10, Rouquette En réponse à : Conversations

      Alors, voyons si ça marche et si Ydikoi m’a tout bien essepliqué...

    • Le 08/07/10, Rouquette En réponse à : Conversations

      Hé hé ! Trop fort cet Ydikoi. C’est un peu flou cela dit mais bon.

    • Le 08/07/10, ydikoi En réponse à : Conversations

      oui je sais pas pourquoi, ça …

    • Le 09/07/10, Rouquette En réponse à : Conversations

      Nan ? Y a des choses que tu sais pas expliquer ? Mais mon monde vacille... ;o)))

    1er juillet 2010

  • [blog] Kit’ Cat


  • [blog] L’impossibilité de faire

    Il a l’impression depuis longtemps d’être transparent, d’être exclu de son cercle d’ami. Des petits gestes, tout simples, qu’il a attendu mais n’a pas vu venir. Il est plein de ces petites blessures, insignifiantes prises une à une, destructrices accumulées. Il a essayé de s’y faire, trouver des explications logiques qui auraient pu atténuer sa douleur.

    Il est rempli de ces mots gentils qu’il espérait, au milieu de cette passe qu’ils savaient difficile pour lui, mais il n’a eu que le silence, au mieux quelques ricanements à peine moqueurs, ces phrases qui dans la conversation se veulent drôles, mais ne sont pour lui que le sel qu’on rajoute sur une plaie ouverte.

    J’ai essayé de le prendre dans mes bras, et le consoler, mais il m’a échappé. Je n’ai pas pu savoir, de toute façon, si quoi que ce soit pouvait le consoler, vraiment, de cette désillusion. Dans cette ambiance de joie enfantine qui l’entourait, j’ai vu son visage se refermer, à mesure qu’il s’isolait sur lui même.

    Et sans dire bonsoir à quiconque, il a simplement quitté les lieux, doucement, sans que je sache quoi faire pour le soulager.

  • Vos commentaires

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