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[blog] Mon année 2008

mercredi 31 décembre 2008

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Décembre (1) : Le divorce

<article61|texte>

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

Notes

[1Celle là même, oui Mme Marge, avec les fôtes d’orthographe que tu m’avais dit de corriger, mea culpa

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