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[blog] Passer de la charité à l’action politique

lundi 1er décembre 2008

Cela fait un mega bail que je n’ai pas donné. Ouaip, je sais.

Quand j’étais petit, Papadikoi donnait pour moi. Enfin, il donnait à mon nom. Le denier du culte, bien sûr (FamilleDikoi pas pour rien …), des organisations caritatives aussi, en France ou à l’étranger, forcément reliées, de près ou de loin, à l’Eglise, parce que, eux, au moins, on sait ce qu’ils en font, et ça tombe pas dans la poche de gauchistes.

Quand je suis devenu grand (hum), que j’ai géré mon propre argent, ils ne m’ont rien dit, mais PapaDikoi et MamanDikoi m’ont laissé entendre qu’ils ne faisaient plus de dons en mon nom, et que c’était à moi de le faire. D’ailleurs, MamanDikoi n’a pas manqué de me faire les gros yeux (réellement) et la morale (à la MamanDikoi, c’est à dire finement, mais la morale quand même) le jour où elle a appris que je ne donnais pas le denier du culte.

Bref, finalement, je n’ai jamais rien donné, pas que je m’en souvienne. Oh, bien sûr, j’ai bien fait une fois ou deux un don dans la rue, à un pauvre. Beurk. La gêne de glisser une piécette comme ça, en loucedé, avec une (fausse) impression d’avoir fait ce qu’il fallait, alors qu’en fait on a rien fait du tout. Mais le sidaction (on est le 1er décembre …), nada. Les restots du cœur, nada. Le secours catholique ou populaire, nada. Et le théléthon, j’en parle même pas, j’avais commis un assez long billet sur le sujet il y a deux ans sur la gêne que me provoquait cet événement.

Pourtant, j’imagine que ceux qui me connaissent ne diront pas que je ne suis qu’un négoiste : je n’ai pas de problème avec l’argent, et je suis plutôt partageur quand il le faut ; je m’investis depuis plusieurs années maintenant dans une fédération (au sens large) à but très politique, dont le champ d’action et les statuts ne sont pas si restreints qu’ils veulent le laisser croire, avec une implication sociétale très forte.

Pourtant, aujourd’hui, j’ai envie de participer, avec mes moyens, à la réduction de certaines fractures. Peut être parce que la semaine dernière, le mot "injustice" est sorti lors de la séance, et qu’il n’arrête pas de me travailler depuis. Ou peut être pas. Mais j’ai envie.

Pour autant, je sais que cela ne réglera rien sur le fond. Certes, à court terme, j’arriverai à financer quelques paniers repas, mais sur le fond, les problèmes rencontrés n’évolueront pas. Les politiques n’auront toujours pas la pression populaire qui les incitera à changer véritablement les choses.

J’ai bien une petite idée, qui m’est venue sur la base de ce qu’a réalisé Pénélope Jolicœur avec http://www.monbeausapin.org. Mais en même temps que je trouve son idée géniale, elle me gêne aux entournures :

  • encore une fois, on peut se donner bonne conscience à peu de frais, puisqu’il suffit de visiter le site une fois pour qu’un autre paye. Il suffit d’être passif, et laisser les autres être actifs à sa place ;
  • encore et toujours, les particuliers (ou les sociétés) peuvent - et on nous le répète sans cesse : doivent - donner, mais ce ne sera pas pour changer les choses, juste palier les carences d’un Etat.
  • ça n’a aucune incidence politique : ça permet certes de solutionner des problèmes très concrets, mais ça n’incite pas les politiques à faire quelque chose, eux qui ne semblent pas plus inquiets de ça de voir qu’en France, quelques millions de personnes sont à la rue, au XXIe siècle, dans un des pays les plus “développé” au monde. Finalement, ça arrange tout le monde, quand la générosité des uns (ou devrais-je plutôt dire : le passéisme des uns oblige certains à) palie les insuffisances des autres.

Il faudrait donc arriver à concilier charité et action politique, un don qui servirait autant à soutenir ceux qui en ont besoin, maintenant, qu’à exiger de nos politiques qu’ils agissent durablement ; un don direct, ou indirect ; voire une nouvelle manière de faire ses dons. Avec les mêmes associations, mais autrement.

Cette idée, je dois la faire mûrir. J’ai besoin d’en parler, la confronter à d’autres avis, la faire évoluer, monter une équipe [1], pour structurer ce projet, le rendre crédible, et pérenne.

Documents joints

Notes

[1intéressé ? un pti mail ou un comm’

Vos commentaires

  • Le 02/12/08, France En réponse à : Passer de la charité à l’action politique

    J’ai un problème avec ça aussi... et pourtant, je donne assez régulièrement. Aux restos et contre le sida (forcément), mais je me sens obligée.

    Et mon esprit tordu me torture de contradictions : si je ne donnais pas, si personne ne donnait jamais, ou plutôt, si tout le monde arrêtait de donner, l’Etat ne serait-il pas obligé de faire face et de chercher de vraies solutions ?

    Au lieu de quoi, les associations palient et l’Etat s’en suffit. Et donner de sa personne, de son temps, ça n’est pas mieux que de donner des sous ?

    Mais ça me paraît tellement injuste d’être au chaud chez moi, trop nourrie, en bonne santé...

    Vraiment, y réfléchir trop, ça me fait du mal.

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