C’est une histoire qui a commencé il y a près de 30 ans. Une histoire d’amitié d’abord, mais de solidarité avant tout, face au dénigrement, à l’exclusion, à l’injustice. Une histoire de cuirs noirs qui croyaient que, si l’habit ne fait pas le moine, il participe d’une histoire commune, autour de valeurs de solidarité, d’égalité, de liberté, d’acceptation des différences. Une histoire d’utopistes convaincu de pouvoir changer le monde, montrer qu’ils étaient des citoyens à part entière, donner un peu plus de ces valeurs là, leurs valeurs, dans un monde (déjà) gagné par l’égocentrisme et le communautarisme.
C’est une histoire, et la vision d’une société idéale, fondée sur des principes simples - démocratie, responsabilité, éducation, liberté, respect - qui a conduit plusieurs générations à s’investir dans un projet commun, révolutionnaire hier, et encore plus aujourd’hui, au delà des barrières politiques, sociales, raciales ou sexuelles.
C’est grâce à ces valeurs, déconnectées de toute étiquette partisanne, simplement et profondément humaniste, que des hommes et des femmes de tous bords ont pu s’asseoir à la même table et construire cette histoire : anarchistes et militaires, pédés et machos, patrons et ouvriers, de gauche ou de droite, d’un extrême ou de l’autre.
Arriver au niveau national d’un mouvement d’une telle envergure implique donc non seulement une adhésion à ce qu’il est profondément, mais également la volonté de transformer cette utopie en réalité, et de le faire en s’intégrant dans un projet collectif, dans une pensée construite mais évolutive, qui sait prendre en compte les nouveaux éléments.
Mais c’est aussi la compréhension fondamentale qu’aucune réflexion n’est possible sans pensée, qu’aucun consensus ne peut être trouvé quand une seule vision s’exprime. Bien sûr, bonne volonté et capacités de travail sont des pré-requis. Mais sans convictions, sans hauteur de vue, sans réflexion sur l’implication profonde des valeurs et des propositions de ce mouvement, ce ne sont que des dispositions sans objectif, des assiettes vides de toute nourriture.
Demander aujourd’hui à privilégier l’éducation sur la répression est bien un projet d’organisation de notre société, une vision humaniste, une croyance forte, certainement utopique, que l’Homme est certes capable du pire, mais aussi du meilleur, pourvu qu’on lui en donne la chance. Ce n’est pas partisan, à l’heure où les différents partis se positionnent tous quasi-exclusivement sur l’option sécuritaire, mais bien sur une vision politique de la structuration de l’éducation et de la répression, et leur priorité, dans la société.
Au plein milieu d’une crise économique de grande ampleur, affirmer son soutien et revendiquer son appartenance au monde de l’économie sociale, mettant en avant le refus du profit comme finalité de toute activité, c’est l’expression même d’une volonté d’organisation non seulement économique, mais également politique et démocratique.
Faut-il en dire plus, donner d’autres exemples pour illustrer cette réflexion politique, mais jamais partisane ?
Alors, oui on peut toujours agiter sa carte d’adhérent, faire un concours malsain entre membres de la première heure pour savoir qui lave plus blanc que blanc, est meilleur gardien des valeurs originales face à leurs élus ;
Mais tant que la solidarité, ou la tolérance, le respect ou la responsabilité refuseront de s’exprimer chez ceux-là même qui les proclament ;
Tant qu’on préférera, à mots couverts, traiter de lâches ceux qui refusent de continuer à s’épuiser à rappeler et expliquer sans cesse les valeurs qui nous animent, plutôt que le faire directement sans laisser le rôle désagréable à leurs élus ;
Tant que chacun ne prendra pas une part active au fonctionnement ;
Tant que nous ne saurons pas, collectivement, dépasser cet égocentrisme sociétal qui nous ronge et nous paralyse ;
Alors oui, il ne faudra pas s’attendre à ce que notre utopie devienne réalité, mais continuer à se satisfaire d’un modeste train-train, porteur ça et là, malgré tout, presque mécaniquement, de quelques belles réalisations. Et il ne faudra pas s’étonner que certains, effectivement, refusent de gâcher tant de temps à assurer une marche collective pourtant normalement acquise, et refusent également de gâcher tant de leur énergie dans un combat qui ne devrait pas être, plutôt que sur cette utopie.
La trame de ces paragraphes, je l’ai reconnue immédiatement très récemment, en repensant à cette émotion qui m’avait bloqué il y a plus de deux ans maintenant. C’est ce que j’aurais voulu dire à l’époque, mais c’est toujours - hélas - le même ressenti, aujourd’hui, encore plus en lisant les commentaires de certains billets.
Vos commentaires
# Le 05/06/09, Ydikoi En réponse à : Le parisien, il vaut mieux l’avoir …
Comme quoi dans la malchance, on peut avoir un petit coup de pouce … Mon concess’ (que décidemment je recommande : CMC78) avait en stock une selle de récupération, quasi neuve, à un tarif imbattable donc.
Pas de selle personnalisée donc, pour une question de prix bien sûr, et aussi pour ne pas redonner des envies à des indélicats qui passeraient dans le coin.
Et pour aller la chercher, pas beaucoup de solutions : un sac à dos bourré de pulls, blousons & co pour amortir un peu. Pas très confortable, drôle de position de conduite, mais ça m’a permis de faire le trajet.
Et si je peux éviter de remettre ça, j’aimerais assez : dans mon coin, les boxs (s’ils existent) ne sont pas vraiment donnés :-/
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# Le 03/06/09, Pascal En réponse à : Le parisien, il vaut mieux l’avoir …
Bah ! faut voir sur plusieurs années si ça te reviens moins cher que la location d’un box t’as encore tout bon !
En attendant tu roules « à la dur » ?
Fais comme mon pote qui en allant dans une casse le lendemain était toujours étonné qu’ils aient la bonne pièce de la bonne couleur...
Courage elle est belle quand même.
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# Le 03/06/09, Guillaume En réponse à : Le parisien, il vaut mieux l’avoir …
Merdum... Comme quoi, le monde motard est traversé des mêmes conneries que le monde auto...
:)
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# Le 03/06/09, Marco En réponse à : Le parisien, il vaut mieux l’avoir …
Je jure sur les têtes de Sarko et de MAM que c’est pas moi. De toute façon, ta selle ne me faisait pas envie même si j’ai écharpé un peu la mienne lors du stage de Nancy avec les boucles de mes groles.
Mais je compatis. C’est le genre de bricole qui fout les glandes ! J’espère que tu es bien assuré...
Ceci dit, si le retour a été rapide, je me suis régalé dans les virolos qui mènent au Castelet. Ça, c’est de la bécane !
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