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mercredi 31 décembre 2008

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

Septembre : un grand gâchis

  • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
    Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
  • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
    Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
  • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
  • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
  • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
  • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
  • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
  • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
  • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
    C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
    Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
  • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
    2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.

Octobre : Tout le monde ne dit pas “I love you”

6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. "Yes we can" répond la foule.
Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

(les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

  • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
  • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
  • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 207 / 129
  • MSNBC : 207 / 135
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 206 / 89
  • MSNBC : 200 / 124
  • CBSNews : 206 / 135
  • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
    Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
    En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama "ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre".
Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 69
  • MSNBC : 195 / 76
  • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux …

3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

  • CNN : 174 / 49
  • MSNBC : 175 / 70
  • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
  • FoxNews : le site est dans les choux … 

2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
CBSNews : 102/54
CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en "too close to call". La Georgie est confirmée pour McCain.
Aucun swing state n’a encore été appelé.

2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
Olkahoma & Tennessee pour McCain
Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états "appelés" sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

Paré. Ready.

Novembre (1) : Impressions d’amériques

CousinDikoi m’avait prévenu, vendredi, lorsque je lui avais annoncé la mort du petit chat. Lui, l’ami des animaux, était triste pour moi, mais il l’était largement plus que moi. Il était sérieux, et je l’ai cru tout en le dissuadant, quand il m’a dit qu’il m’en trouverait un autre.

Ce matin, “t’es prêt pour la big dépêche ?” me lance-t-il par ichat ? Je m’apprête à l’envoyer dans les choux - je suis dur avec lui, pôv’ CousinDikoi - quand tout un coup je percute … “oui, dis-moi !

Tu sais qoâââââ ? je t’ai trouvé un petit chat ! noir !” Je suis convaincu qu’il a retourné l’intégralité de son carnet d’adresse pour me faire plaisir, le fou, même pas. Il l’a trouvé sur internet, une petite chatte, bien noire, trouvée dans la rue avec ses cinq frères et sœurs, récupérée par une gentille dame qui l’a tout juste servrée.

Direction le BHV animaux en urgence, pour trouver litière, nourriture, bref, tout le tralala à chat. Puis direction Boulogne, pour récupérer la petite boule de poils noirs.

Forcément, elle est cracmuche. Elle m’étonne par sa facilité à nouer le contact, elle est déjà très caline, pas du tout perturbée visiblement par tous ces changements.

Elle a commencé à explorer l’appartement, mais butte encore sur le pare-feu devant la cheminée, qu’elle essaye - en vain pour l’instant - de bouger. Elle a déjà trouvé sa place pour dormir, sur le canapé, dans des positions plutôt acrobatiques :)

Say Hello to Kitty :)

Novembre (2) : j’en ai pris pour 20 ans ;-)

Si vous êtes terriens (!!), vous avez forcément vu la publicité pour cette banque, un peu partout. Son mot d’ordre : nos clients sont tout sauf des numéros. Ah ça, moi j’aime, surtout quand ça vient d’une banque.

Alors quand HSBC a racheté, puis donné son nom au franco-français CCF, moi j’étais content. Content parce que Madame ma conseillère, elle était déjà comme ça avec moi. Elle m’appelait quand je jouait un peu trop au con, et elle me disait “Allons monsieur Ydikoi, c’est pas sérieux ça. Bon, il faut vous reprendre hein ! Et faites attention le mois prochain”. Et quand j’allais la voir, on discutait de tout et de rien, de ses petits enfants, de sa retraite proche … et puis bien sûr de mon compte. Elle me félicitait pour les efforts que je faisais pour tenir mon compte, ou au contraire me grondait maternellement sur mes folies.

Moi je l’aimais bien Madame ma Conseillère. Mais elle a dû partir à la retraite, j’étais forcément inquiet, un peu mais pas trop, puisque HSBC c’est la banque qui accepte les différences d’opinion et même qui trouve que c’est un enrichissement. Moi je dis qu’avec un accord philosophique comme ça, on ne peut que bien s’entendre.

D’ailleurs, quand j’ai rencontré Madame ma NouvelleConseillère, tout s’est tellement bien passé qu’elle m’a même offert d’être SuperClient (Client Premier). Cash, sans contre-partie ! Déjà que j’étais dans une banque de … cadres-sup’, en plus on m’offrait de faire partie de la crème de la crème ! Moi j’ai rien dit, vu le niveau récurrent de mon compte, je m’étonnais un peu. Mais quand on m’offre un cadeau, j’ai pas trop l’habitude de dire que c’est pas justifié, hein ? Alors je me la suis fermé, j’ai empoché la carte bleue dorée qu’on m’offrait (sisi !), et je n’ai plus eu besoin de la revoir.

Jusqu’à cette semaine, parce que Titine me fait des ennuis, du coup je songe sérieusement à divorcer d’elle. Et un tel divorce, ça se finance, c’est pas cool. Mais c’est cool quand même, parce que je vais rencontrer Madame ma NouvelleConseillère, et même si on est pas d’accord, ça sera pas grave puisque c’est enrichissant les différences de point de vue.

Alors j’appelle le numéro 0800 pour prendre rendez-vous pour lundi prochain, et je profite de mon statut de SuperClient (aka Premier) pour prendre un rendez-vous dans une agence plus proche de moi. C’est chouette d’être SuperClient, et pouvoir négocier un prêt dans n’importe quelle agence avec de la moquette rouge et des fauteuils super confort. Trop génial, franchement.

Sauf qu’une heure après, j’ai un message sur mon répondeur de la Madame Conseillère-de-l’autre-Agence qui me dit "ah nanan môssieur, y’a eu erreur, en fait vous êtes pas SuperClient, donc ça marchera pas". Heeeiiiinnnn ?

  • Allô allô le numéro 0800 qu’est-trop-fort parce qu’il vous rappelle tout seul ? Comment ça je suis pas SuperClient ?
  • Ah nan monsieur, c’est vrai ça, vous êtes pas super client. D’ailleurs, c’est normal il faut 75.000€ dans la banque pour être SuperClient !
  • (gloooups … ) Mais mais mais … quand j’ai appelé tout à l’heure, on m’a bien dit que j’étais SuperClient. Et d’ailleurs c’est même marqué sur ma carte bleue dorée, SuperClient
  • Ah bôôôn ? Laissez moi vérifier … Ah oui, tiens, c’est marrant d’ailleurs, parce que votre Madame NouvelleConseillère, elle s’occupe normalement que des SuperClients, alors c’est vrai, c’est pas normal ça que votre fiche dise que vous l’êtes pas …

Donc : Je ressemble à un SuperClient, j’ai le goût du SuperClient, mais je ne suis pas un SuperClient … hum.

Moralité de l’histoire :

Même quand t’es un SuperClient, faut fermer ta gueule, sans ça, sans qu’on te dise rien, tu redeviens un ClientdeMerde comme les autres.

Mais c’est pas grave, avoir des valeurs différentes rend le monde plus riche.

Décembre (1) : Le divorce

Si je ne devais retenir qu’une seule chose par mois de cette année 2008 … 12 billets (en fait, 14), résumé partial de l’année qui se termine

janvier : Parce qu’il faut bien …

… que cette année 2007 se termine.

Elle avait commencé sur une interrogation sur mes avenirs, mais ne se termine pas sous de meilleurs augures.
Elle promettait une nouvelle manière de faire de la politique, l’exacerbation de la parole, de la mise en scène au détriment de l’acte, de la réalisation. Elle a tenu, hélas, toutes ses promesses, et même plus.

Je formulais 7 vœux en début d’année dernière, les résultats ne sont pas là, c’est le moins qu’on puisse dire.

Singulier changement d’année que celui marqué par l’interdiction de fumer dans les “lieux de convivialité” (pouark !). Oh bien sûr, face au sentimentalisme niaiseux qu’on prétend nous imposer pour toute réflexion, comment oser trouver l’idée folle, et aussi dangereuse que le principe de précaution, en son temps, mirage d’une société aseptisée, normée, rabaissée, moutonnante.

Il faut que ce soit un docteur, et non les opposants naturels ou déclarés, il faut que ce soit dans Le Monde qu’enfin s’élève une voix pour dénoncer le remplacement, de plus en plus courant, de l’éducation et du dialogue par la loi ; pour dénoncer cette dérive du sens de la “liberté publique” vers le seul sens de “pratique privée”.

Ah oui, elle est belle cette “société de la renaissance” que 2008 nous promet, et notre prézzident avec,

Une société sans l’Autre, le différent, qu’il soit fumeur heureux, buveur détendu ou bien gourmet, est une société totalitaire...

ou bien motard passionné, ou bien étranger, ou bien athée, …

Peut-on vraiment nous la souhaiter belle ?

… garder l’espoir, malgré tout

Je sais que je suis, par nature, d’un pessimisme indécrottable. Mais j’ai toujours gardé en même temps un coin de foi en la nature humaine.

Parfois, à voir nos réactions, l’absence de réflexion, le moutonisme ambiant, comme ces jours-ci, avec la mise en place de l’interdiction de fumer, j’hésite, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Ou alors des responsables associatifs se conduire comme des dynamiteurs, réalisant des aventures personnelles, suicidaires, mais qui leur donne l’impression d’exister ; et des militants les suivre comme des moutons, confondant allègrement colère et valeurs.

Et puis, régulièrement, je me dis que ça n’est pas possible, que nous ne pouvons pas continuer comme ça, et que ça finira quand même par changer. C’est faible, caché dans un coin de ma tête, le bout du bout de mon rationnalisme, mais ça s’accroche : “il faudra bien que ça change, quand même

Je ne crois pas à une prise de conscience raisonnée, parce que je ne vois personne pour l’amener.

Face à l’absurdité d’un “seul le résultat compte” d’un prézzident de la république ; face à l’idéologie actuelle qui vénère la victime et donne tous les droits en son nom ; face au scandale de la grève de la faim d’un José Bové se posant en victime - encore ! - comme seule arme politique, je ne crois pas que la prise de conscience puisse être douce. Et j’en viens à souhaiter qu’elle ne le soit pas, que toute cette fange disparaisse d’un coup, comme on tire une chasse d’eau.

… je nous souhaite une bonne année !

Pourtant, comme je ne crois pas à la violence comme méthode de changement, d’autant plus que c’est la méthode qu’on prétend nous imposer, alors oui, je nous souhaite une bonne année, parce que seul notre optimisme, seul notre enthousiasme pourront faire la différence.

février : Three words : Yes - we - can !

Il n’y a pas à dire, Hollywood sait faire de la propagande, et celle-là est bonne.

A l’écrit, il m’avait déjà fait vibrer. Mis en scène, brrrrrr …

S’il venait à gagner, la pression serait énorme pour lui, dont l’ambition affichée dépasse de loin les ’simples’ questions politiques ou économiques.

Les américains oseront-ils ?

mars : Un discours historique

Je découvre Otir via ce billet sur le discours d’Obama à Philadelphie, et je le rejoins sur chacun de ces mots :

Il était grand temps d’entendre quelqu’un, avec éloquence certes, et émotion sincère, présenter en toute simplicité toutes les données du problème racial à l’heure d’aujourd’hui, être capable d’embrasser dans un même mouvement l’histoire passée douloureuse, la capacité à changer d’une nation, et toutes les légitimes souffrances, peurs exprimées ou non dites, de toutes les catégories qui constituent les citoyens d’un pays libre. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire avec des mots qui me touchent profondément ce que j’ai toujours voulu défendre et prôner, l’inclusion des différences, le respect des souffrances, et la capacité de résilience de chacun.

La retranscription du discours, en anglais
et la video du même discours, pour avoir l’écrit et l’oral ;-)

et merci à embruns pour la citation

Evidemment, on est pas dans le même registre que les coups bas, tordus, disgracieux qu’on trouve dans certaines pratiques françaises.

Messieurs Sarkozy, Hollande et consorts, que n’avez vous cette grandeur ?

avril : Ardoise, une nouvelle tuile sur le futur

Les forces de l’ordre mettront en service en mai prochain un nouveau logiciel de renseignement, avec pour finalité de créer des fiches consultables par les forces de l’ordre sur tout le territoire national : Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes)

Ardoise prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur au cours d’une procédure. Les agents utilisant ce logiciel devront renseigner la rubrique « état de la personne » et établir un profil de la personne en cliquant parmi les thèmes suivants : « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical »… Près de 90.000 employés des forces de l’ordre seront, à terme, formés à l’utilisation de ce logiciel.

Il est notamment destiné à remplacer le STIC (logiciel de traitement des infractions constatées), un logiciel qui avait fait parler de lui il y a quelques mois.

La nouvelle a été dévoilée hier par le Collectif contre l’Homophobie, reprise immédiatement par têtu. Les grands journaux se contentent pour l’instant de reprendre la dépêche AFP.

J’ai bien peur que cette mesure passe inaperçue, sur le fumeux principe du "je n’ai pas à être contre, je n’ai rien à me reprocher".

Pour mémo, les dernières innovations de fichage de la société :

Je hais cette évolution récente qui veut faire croire que préparer un monde meilleur revient à préparer un monde plus contrôlé et sécurisé, comme si le bonheur demain ne pouvait s’entendre qu’au détriment de la notion d’individu, de la liberté personnelle, et de l’intimité.

mai : la candidature

En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature
 [1]
au Président du Conseil d’Administration.

J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.

Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p

On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement :-)) ), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.

Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.

Les perles de ce week-end, quand même :

  • je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme") :-))
  • Je te félicite machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
  • J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi :-)) mais je la reprends vu comme elle a fait école ;-) )
  • Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)

Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.

juin : L’appel de SVM contre la future loi HADOPI

Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006.
Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien.

En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment.
Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire.

Punir les téléchargeurs, c’est punir le public.
La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective – si ce n’est toi, c’est donc ton frère !

juillet : Le gosse

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" …

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

Août : les sanglots longs des violons de l’automne

Je retourne à mes mauvaises habitudes, et mon - pourtant nouveau - frigidaire est désespérément vide. Je racle tous les jours des tiroirs de plus en plus vides, pour tenter de me préparer ce qui pourrait ressembler à un repas - à défaut de ce qu’on pourrait considérer comme en étant un.

Il me reste quelques tranches d’un bon pain de mie, des steack hachés … voilà qui pourrait constituer un met de choix, à condition que je trouve un peu de salades et de fromage. Direction l’épicerie voisine.

Je sors donc de l’immeuble, et passe immanquablement devant le parking deux-roues - normal, il est juste devant -. Je jette un œil machinal, comme je le fais depuis 7 ans, parcourant rapidement l’ensemble des motos, vélos et scooters, et je continue mon chemin.

Ce n’est qu’une fois devant le rayon des fromages - voyons, un cheddar spécial burger, ou au contraire un bon emmental bien français ? - que le doute m’a traversé : mais où est donc Titine, que je n’ai pas vu dans le parking ?

Je repasse dans ma tête ces derniers jours, où je n’ai pas utilisé ma moto ; et me rappelle fort bien l’avoir déposée en bout de parking, au bord de cette porte cochère inoccupée. Oui, c’est bien là que je l’ai laissée, et je ne l’ai pas vue en passant.

Je regarde plus précisemment en repassant devant, avec ma salade et mon fromage, et confirme avec un pincement au cœur : point de Titine …

Inutile de s’affoler, il est déjà 21h, rien n’y changera, je prends donc le temps de faire ce dîner - pour une fois que j’aimais l’idée de me préparer un repas. Tout en cuisant la viande, découpant le fromage, me viennent en tête plein de questions. Je sais qu’on ne la reverra pas, CousinDikoi a connu pareille mésaventure avec sa 1100 il y a peu. Je sais aussi que j’aurai du mal à la remplacer, les finances ne sont pas forcément brillantes en ce moment, mais que je ne saurais prendre autre chose qu’une moto à cardan … d’occasion forcément, de préférence jeune, pour qu’elle m’emmène loin.

Et puis le regret sur Titine, qui venait de passer son anniversaire le plus symbolique, un âge suffisamment avancé pour qu’elle ne serve plus que comme réservoir à pièces détachées ; et une pensée sur cette coincidence malheureuse qu’à peine élu, je dois déclarer un vol, ce qui ne m’est pas arrivé depuis mon premier scooter, en 1998.

Repu, j’appelle le commissariat pour le doute, au cas où ils auraient réalisé une opération commando, mais ce serait du jamais-vu dans cet arrondissement. Faux espoir, bien sûr, et la fourrière me confirme qu’elle n’a rien de ressemblant à Titine.

Pour le doute, encore, je décide d’aller faire un tour dans le quartier, au cas où elle aurait été déplacée … je commence par le bar en face de chez moi, ouvert 24/24, mais les serveurs n’ont rien vu … je remonte le trottoir, particulièrement encombré ce soir par des deux-roues spécialement mal garés … les cons !

Ah oui, mais … mais y’a Titine, là, dans le tas de motos et scoots collés les uns aux autres !?! Oui, Titine, c’est bien elle, avec ses rayures - mais pas une de plus -, déplacée apparemment pour laisser de la place à un magasin en réfection.

Il n’y aura pas de requiem, tant mieux. Titine est revenue :)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

(oui, je sais :-) je n’ai pas pu me retenir pour novembre et décembre …)

Notes

[1Celle là même, oui Mme Marge, avec les fôtes d’orthographe que tu m’avais dit de corriger, mea culpa

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