Archives décembre 2009

    3 décembre 2009

  • [web] Les dix commandements de Jay Rosen

    Dix leçons sur l’internet et les media d’aujourd’hui.

    Speech donné par le doyen de l’université de journaliste à la conférence Media140 de Sydney, au début du mois. Voici les dix enseignements-clefs, en moins de 140 caractères chacun, à méditer. Certains sont extrêmement vrais outre-Atlantique, (...)

    sur http://www.meilcour.fr/general/les-...

  • 2 décembre 2009

  • [photo] Ribadeo (esp), l’estuaire

  • [photo] Rue pavée (Ribadeo, esp)

  • [blog] Minas Morgul - le run final (2)

    Jeudi - au large d’Almeria

    C’est maintenant clair : nous visons Toulon en direct, le convoyage a repris le dessus sur la croisière, vents portants obligent. Dommage, j’aurais aimé m’arrêter, profiter d’une bonne douche chaude, d’une toilette tout court, d’un bon restot, d’une nuit à quai, calme et complète, pour recharger les batteries.
    Nous faisons route au Nord Est, vent arrière. La mer est formée, et comme l’avant veille, je n’arrive pas à tenir le bateau à la vague, qui fait des départs au lof (wiki), à plus de 11 nœuds. De nouveau, le doute de mes capacités de barreur, même si cette fois, la faute est - partiellement - imputable à cette mer méditérannée que je redécouvre, croisièe, désorganisée, traître.

    Samedi - au large des Baléares

    C’est maintenant la course, le run final : nous avons moins de 36 heures pour faires les 220 milles qui nous séparent de Toulon. Toutes les météos que Zeboss peut capter à bord, algériennes, espagnoles, anglaises, le confirment : une dépression va venir de l’Angleterre se caler sur le Golfe de Gênes, déclenchant un fort coup de vent, avec mistral en suivant, en début de soirée dimanche. Il faut donc arriver avant. Le stress monte d’un cran, et s’ajoute à la fatigue qui commence à s’accumuler, au bout d’une semaine de quarts.

    Dans la soirée nuit, je commence mon quart de 3 à 6h du matin (le plus dur à tenir) en constatant que Zeboss a pris une main de ris (réduit la surface de la voilure). Il m’explique au moment de la relève qu’il s’est « engueulé lui même », oubliant une fois de plus que pour le demi nœud gagné en vitesse, il fatiguait le matériel et les hommes, et rendait le bateau plus difficilement contrôlable.
    Je reste surpris par cet homme qui, à 60 ans passés, arrive encore à se faire violence pour rester aimable et courtois, et prévenant, alors que c’est le genre d’efforts qu’il dit détester ; et qui maintenant , pour la deuxième fois en un mois seulement, arrive à reconnaître, du bout des lèvres certes, une possible erreur de sa part.
    Et ma confiance en moi remonte en flèche, trouvant ainsi la réponse à la plupart de mes difficultés passées à contrôler le bateau. C’est une vraie jouissance intérieure.
    Et tout d’un coup, c’est vrai, ce bateau devient un vrai bonheur à barrer, d’une facilité déconcertante.

    Dimanche

    Plus que quelques heures et nous y sommes. Pas de trace de front froid, annonciateur de la dépression qui nous amènera le mistral. Il y a juste quelques grains, qui se font plus denses avec l’avancée de l’après midi, jusqu’à devenir des orages, mais encore lointains.
    Fin d’après midi, la nuit est tombée, je sors prendre mon quart, et le paysage est totalement différent : nous sommes sous l’orage ! Un énorme nuage, de plusieurs km2, noir comme l’encre, parsemé d’éclairs magnifiques, mais terrifiants quand le seul sommet à la ronde, capable de capter la foudre, est le mat de notre pauvre voilier, qui culmine à 16 mètres de haut.
    Ce nuage est vraiment impressionnant par sa surface, mais sa hauteur aussi. On le voit bouger au radar, à près de 60 km/h, six fois plus vite que nous. Mais c’est encore plus fort dans le cockpit, à la barre, où je le vois en instantané se faire et se défaire, se scinder en deux orages qui finissent par se rejoindre. Nous sommes dessous, ça pète tout autour, la pluie est drue, tombe sur chaque parcelle de peau disponible comme des aiguilles, c’en est douloureux. Le vent en quelques secondes a presque doublé en force, mais il n’y a pas de temps pour la peur, il faut manœuvrer, sans cesse.
    L’image qui me vient en tête, immédiatement, est celle de Minas Morgul, et le Mordor cherchant l’anéantissement de sa proie.
    C’est beau, c’est violent, la nature dans toute sa force et sa violence. Brrrr.

    Comment Zeboss a-t-il fait pour nous mettre dans cette situation, là où 2 heures plus tôt tout était clair ? Excès d’optimisme, il a tenu le cap pensant que nous laisserions ce foyer orageux derrière nous, pour tenir le timing, là où passer au large nous aurait fait perdre une heure ou deux … nous risquons de le payer cher (lui surtout), si la foudre touche le bateau et détruit toute l’informatique du bord !

    Mer formée, vent violent en rafales, bateau trop toilé, la recette est connue. Je suis accroché de tout mon poids à la barre, tentant de maîtriser tant que faire se peut les embardées de ZeboatàZeboss, qui rue dans tous les sens. Mes bras me font mal. Mes yeux ne quittent pas le compas, guettant la moindre variation de cap à corriger de toutes mes forces, pendant que Zeboss, au radar, essaye de nous sortir de là.
    Mais c’est un autre orage qui éclate, à l’intérieur cette fois-ci, avec un Zeboss réellement hystérique me demandant, me criant dans le vent et la pluie si je suis bien conscient des enjeux, qu’on peut aller se placer directement sous un éclair si mon but c’est de voir de plus près à quoi ça ressemble, et que sinon il faudrait peut être que je m’applique ‘un minimum’.
    Cette attaque, aussi violente qu’inattendue et injuste, après 8 jours d’une relative bonne entente, me laisse pantois. Je suis bouche ouverte, je ne sais pas quoi répondre, je vois trop le mécanisme derrière, le stress incontrôlable qui le ronge, et génère sa violence. Et je me mets à rire, de colère et de nervosité, un rire bref, quinze ou vingt secondes à peine, mais irrépressible, et que je ne peux pas cacher. Il en reste stupéfait.
    Explication aussi intense que celle de la cellule orageuse que nous quittons à peine, où je prends - enfin - le dessus, et qui marque les trois dernières heures de navigation vers notre destination, dans un silence glacial.

    Lundi matin

    Quatre heure. Nous sommes au port, amarrés. Nous parlons toujours aussi peu, le strict minimum pour la bonne marche du bateau. Il me dit d’aller me coucher, et reste à bricoler sur le pont.

    Neuf heures, petit déjeuner. Je lui demande en quoi il a besoin de moi pour le rangement. Réponse négative, il se débrouillera. Je lui propose de quitter rapidement le bord pour ne pas être dans ses pattes, il acquiesce. Douche à la capitainerie, rangement du sac, il m’accompagne à l’arrêt de bus. Nous adieux sont cordiaux. Je le remercie de l’expérience, et de ses efforts ; lui de mon aide, et m’offre la sienne si j’ai des questions techniques sur un futur bateau. Cet homme est décidement surprenant.

    18h, je suis dans le train. Propre. Au chaud. Et un bon dîner m’attend. Et un vrai lit, avec des draps, où on ne dort pas tout habillé, et une douche, chaude, puissante au réveil.

    La civilisation a quand même du bon.

  • 1er décembre 2009

  • [photo] Les ponts

  • [photo] Hospedaria

  • [blog] Minas Morgul - le run final (1)

    Samedi - 14h30, Gijon

    Confortablement installé dans les toilettes de la capitainerie de Porto (comparées à celles d’un voilier, si, c’est confortable !), je rumine sur la traversée qui s’annonce vers Gibraltar. Je sais que nous partons dans l’après midi, la bascule de vent promise est là, je ne sais pas à quelle sauce je serai mangé. Débarquer, oui. Mais oublier Gibraltar, son cap mythique, cette expérience qui par ailleurs me remplit de bonheur, de sérénité, de paix avec moi même ?

    Mé puté qu’il me fait chyer ce cong !” éructe Zeboss que je n’avais pas entendu rentrer, de l’autre côté de la porte. 5 minutes plus tard, au retour au bateau, l’explication sera brève, et le laissera pantois : il n’imaginait pas que je puisse envisager de le laisser en plan, ni même qu’il me traitait comme de la merde. Mais il accuse le coup, et se tiendra, jusqu’à la fin (ou presque), à une gentillesse et une modération dans ses propos qui m’ont profondément surpris : je ne l’en pensais pas capable, du moins d’avoir envie d’en faire l’effort.

    Dimanche - Dans la nuit

    La mer se calme, la très forte houle qui nous accompagne depuis le départ de Porto s’est réduite, la navigation se fait plus confortable.
    Nous passons au large de Lisbonne, nous n’apercevons que les lumières de l’embouchure du Tage. Quel dommage ! J’aurais tant aimé, après cette découverte de Porto, y aller. J’ai envie de succomber à son charme, ça serait sûrement le cas, il paraît que c’est encore plus beau que Porto. Et cette gentillesse, cette nonchalance portugaise : des grands mères qui prennent à partie une jeune mère dans le métro, pour s’extasier sur la beauté du bébé ; ce groupe de copain qui rigole et blague, et bientôt c’est tout une partie du wagon, qui participe, rigole ouvertement, répond, blague à son tour ; ces adolescents qui se croisent, se font des sourires et des gros yeux, se retournent discuter avec leurs copains, et au final, au moment de se séparer, glissent dans la main de l’autre, ouvertement, leur numéro de téléphone …ça sent le bonheur de vivre, la simplicité.

    Lundi - dans la journée

    Nous passons au large de Péniche, entraperçue dans un Thalassa, et qui la première m’avait fait rêver sur cette côte. Nous filons raisonnablement vers Gribraltar, au rythme de nos quarts de 3h. Adios Portugal !

    Mardi - au large de Cadix

    Le vent se fait contraire, il vient du Sud Est, il faut tirer des bords. Le bateau tape dans les vagues, je me surprends à avoir tant de mal à le barrer, à passer doucemenent. Je me remets à douter de mes capacités, je ne serais donc qu’un piètre marin ?
    Zeboss ne dit rien, il continue visiblement ses efforts, mais son visage le trahi : il n’arrive pas à dormir quand je suis à la barre, et même si je sais qu’il a le sommeil fragile, ce n’est pas pour me rassurer sur mes compétences.
    L’explication viendra plus tard, plusieurs jours après : le bateau était surtoilé
     [1]
    et Zeboss a visiblement un problème psychologique à réduire la toile quand il est pressé, perdre quelques pourcents de vitesse.

    Mercredi - Petit matin

    Entrée dans le détroit de Gibraltar. Longer tous ces bateaux est particulièrement impressionnant, surtout les plus gros, super porte-conteneurs ou mega paquebots en route pour la saison d’hiver aux Antilles. Spectacle fascinant de la démesure humaine.
    Autant la partie Atlantique du Détroit est relativement bien organisée, les bateaux se suivant pendant plusieurs miles natiques en le prolongement du rail
     [2]
    , autant la partie méditerranéenne est un vrai bordel. Les bateaux arrivent de toutes les directions, ou se dispersent dans tous les sens.
    C’est déjà la nuit, et nous voilà, petit poucet de 13m de long à peine, perdu au milieu de ces monstres qui nous bousculeraient sans s’en apercevoir. Il faut avoir une sacré confiance dans les règles de navigation, aussi simples qu’efficaces, et dans la qualité de la veille des marins, du haut de leur passerelle, qui vous doublent à deux fois votre vitesse … tout en ayant, malgré tout à tout moment, une stratégie d’évitement prête, juste au cas où…
    Etrange, surprenant, stressant, quand 15 cargos de taille diverse gravitent dans un rayon de moins d’1 km autour, les uns doublant à gauche, les autres à droites, en croisant d’autres des deux côtés, devant ou derrière !

  • Notes

    [1Quand le vent se lève trop, il faut réduire la surface des voiles - prendre un (ou plusieurs)ris - pour garder la maniabilité du bateau à la barre, mais en sacrifiant du coup légérement la vitesse (wiki)

    [2Un rail est “un dispositif de séparation du trafic (dont le sigle est DST), établi afin de réduire les risques d’abordage dans une région ou le trafic maritime est dense dans les deux sens, et dans les zones où se croisent des flux importants de navires” (wiki)

  • [web] Encore un exemple réussi de CV vidéo : Florence Porcel

    Ce n'est sans doute pas le 1er que je diffuse et vous avez eu l'occasion de voir ici et ailleurs le pire comme le meilleur.

    Parce qu'en matière de CV vidéo, il faut bien avouer que l'on trouve de tout et bien souvent n'importe quoi tant il n'est pas aisé d'écrire le (...)

    sur http://gregorypouy.blogs.com/market...

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