26 novembre 2012

  • [blog] Cause toujours ?

    Ce billet me trottait dans la tête depuis quelques jours, mais je ne savais comment le tourner, vu que je ne pouvais le publier ailleurs.

    Je l’ai dit, la violence des réactions contre le projet de mariage pour tous m’a rendu un rien militant, ce qui m’a amené à suivre d’assez près tout ce qui se publie - ou presque - sur le sujet.

    Un billet de Koztoujours, blogueur catho (re)connu et assumé ;) le 18 novembre, très largement repris et diffusé depuis, dénonçait l’ineptie du projet de loi dans la mesure où le Code Civil répondrait déjà à toutes les questions, notamment en termes de droits du conjoint survivant et d’autorité parentale.

    Mais il commet trois erreurs grossières.

    • Tout d’abord, il ignore (puisque je ne présume pas de sa volonté de volontairement l’ignorer) la dimension symbolique justement du mariage pour les homosexuels.
      Sans ré-écrire ce qui a été déjà (très bien ;) ) publié ailleurs, il oublie que la force de la reconnaissance par la société de l’engagement solennel des mariages de couples de même sexe ne peut passer que par le mariage, soit la même reconnaissance qui est donnée aux couples hétérosexuels.
      C’est également un message puissant envoyé à toute la société par l’Etat : quel que soit votre orientation sexuelle, votre identité, votre engagement, votre reconnaissance en tant que couple, que famille, est la même, et nous, l’Etat, la reconnaissons de la même valeur.
    • Ensuite, le mariage des couples homosexuels amènerait à « présenter une situation fausse à des enfants est une chose, mais le législateur n’a pas à transformer cela en un mensonge d’Etat ».
      Or donc, par défaut, des parents homosexuels seraient des menteurs, et cacheraient à leurs enfants la réalité biologique.
      Un peu comme des enfants à qui on expliquerait pendant des siècles que les garçons naissent dans les choux, et les filles dans les roses ; ou que c’est une cigogne qui apporte les nouveaux-nés ?
      Pourtant, à ce jour, rien ne permet de penser que des parents homosexuels seraient de tels conspirateurs, bien au contraire, et je trouve (IMHO) que c’est une bien belle insulte dans ma tronche.
    • Enfin, il oublie un peu vite que si le Code Civil gère par défaut les questions de droit du conjoint survivant et d’autorité parentale, la solution qu’il préconise (définir une tutelle testamentaire, demander devant un juge une délégation d’autorité parentale, faire un testament) n’existe elle que a posteriori et est à tout moment révocable par une simple action en justice.

    Bref. Tout ça pour dire qu’il ne faudrait pas toucher au Code Civil, ce si cher “petit livre rouge

    photo : Christophe Becker

    Autant dire que certains (beaucoup ?) des manifestants seraient aujourd’hui dans la merde :

    • la famille aurait toujours pour seul chef le père
    • lors de son mariage, la femme serait encore considérée comme mineure
    • les femmes mariées auraient une capacité juridique réduite
    • les enfants nés hors mariage n’auraient toujours aucune existence légale
    • le concubinage ne serait pas reconnu, ni le Pacs

    P.-S.

    Et quand dans un billet suivant il se plaint de la violence (symbolique) des méchants pro-mariage (car oui, tous les pro-mariages sont violents apparemment !), je n’ai qu’une chose à rajouter à mon commentaire :

  • Vos commentaires

    • Le 27/11/12, Ydikoi En réponse à : Cause toujours ?

      A part ça, ils ne sont pas homophobes :

      Et encore, on parle homos, mais ce sont les pédophiles qui sont cachés derrière

      je viens ,d’apprendre qu’il a un couple de même sexe allait ou a adopté un petit garçon , et qu’ils (elles ), vont le faire opérer pour qu’il soit une fille , voilà les dérives qui commencent

      répondre ︎⏎

    20 novembre 2012

  • [blog] Tous différents, tous pareils

    D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu fonder une famille, me marier, avoir des enfants, les élever.

    Il y a presque vingt ans de cela, PapaDikoi m’emmena dans une longue virée dans Paris, à pied. Officiellement, il voulait faire des courses. Mais nous avons discuté, pour la première fois de ma vie. Je lui ai dit mes espoirs, mon envie d’avoir des enfants, longuement.

    Oh bien sûr, cela faisait quelques années que je fréquentais régulièrement les 3615 guy et autres JH. Mais je n’étais pas homosexuel. Etre homosexuel, d’ailleurs, dans ma famille, ça n’existait pas. On parlait de pédérastes, parfois de pédophiles, mais jamais d’homosexuels. Et puis, l’homosexualité était une perversion grave, un péché mortel qui menait droit en enfer, et, oui, j’étais encore un peu croyant, à cette époque. J’avais fini par "essayer les filles", malgré tout, et ça fonctionnait. Un peu beurk, c’est sûr, mais ça fonctionnait. Et puis, comme je l’avais si souvent entendu “si on ne se marie pas par amour, on apprend à devenir amoureux”.

    Mais un jour je me suis regardé dans la glace, et la vérité, implacable, m’est apparue : j’aimais les hommes. Oh bien sûr, je pourrais me marier, mais je mentirais toute ma vie à ma femme, je me mentirais à moi même.

    Oui, j’étais homosexuel. Et je n’aurais donc jamais d’enfants. C’était aussi simple que cela. C’était un autre siècle.

    J’ai mis du temps à évoluer, beaucoup de temps. A accepter de marcher dans la rue avec d’autres garçons, avec des homosexuels. A accepter le regard des passants, ou ce que je croyais être leur regard. A comprendre que l’important n’était pas tant ma sexualité, mais qui j’étais. A comprendre que l’enfer qui m’était promis ne tenait pas face à la promesse que je m’étais faite de mener ma vie le mieux que je pouvais. A assumer ce que je suis, qui je suis, cette différence qui m’enrichit. A ne plus avoir honte. A être fier de qui je suis, avec mes bons côtés, et mes mauvais.

    Ce week-end, je les ai vu, je les ai reconnu, tous ceux qui ont défilé dans les rues. J’ai entendu leurs arguments, qui annoncent la fin de notre monde, les pires malheurs, la décadence, si la société, et donc l’Etat, reconnait que nous sommes capables d’Amour, capables d’engagement, capables d’être une famille. Je les ai vu ces slogans qui me tolèrent, qui acceptent que je sois dans la société à ma place, derrière. Je les ai vu, aussi, ces rictus de haine, ces bonnes et belles familles qui prônent l’amour biblique de l’autre pour mieux rejeter ceux qui ne leur ressemblent pas. Je les ai écouté, tous ceux qui se défendent d’être homophobe mais qui ne comprennent pas qu’ils sont insultant, odieux.
    Tous ces nostalgiques d’une société normalisante, bien pensante, d’un siècle (dé)passé, pétris de peur, d’immobilisme et de fantasmes, m’ont mis en colère, et rendu militant.

    Alors oui, je le souhaite, ce #mariagepourtous, si ce n’est pour moi, pour tous ceux qui feront leur demande en mariage un genoux à terre, pour tous ces enfants qu’on traite d’anormaux parce que leurs parents s’aiment, pour que demain ils ne passent pas par toutes ces difficultés que j’ai croisé sur mon chemin, et pour qu’ils finissent, tous, par comprendre que même différents, nous sommes pareils.

    P.-S.

    petite contribution (provoquée) à la lutte nuptiale initiée par Orpheus ;)

  • Vos commentaires

    18 novembre 2012

  • [blog] Lutter contre les peurs et les fantasmes

    Aujourd’hui, nous, homos et hétérosexuels, défenseurs de l’égalité de tous devant le mariage civil et laïc, prenons la parole ensemble pour rétablir les faits.
    Nous voulons montrer que la proposition de loi ne provoquera pas la fin de la civilisation, l’extinction des familles, l’apparition d’une génération d’homosexuels ni tout autre cataclysme apocalyptique.
    Face au déversement de caricatures, de positions de rejets, nous souhaitons offrir un espace de présentation des faits, qui permette de tenir des arguments de raison sur le projet de loi du mariage pour tous.
    Pendant tout le temps du débat, nous répondrons à toutes les peurs, et tous les fantasmes, sans verser dans la caricature ou le dénigrement.
    lemariagepourtous.info

  • 5 novembre 2012

  • [blog] avec, ou contre nous

    Aujourd’hui, j’ai besoin de sentir que nos familles, celles qui veulent qu’on passe Noël ensemble, qui nous invitent aux réunions de famille, fassent sentir qu’elles veulent notre bonheur. J’ai besoin de sentir que nos potes hétéros, avec qui on va boire des pots, avec qui on joue et on rigole, montrent qu’ils nous aiment et qu’ils veulent la fin des discriminations que nous subissons, que vous n’êtes pas confortables avec les injures et les coups que nous recevons. Nous avons besoin d’entendre vos voix.

    Je n’ai pas besoin que vous me disiez que « ce n’est pas homophobe que de débattre de l’ouverture du mariage » ou que « c’est une minorité de cathos qui pensent ça », ou que « tu sais, à droite aussi, ya des homos ». J’ai besoin que vous disiez : « Je ne supporte pas la manière dont te traitent ces gens et je ne veux rien avoir à faire avec eux ; c’est indéfendable. » J’ai besoin de sentir que vous couvrez mes arrières.

     » Le Roncier : avec ou contre nous

    Et puis, j’en ai marre d’entendre que nous serions la cause de cette violence, de ce discours homophobe.
    Non, aucune association, aucune institution n’a (pour l’instant) insulté ni les religieux, ni l’Eglise, comme Mgr Barbarin (par exemple) en associant le mariage pour tous et la pédophilie et la polygamie ;
    Non, les partisans du mariage pour tous n’ont pas insulté (pour l’instant) les responsables politiques qui nous accusent de causer la fin de notre civilisation.

    Nous subissons, pour l’instant. En silence. Et la colère gronde, et monte.

  • Vos commentaires

    • Le 07/11/12, Ydikoi En réponse à : avec, ou contre nous

      marco ;-)

      répondre ︎⏎

    • Le 06/11/12, Marco En réponse à : avec, ou contre nous

      Je ne supporte pas la manière dont te traitent ces gens et je n’ai rien à voir avec eux ; c’est indéfendable.

      C’est ignoble.

      Tu le sais, je l’ai déjà écrit.

      répondre ︎⏎

    • Le 06/11/12, orpheus En réponse à : avec, ou contre nous

      « Nous subissons, pour l’instant. En silence. Et la colère gronde, et monte. » : Oui. SUBIR. Le mot est particulièrement bien choisi. Et oui aussi, il semblerait que la goutte d’eau commence à faire déborder le vase.

      répondre ︎⏎

    • Le 05/11/12, michel En réponse à : avec, ou contre nous

      bah..

      au dela des attaques prévisibles des religieux (et ceci toute religion monothéiste confondue), ce projet soulève des oppositions inattendues

      il faut savoir , par exemple, que les administrateurs CGT de la CNAF, consultés sur le projet de loi, ont vote CONTRE... (sans doute par peur que les mariages homo, tellement nombreux a venir, et les nombreux enfants qu’ils vont faire /adopter ne déséquilibrent complètement le régime famille ?

      répondre ︎⏎

    3 août 2012

  • [blog] En route …

    Carnage de moucherons au premier col (sur la D8, 914m)

    Ce n’était pas vraiment la route, mais je n’ai pas pu résister

    Arrivé !

  • 29 juillet 2012

  • [blog] En noir. Et en blanc.

    Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas baladé avec lui. En fait, depuis … mon retour. Alors ce soir, j’ai pris mon ipod, soigneusement choisi ma liste de lecture, vissé mon casque sur les oreilles ; et j’ai ressorti de sa naphtaline l’appareil photo. Ce soir, je le savais, je shooterais en noir, et en blanc.

  • Portfolio

    25 juillet 2012

  • [blog] Adrénaline, ou dopamine ?

    Plein d’adrénaline à en prendre livraison, et faire les premiers « 8 » entre les cônes.

    Et puis rapidement, c’est la dopamine qui a pris le pas.

    La balade, et le WE, étaient géniaux. Merci la Rouquette & son BM’iste de zom’ :-)

    P.-S.

    (j’avoue, j’ai -honteusement- pompé le titre sur la présentation de @cescofrancois …)

  • Vos commentaires

    • Le 29/07/12, Rouquette En réponse à : Adrénaline, ou dopamine ?

      Le grand sourire sur la 1re photo en dit long... ;o))

      répondre ︎⏎

    • Le 27/07/12, Marco En réponse à : Adrénaline, ou dopamine ?

      Ah ben vouais, sûr que ça a du être mémorable.

      Mais maintenant que tu sais conduire, si tu veux voir le soleil, ici en France, faudrait voir à pousser bien plus au sud.

      Ce que j’en dis...

      • Le 28/07/12, Ydikoi En réponse à : Adrénaline, ou dopamine ?

        Le programme est pas encore complet, loin de là ; mais je pars dans quelques jours pour le sud, d’abord direction les montagnes, pas loin d’Albertville … je compte bien te tenir au courant :)

      répondre ︎⏎

    19 juillet 2012

  • [blog] A propos du mariage homosexuel et de l’adoption

    Par ailleurs, juridiquement, ce n’est pas la sexualité qui fonde le mariage, c’est la différence des sexes. En effet, le maire ne demande pas aux époux leur orientation sexuelle. Nous avons une identité sexuelle qui nous qualifie juridiquement. Il ne revient pas à l’État de définir juridiquement l’orientation sexuelle. Enfin, une loi a pour vocation de s’appliquer à tous et donc d’être universelle. Il ne convient pas, qu’au nom d’un individualisme exacerbé, on crée une loi pour chaque catégorie de personnes. Sinon, pourquoi pas la polygamie ? L’inceste ? L’adoption d’un enfant par un frère et une sœur ? Pourquoi pas, en effet, « puisqu’ils s’aiment », pour reprendre l’argumentation des partisans du “mariage homosexuel” ?

     » Parole d’Église : Mgr Michel Aupetit, vicaire général du diocèse de Paris

  • 5 juillet 2012

  • [blog] En paix

    I don’t know what happens now. And that’s alrite. I don’t have any secrets I need kept anymore. There’s probably some small shit still, but you know what I mean. I was never alone, as much as it felt like it. As much as I still do sometimes. I never was. I don’t think I ever could be. Thanks. To my first love, I’m grateful for you. Grateful that even thought it wasn’t what I hoped for and even thought it was never enough, it was. Some things never are. And we were. I won’t forget you. I won’t forget the summer. I’ll remember who I was when I met you. I’ll remember who you were and how we’ve both changed and stayed the same. I’ve never had more respect for life and living than I have right now. Maybe it takes a near death experience to feel alive. Thanks. To my mother. You raised me strong. I know I’m only brave because you were first. So thank you. All of you. For everything good. I feel like a free man.

     » the Atlantic Wire : Hip Hop and Homosexuality : Frank Ocean’s Coming Out Worries Us

  • Vos commentaires

    • Le 07/07/12, Guillaume En réponse à : En paix

      Beautifull declaration of love, even if it now stopped...

      répondre ︎⏎

    16 février 2012

  • [blog] La vie plus légère

    Ce n’était pas une question, tout juste une affirmation. Pas l’ombre d’un doute dans la discussion : ma vie est plus légère. Forcément. Fermez le ban, fin de la discussion.

    Ah bon.

    J’ai bredouillé, vaguement en désaccord, réclamant plus de temps pour travailler la question, essayer d’appréhender toute la notion de légèreté de la vie avant de donner une réponse.

    Voilà quelques heures que cette question tourne dans ma tête, et plus elle tourne, plus elle me met en colère. Colère sur les clichés que véhicule cette vie nomade, colère sur les certitudes qu’ils sont si nombreux à développer à mon sujet.

    Alors je n’ai pas vraiment envie d’épiloguer sur le sujet, juste de révéler un secret.

    Si ma vie est plus légère, si je suis heureux, c’est pour une seule et unique raison : je vis la vie que j’ai choisi.

    J’ai quitté un certain nombre de contraintes, pour en trouver d’autres. J’ai abandonné certaines choses, temporairement j’espère (encore) pour les unes, de manière plus définitive pour d’autres, pour en gagner d’autres. Ce n’est pas comparable, c’est juste différent.

    J’ai mes soucis, mes contraintes, je vis pleinement dans le monde, avec ses espoirs, ses angoisses, son quotidien, ses aspirations. J’ai mes joies, mes tristesses, mes envies et mes regrets, mes bonheurs secrets et mes coups de blues, mon confort et mes inconforts.

    Mais tout ça, je l’ai choisi. La seule chance que j’ai, la seule chose qu’on peut m’envier, c’est d’avoir pris la décision, d’avoir apposé ma signature en bas de la page, d’avoir pris en main mon destin, d’avoir choisi en toute connaissance de cause.

    Non je ne suis pas privilégié ; il faut juste prendre le risque, se lancer, vivre sa vie et pas celle qu’on nous impose, accepter les contraintes. Il ne suffit que d’une chose : arrêter de fantasmer, et se décider.

blog | photo | web | Depuis le début | Suivre la vie du site RSS 2.0 | made with SPIP depuis 2003