31 décembre 2012

  • [blog] Retrospective 2012

  • 29 décembre 2012

  • [blog] Je te présente nos excuses

    Je ne les avais pas revu depuis plus de six mois. Nous avions passé des soirées entières à refaire le monde (parfois), à parler de grosses déconnades (souvent), de cul (rarement). Nous avions fait de grands feux de camp, chanté ensemble nos vieux chants scouts, (presque) dragué le même superbe mec, lui et son regard bleu perçant, elle et sa belle timidité si franche, et moi. Pleins de points et de références communes, une vraie complicité, malgré leurs enfants qui les attiraient naturellement vers d’autres familles.

    Je me demandais ce que ça donnerait, installé dans ce nouveau cadre d’une vie établie, loin des cocotiers et des rhums planteurs. Retrouverait-on cette ambiance facilement, ou n’était-elle que le fait du dépaysement ?

    Il n’a fallu qu’un regard de lui, ses yeux plongés dans les miens, qu’un petit rire d’elle comme chaque fois qu’elle esquive. A peine attablés nous papotions comme si nous nous étions quitté la crique d’à-côté. Nous avons parlé de tout, de rien, et puis bien sûr du sujet du moment, le #mariagepourtous.

    Ils m’ont raconté les violences qu’ils entendent, ces insultes qu’ils lisent, cette phobie déversée qu’ils ressentent, et moi j’ai bu leurs paroles, parce qu’ils sont hétéros, et donc forcément plus objectifs que moi, moins passionnés, moins concernés, moins émotifs que moi. Et mes yeux disaient merci.

    Je leur ai tout dit de mon chemin des six derniers mois, de mon évolution des dernières semaines, et mon engagement qui m’a mené à rencontrer des gens très inattendus. Et de la difficulté à voir tous ces gens défiler contre une idée pour eux, alors qu’ils oublient qu’ils parlent de moi, de nous.

    A chaque fois, sur ce blog ou un autre, le retour est le même : ces opposants nous trouvent violents dans l’expression de notre tristesse, de notre colère, sans accepter un instant même l’idée que leurs slogans, aussi policés soient-ils, sont d’une extrême violence à notre égard, à nous qui sommes différents. Que nous ne pouvons plus supporter l’idée qu’être différents puisse nous rendre moins égal.

    Pas eux. Au moment de l’addition, nous partions presque, J. a planté ses beaux yeux dans les miens, et s’est un peu penché vers moi :
    Tu sais, Y, je te présente mes excuses, pour tous les hétéros…
    Je ne l’ai pas laissé finir. Pas lui, pas eux, ils n’ont à s’excuser de rien.

    Mais au fond de moi, j’ai tremblé d’émotion. Ils ne sont pas si nombreux, ceux qui sont venus me voir, et les autres, en disant “on est désolé pour vous, pour tout ce que vous endurez”. Ils n’y peuvent rien, ils sont même souvent partisans du projet de mariage pour tous, mais ils ne sont pas nombreux à le faire.

    Alors J&G, merci. Merci pour avoir été là là bas, et merci pour être là maintenant. Vous et les autres.

    Parce que, oui, ça compte, ces hétéros qui montrent de l’empathie, et ceux qui défilent avec nous, au delà de toute conviction sur le sujet, parce que ce sont leurs potes, leur frère, leur sœur ou parent, qui sont blessés dans leur cœur.

  • Vos commentaires

    • Le 03/01/13, Ydikoi En réponse à : Je te présente nos excuses

      Merci Marco, tu es un frère :-) et tu l’avais déjà prouvé, plus tôt.
      Oui, pas mal d’illusions tombent, et font mal. Et on se sent tous cons, je crois.

      répondre ︎⏎

    • Le 31/12/12, Marco En réponse à : Je te présente nos excuses

      Je sais depuis longtemps qu’il existe dans ce pays un vieux fond d’intolérance qui remonte à la surface à la moindre occasion propice. Dans un autre registre, il y a le vote des étrangers qui provoque son pesant de réflexions infâmes.

      Moi-même, je reconnais avoir fait usage quelques fois de ces mots qui vous blessent, certes sans penser à mal, juste comme ça, pour plaisanter, pour moquer un copain. Sans penser à mal ? Mais qu’y a-t-il de si drôle, finalement ? Je suis effaré par la violence dont sont capables les opposants au « mariage pour tous ». Non, je n’aurais jamais pensé que ça pouvait aller aussi loin, que des gens bien propres sur eux puissent exprimer tant de haine alors que nous sommes censés vivre dans une société démocratique, ouverte au débat, soi-disant. Alors qu’il ne s’agissait pour moi au départ que d’un simple ajustement du droit pour réparer une injustice, nous voilà face à un déferlement de haine plus ou moins tranquille, d’arguties hypocrites qui n’expriment rien d’autre que le mépris et le rejet d’une partie de l’humanité au prétexte de sa différence. Je suis atterré. Je suis révolté. J’ai honte pour cette France qui se réclame sans cesse des Lumières mais se vautre dans l’obscurantisme avec délectation.

      C’est con, n’est-ce pas, à mon âge, de croire encore qu’il suffit qu’une chose soit juste et conforme à la dignité humaine pour qu’elle soit acceptable. Quelle claque !

      Je suis avec toi, mon frère !

      répondre ︎⏎

    20 décembre 2012

  • [photo] Plus que quelques heures ;)

    Plus que quelques heures ;)

    Via : http://ydikoi.tumblr.com/post/38409...

  • [photo] Photo

    Via : http://ydikoi.tumblr.com/post/38376...

  • 18 décembre 2012

  • [photo] Photo

    Via : http://ydikoi.tumblr.com/post/38183...

  • [photo] (via Twitter / popolabio : suis Athée-rée #mariagepourtous...

    Via : http://ydikoi.tumblr.com/post/38183...

  • [blog] Verbatim : Tugdual n’est pas homophobe, mais …

    Il y a une très grave instrumentalisation des souffrances réelles des personnes qui vivent leur homosexualité
    […] J’écoute à titre personnel tous les désirs, et notamment quand ils sont mus par des souffrances sont dignes d’être écoutés.
    […] Papa, Maman, on ne ment pas aux enfants […] donc l’escamotage de toute la partie maternelle, pour nous c’est un mensonge fait à l’enfant.
    […] l’homoparentalité est une source de souffrance
    […] C’est cette procréation artificielle qui va prétendre que des enfants seraient issus de deux hommes ou de deux femmes, au fil des générations, va provoquer un bouleversement radical, une rupture de civilisation
    […] On cache souvent aux enfants la façon dont ils ont été conçus
    […] La question qui est derrière [le mariage homosexuel], c’est qu’on passe très vite de deux à trois, c’est quatre.

    Tugdual Derville à Hondelatte Dimanche

    Voilà voilà.

    Donc nous sommes intrinsèquement malheureux ; menteurs, et manipulateurs.
    Accessoirement, nous sommes crédules, aussi. Et on va faire tomber notre monde.

    Le même Tugdual affirme éhontément que Alliance Vita n’était pas contre le Pacs en son temps (15"37), ce qui ne résiste pas à 2 secondes de fact-checking. Ca n’est pas bien de mentir.

    Mais tout va bien, il n’est pas homophobe.

    Tugdual Derville est délégue général et porte-parole d’Alliance Vita, fondé par Christine Boutin sous le nom « Alliance pour les droits de la vie » est un des principaux mouvements anti-IVG [1].

  • 14 décembre 2012

  • [blog] C’est une part de notre humanité qui est en jeu

    Ce projet de loi n’est pas une discussion philosophique sur des conceptions déconnectées de toute réalité.

    Non, il s’agit d’un débat autour des homosexuels. Pas de leur sexualité, qui n’a rien à voir dans le débat, et rien à faire en dehors de la chambre à coucher de chacun. Il s’agit de qui ils sont, de cette part importante de leur identité, qui fait d’eux, dans notre société si diverse, des personnes différentes.
    Ni meilleures, ni pires, justes différentes.

    Il s’agit de savoir si eux, homosexuels, sont capables de prendre l’engagement solennel de fidélité, de communauté de vie, d’assistance et de soutien qu’exige le mariage civil.

    Il s’agit de savoir si eux, homosexuels, comme tous les autres, ni mieux ni moins bien, sont capables d’élever un enfant, lui transmettre des valeurs, des repères, de l’amour, et faire de lui un adulte qui pourra, demain, se lancer seul dans la société et, à son tour, fonder peut être une famille.

    Voilà la seule question, fondamentale : bien que différents, en sont-ils capables ?

    [lemariagepourtous.info] Mariage pour tous : c’est une part de notre humanité qui est en jeu

  • 3 décembre 2012

  • [blog] Toi

    Et sinon, toi le stalker caché derrière ton écran (je sais, c’est le principe), qu’on se connaisse ou pas, que tu sois de ma famille ou pas, je te le dis :

    • arrête de me suivre, tu ne sais pas ce qu’est un blog, comment ça fonctionne
    • arrête de me suivre, avec ce que tu as fait, ça prouve que tu n’as rien compris
    • arrête de me suivre, avec ce que tu as fait, ça prouve que tu ne me connais pas

    Et puis le reste de ce que je pense, hein, je vais le garder pour moi, d’accord ?

    Bisous. Ou pas.

  • 30 novembre 2012

  • [blog] Lettre à mon frère

    J’ai appris incidemment ce soir que tu avais participé à la manifestation du 17 novembre dernier, et je veux te dire toute la peine que cela me fait.

    Je sais, dans ton esprit, il n’y avait rien de personnel : tu as manifesté contre le mariage des homosexuels et ses conséquences. Mais tu le sais, je suis homosexuel : je fais donc partie "des homosexuels". C’est de moi dont on parle, aussi.

    Tu as manifesté pour dire que la famille que je formerai, un jour, ne sera jamais une famille ;
    Tu as manifesté pour dire que par essence, mon couple ne pourrait pas être stable ;
    Tu as manifesté pour dire que ma famille n’était qu’une question de protection matérielle ;
    Tu as manifesté pour dire que ma famille serait une menace pour la société ;`
    Tu as manifesté pour dire que mon engagement de fidélité, de soutien, d’assistance, de communauté de vie n’aurait jamais la même valeur aux yeux de la société, à tes yeux, que celui que tu as pu faire il y a 25 ans ;
    Tu as manifesté pour dire que j’étais égoiste à demander à l’Etat de qu’il m’accorde les droits et les devoirs d’un père, que je répondais à une pulsion, comme si tu ne savais pas que cela fait vingt ans que j’attends cela et que je réfléchis au père que je pourrais être ;
    Tu as manifesté pour dire que ma famille serait dangereuse pour mon enfant ;
    Tu as manifesté pour dire que je mentirais à mes enfants, moi qui ai le mensonge en horreur ;
    Tu as manifesté pour dire que je serais incapable d’éduquer correctement un enfant, pour dire que je ne pourrais pas lui transmettre mes valeurs, nos valeurs ;
    Tu as manifesté pour dire que ça serait largement suffisant pour moi d’aller demander à un tribunal qu’il reconnaisse mon autorité sur mon enfant, celui que j’élèverais avec l’homme que j’aime ; t’imagines-tu un instant aller quémander à un juge qu’il reconnaisse la tienne, d’autorité ?
    Tu as manifesté contre les familles homosexuelles, tu as manifesté contre moi.

    Je suis celui qui aimerait fonder une famille, avec ou sans enfants ;
    Je suis celui qui voudrait construire une famille d’une vie, stable, belle ;
    Je suis celui qui aimerait qu’on lui dise que sa famille est aussi belle que la tienne ;
    Je suis celui qui aimerait qu’on reconnaisse enfin, que ma famille peut être aussi chargée de valeurs que la tienne ;
    Je suis celui à qui tu as dit : “si tu veux être une famille, demande à un juge”.

    Je pleure et je suis triste, parce qu’en allant battre le pavé, tu n’as jamais pensé “c’est de mon frère dont on parle”.

    Je me sens humilié, rabaissé, moins que rien, parce qu’en allant manifester, tu as dit que finalement tu acceptais que j’aime quelqu’un, mais que jamais que tu ne me considérerais comme toi, comme vous, comme une famille.
    Je pleure parce que si toi, si vous avez bien fait attention à ne scander aucun insulte directe, vous n’avez fait que ça : me dire que mon Amour était impur, dangereux, indigne.
    Je pleure, parce que je croyais que tu me connaissais mieux que ça.

    Il y a six mois, tu m’avais dit que tu voulais qu’on arrête d’accuser d’homophobie de manière systématique tous ceux qui sont contre le mariage pour les couples homos. Tu vois, je ne t’en ai pas parlé. Je n’ai pas parlé du lien avec la zoophilie, l’inceste, la pédophilie (Mgr Barbarin, Christine Boutin), parlé de supercherie (Mgr André23), ni fait de parallèle avec le terrorisme (député Dhuicq). Je n’ai pas parlé non plus de cette diatribe abjecte, dégueulasse du Point.

    Non, il ne s’agit pas d’homophobie, il s’agit de toi, et de moi. Rien que nous deux.

    Je t’aime, tu le sais. Ta famille, c’est un peu ma deuxième famille, tes enfants sont un peu les miens. Ma tristesse n’en est que plus grande. J’ai envie de crier ma colère et ma douleur, quelque chose s’est brisé dans mon cœur.

    Y.

  • Vos commentaires

    • Le 02/12/12, Marge En réponse à : Lettre à mon frère

      @Rouge-cerise : Jolie réponse, bien vue :-)

      répondre ︎⏎

    • Le 02/12/12, Rouquette En réponse à : Lettre à mon frère

      On croit se connaître bien, puisque de longue date, puisque du même sang... mais on ne se connait pas. Les liens du sang sont parfois bien lâches... Dans les 2 sens du terme... Même s’ils sont solides, ils se serrent et se desserrent, et même l’actualité les met à mal. C’est moche. Tristement humain. Bon courage.

      répondre ︎⏎

    • Le 02/12/12, Rouge-cerise En réponse à : Lettre à mon frère

      Marge >> Si je remplace « Je crois que définitivement, les hétéros ne se rendent pas compte » par « Je crois que définitivement, ces hétéros ne se rendent pas compte » ou mieux « Je crois que définitivement, les hétéros qui manifestent ne se rendent pas compte », ça va mieux ? Mon raccourci en était un, en effet. Puisqu’on reste dans la magnanimité, je présume que votre raccourci qui met toute la famille d’Ydikoi (« Comme ça reste ta famille, ») dans le même sac n’était dû qu’à l’émotion et à la rapidité d’une réponse où vous n’aviez pas eu le loisir de peser vos mots... ;-)

      répondre ︎⏎

    • Le 01/12/12, Marge En réponse à : Lettre à mon frère

      @ydikoi : Décidément, ils ne te méritent pas ! Comme ça reste ta famille, j’espère que tu arriveras encore à faire preuve de magnanimité face à l’égoïsme, la lâcheté et la facilité que leur offre l’agression comme exutoire à leur vacuité et à leur propre inadaptation sociale.

      @Rouge-cerise : puisqu’on est dans la magnanimité, je vais supposer que ton raccourci qui met tous les hétéros dans le même sac n’était dû qu’à l’émotion et à la rapidité d’une réponse où tu n’avais pas eu le loisir de peser tes mots...

      répondre ︎⏎

    • Le 01/12/12, Rouge-cerise En réponse à : Lettre à mon frère

      Je crois que définitivement, les hétéros ne se rendent pas compte que « les homosexuels », ce sont des hommes et des femmes, parfois leurs proches. « Les homosexuels » restent ces clichés qu’ils imaginent, et ils ne réalisent jamais qu’au travers d’un prof, d’un médecin, d’un animateur, ils ont confié leur propre enfant à une femme ou un homme homosexuel. Et qu’à ce moment là, ils étaient bien capable de faire la différence entre ce qui se passe dans un lit et le reste.

      répondre ︎⏎

    • Le 01/12/12, orpheus En réponse à : Lettre à mon frère

      Ydikoi : Condoléances pour les illusions que tu pouvais avoir

      • Le 01/12/12, Ydikoi En réponse à : Lettre à mon frère

        Oh, je n’en avais pas vraiment, je me doutais que des membres de ma famille y sont allé, je les connais un peu à force ;)
        Mais j’en ai eu confirmation, et je ne l’attendais pas de lui, surtout lui en fait.

      répondre ︎⏎

    • Le 30/11/12, Paumé En réponse à : Lettre à mon frère

      Change de famille !

      répondre ︎⏎

    • Le 30/11/12, Ydikoi En réponse à : Lettre à mon frère

      @Orpheus : condoléances ? pas encore, personne n’est mort ;) Mais merci

      @Eric : et que long est le chemin …

      répondre ︎⏎

    • Le 30/11/12, Eric En réponse à : Lettre à mon frère

      Nouvelle illustration, si besoin en était, que l’on est jamais bien trahi que par les siens…

      répondre ︎⏎

    • Le 30/11/12, Orpheus En réponse à : Lettre à mon frère

      Sincères condoléance.

      répondre ︎⏎

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