22 janvier 2025

  • [web] « Un protectionnisme d’interposition »

    L’approche la plus prometteuse consiste à instaurer ce que l’on pourrait appeler un protectionnisme d’interposition : une politique qui dévitaliserait et inverserait les forces de la concurrence fiscale, de l’inégalité et du chaos climatique. Dans cette nouvelle organisation de la mondialisation, les pays importateurs viendraient appliquer leurs lois par-delà leurs frontières afin de surtaxer de façon proportionnée les grandes entreprises sous-imposées à l’étranger et les milliardaires qui les possèdent.
    Imaginons par exemple que Tesla ne paie pas d’impôt sur les sociétés ou de taxe carbone aux Etats-Unis, mais réalise 5 % de ses ventes en France. Bercy calculerait ce dont l’entreprise aurait dû s’acquitter outre-Atlantique, si la loi fiscale française s’y appliquait (toutes les informations nécessaires à cette estimation sont disponibles), et il collecterait 5 % de cette somme. De même, la France viendrait se substituer aux Etats-Unis pour taxer Elon Musk à proportion de la part de sa richesse qui peut être attribuée à l’Hexagone (part que l’on peut estimer à 5 % dans la mesure où sa fortune provient pour l’essentiel d’actions Tesla).

    Cette approche est « extraterritoriale » par nature, puisque les pays de consommation imposeraient, pour partie, leur norme fiscale aux acteurs étrangers en échange de l’accès à leurs marchés. Mais il est grand temps de penser l’extraterritorialité dans sa dimension positive : (…) comme le moyen le plus efficace d’imposer les standards minimaux nécessaires pour limiter les inégalités et assurer l’habitabilité de la planète.

    Via : Le Monde : Gabriel Zucman, économiste : « Avec le retour de Donald Trump, l’Europe doit s’engager dans un protectionnisme d’interposition »

  • 17 janvier 2025

  • [web] « On ne donne pas la parole à l’extrême droite »

    « Il n’est pas normal que des gens qui ne respectent pas les valeurs de la démocratie puissent s’exprimer sur un média de service public », résume Simon-Pierre De Coster. Il cite aussi l’article 17 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui précise qu’on ne peut pas utiliser les libertés qu’elle garantit pour saper des droits ou des libertés. En conséquence, insiste-t-il, « si on accepte que la liberté d’expression soit pour tous sur le service public, alors on accepte de tirer une balle dans le pied de la liberté d’expression ».
    ...
    Officiellement, à la RTBF, on ne parle plus de « cordon sanitaire médiatique ». « Je trouvais cette expression vulgaire », confie Jean-Pierre Jacqmin, le directeur de l’information. Il est désormais question de « responsabilité sociale et démocratique », parce que « c’est vraiment ça qui se joue : nous sommes conscients de notre responsabilité dans la construction du débat public ».

    Via : Petite histoire du cordon sanitaire belge | la revue des médias

  • Vos commentaires

    22 novembre 2024

  • [photo] L’hiver

  • 10 novembre 2024

  • [web] La grande guerre climatique

    on est sorti de la révolution industrielle, on est rentré dans la grande guerre climatique, et il y a un temps politique de transformation, ça prend du temps. Et pour l’instant, on est entre deux modèles, et entre ces deux modèles, il y a une solution facile : rassemblons tous les braves gens et excluons tous ceux qui ne nous ressemblent pas, et dénonçons les autres, mettons des frontières et refermons-nous sur nous

    Via : francetvinfo.fr : « C’est la construction d’un autre chemin qui fera reculer le populisme, comme au début du XXᵉ siècle », selon Jean Viard

  • 7 novembre 2024

  • [web] Prophétie

    Un bouleversement stratégique est en marche. Il était peut-être inéluctable, il est accéléré par le vote des Américains. La prophétie du général de Gaulle se réalise : un jour, les Etats-Unis quitteront le Vieux Continent. Celui-ci doit devenir adulte, sauf à céder sur ce qui lui est cher – inviolabilité des frontières, non-recours à la force, appui aux démocraties libérales naissantes. Une Amérique s’en va, une Europe stratégique doit naître. Si l’Union européenne (UE) manque à cet appel, elle subira un monde dominé par des blocs de puissance qui n’ont qu’une seule règle dans les relations entre Etats : le rapport de force.

    Via : « Avec Donald Trump à la Maison Blanche, la prophétie du général de Gaulle se réalise : un jour, les Etats-Unis quitteront le Vieux Continent » (lemonde.fr)

  • 21 octobre 2024

  • [photo] L’automne

  • 10 mai 2024

  • [web] Vers un idéal de vie démocratique

    Pour le philosophe américain, l’imprévu qui peut surgir à chaque virage, la confrontation avec le risque, l’expression d’une responsabilité individuelle font de la conduite un espace d’autonomie qui nous prépare, d’une certaine façon, à l’idéal de la vie démocratique, par opposition à un tout-sécuritaire totalitarisant. Une pensée originale que nous pourrions tous méditer, mais pas nécessairement en conduisant.

    Via : Le Monde : Fous du volant : c’est celui qui dit qui l’est !

    P.-S.

    (Une pensée pas si originale que ça, elle est au cœur de la FFMC depuis ses débuts. On pourrait également rajouter à cette liste le rapport à l’autre et à la différence)

  • 28 avril 2023

  • [blog] Vous permettez, monsieur, que j’emprunte votre fille ?

    Aujourd’hui était un jour un peu spécial.

    D’abord, parce qu’il faisait - enfin - chaud, une température dans laquelle un être humain normalement constitué, et censé, peut vivre.
    Mais aussi parce que, pour la troisième fois (en quatre mois !), la bestiole allait chez le vétérinaire pour un petit pépin de santé.

    Après la conjonctivite, puis la boîte d’anti-depresseurs avalée en mode revenge, c’était au tour de la gastrite de tester l’accoutumance de GiGi. Bref, aujourd’hui, elle a eu droit à un traitement de faveur, entre bile, refus de manger, douleurs ventrales et autres gargouillis ; et donc plusieurs sorties - on ne sait jamais, d’ici que son délire gastrique débouche sur un débordement incontrôlé du flux intestinal, autant que ça se fasse dans la rue !

    Nous revenions donc, tranquillement, d’une joyeuse petite demi heure au parc avec le schnauzer (enfin, c’en est pas un, mais j’oublie tout le temps le nom de sa race), les deux batards qu’elle ignore royalement, le jack Russel qui, ivre de son odeur, lui lèche les lèvres (!!!). On allait tranquillement, enfin, autant qu’on pouvait vu qu’on était contre le flot de touristes qui remontait la rue (et quand je dis « on », c’est moi, elle, elle suivait autant qu’elle pouvait et que mes coups de collier lui permettaient !), quand tout d’un coup, alors qu’on avait commencé à traverser, en dehors des passages cloutés, bien sûr …

    Monsieur ? Monsieur !

    …

    Vous permettez que je caresse votre chien ?
    Parce que ça fait un moment que je l’ai repéré, dans la foule, et je veux le caresser !

    Dans de tels cas, il n’y a rien à faire, ni à dire. C’est plié. Le temps de remonter sur le trottoir, auprès du sexagénaire accompagnateur à l’œil goguenard, et la jeune quadragénaire est déjà à 4 pattes, la tête de GiGi entre les mains, à lui faire des bisous partout, du bout du nez à l’œil en passant par les oreilles et le sommet du crâne. Et la bête, brave bête, lui répond gentiment, du bout de la langue, chaque fois que le visage est à sa portée.

    L’affaire a bien duré plusieurs minutes. Et je voudrais vous y voir, vous, une femme à vos pieds en train de baiser votre chien qui pour le coup vous a totalement oublié, un sexagénaire à vos côtés vaguement éberlué mais sommes toutes malgré tout habitué, essayant tout de même de rigoler de la situation, et moi … moi le pauvre couillon dont on se fout, forcément, la seule chose qu’on ait remarqué, et depuis longtemps, c’est elle . elle qui est le sujet de conversation de ces quelques minutes, bien sûr, et d’où elle vient, et quel est son âge, et est-ce qu’elle est gentille mais oui bien sûr qu’elle est gentille vu comme elle me lèche le visage, et qu’elle est belle, oh oui qu’elle est belle et qu’elle est gentille etc.

    Bref… la bestiole en est sortie en se léchant les babines (le goût du fond de teint, j’imagine ?), la queue bien droite (t’as vu, comme je les amène toutes à toi ?), fière de son travail et de son pouvoir de séduction, comme si elle en doutait, la garce.

    Il ne manque plus qu’elle apprenne à faire ça avec les garçons, et ça sera parfait.
    Enfin, supportable.

  • 22 avril 2023

  • [web] Le vrai réseau social, c’est pas Facebook, c’est le chien ! »

    On pourrait voir dans la promenade des chiens l’un des derniers outils de brassage social. « Le chien de bobo n’a pas les codes bobos. Il renifle le cul d’un chien de prolo comme celui des autres chiens, et il côtoie le chien de la mémère en anorak »

    Via : Le Monde

  • 6 novembre 2022

  • [web] Deux ados armés de sauce tomate nous inquiètent plus que les multinationales qui enclenchent des bombes à retardement climatiques

    Nul ne peut plus ignorer qu’un tableau de Van Gogh a été symboliquement maculé de rouge, mais, hormis ceux qui suivent de près l’actualité environnementale, combien de nos concitoyens savent que Total parachève ces jours-ci des expropriations de masse préalables à la destruction méthodique d’un immense et inestimable biotope en Ouganda, aux fins d’exploitation pétrolière ? Qui sait que la major française a déposé début septembre une demande d’exploitation de gisements gaziers au large des côtes sud-africaines, pour l’équivalent probable de 1 milliard de barils de pétrole ? Deux adolescents armés d’un pot de sauce tomate nous inquiètent plus que les multinationales qui enclenchent, chaque jour ou presque, des bombes à retardement climatiques.
    via lemonde.fr

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