
ydikoi
carnet de notes


Il y a une très grave instrumentalisation des souffrances réelles des personnes qui vivent leur homosexualité
[…] J’écoute à titre personnel tous les désirs, et notamment quand ils sont mus par des souffrances sont dignes d’être écoutés.
[…] Papa, Maman, on ne ment pas aux enfants […] donc l’escamotage de toute la partie maternelle, pour nous c’est un mensonge fait à l’enfant.
[…] l’homoparentalité est une source de souffrance
[…] C’est cette procréation artificielle qui va prétendre que des enfants seraient issus de deux hommes ou de deux femmes, au fil des générations, va provoquer un bouleversement radical, une rupture de civilisation
[…] On cache souvent aux enfants la façon dont ils ont été conçus
[…] La question qui est derrière [le mariage homosexuel], c’est qu’on passe très vite de deux à trois, c’est quatre.
Tugdual Derville à Hondelatte Dimanche
Voilà voilà.
Donc nous sommes intrinsèquement malheureux ; menteurs, et manipulateurs.
Accessoirement, nous sommes crédules, aussi. Et on va faire tomber notre monde.
Le même Tugdual affirme éhontément que Alliance Vita n’était pas contre le Pacs en son temps (15"37), ce qui ne résiste pas à 2 secondes de fact-checking. Ca n’est pas bien de mentir.
Mais tout va bien, il n’est pas homophobe.
Tugdual Derville est délégue général et porte-parole d’Alliance Vita, fondé par Christine Boutin sous le nom « Alliance pour les droits de la vie » est un des principaux mouvements anti-IVG [1].
Ce projet de loi n’est pas une discussion philosophique sur des conceptions déconnectées de toute réalité.
Non, il s’agit d’un débat autour des homosexuels. Pas de leur sexualité, qui n’a rien à voir dans le débat, et rien à faire en dehors de la chambre à coucher de chacun. Il s’agit de qui ils sont, de cette part importante de leur identité, qui fait d’eux, dans notre société si diverse, des personnes différentes.
Ni meilleures, ni pires, justes différentes.Il s’agit de savoir si eux, homosexuels, sont capables de prendre l’engagement solennel de fidélité, de communauté de vie, d’assistance et de soutien qu’exige le mariage civil.
Il s’agit de savoir si eux, homosexuels, comme tous les autres, ni mieux ni moins bien, sont capables d’élever un enfant, lui transmettre des valeurs, des repères, de l’amour, et faire de lui un adulte qui pourra, demain, se lancer seul dans la société et, à son tour, fonder peut être une famille.
Voilà la seule question, fondamentale : bien que différents, en sont-ils capables ?
[lemariagepourtous.info] Mariage pour tous : c’est une part de notre humanité qui est en jeu
Et sinon, toi le stalker caché derrière ton écran (je sais, c’est le principe), qu’on se connaisse ou pas, que tu sois de ma famille ou pas, je te le dis :
Et puis le reste de ce que je pense, hein, je vais le garder pour moi, d’accord ?
Bisous. Ou pas.
J’ai appris incidemment ce soir que tu avais participé à la manifestation du 17 novembre dernier, et je veux te dire toute la peine que cela me fait.
Je sais, dans ton esprit, il n’y avait rien de personnel : tu as manifesté contre le mariage des homosexuels et ses conséquences. Mais tu le sais, je suis homosexuel : je fais donc partie "des homosexuels". C’est de moi dont on parle, aussi.
Tu as manifesté pour dire que la famille que je formerai, un jour, ne sera jamais une famille ;
Tu as manifesté pour dire que par essence, mon couple ne pourrait pas être stable ;
Tu as manifesté pour dire que ma famille n’était qu’une question de protection matérielle ;
Tu as manifesté pour dire que ma famille serait une menace pour la société ;`
Tu as manifesté pour dire que mon engagement de fidélité, de soutien, d’assistance, de communauté de vie n’aurait jamais la même valeur aux yeux de la société, à tes yeux, que celui que tu as pu faire il y a 25 ans ;
Tu as manifesté pour dire que j’étais égoiste à demander à l’Etat de qu’il m’accorde les droits et les devoirs d’un père, que je répondais à une pulsion, comme si tu ne savais pas que cela fait vingt ans que j’attends cela et que je réfléchis au père que je pourrais être ;
Tu as manifesté pour dire que ma famille serait dangereuse pour mon enfant ;
Tu as manifesté pour dire que je mentirais à mes enfants, moi qui ai le mensonge en horreur ;
Tu as manifesté pour dire que je serais incapable d’éduquer correctement un enfant, pour dire que je ne pourrais pas lui transmettre mes valeurs, nos valeurs ;
Tu as manifesté pour dire que ça serait largement suffisant pour moi d’aller demander à un tribunal qu’il reconnaisse mon autorité sur mon enfant, celui que j’élèverais avec l’homme que j’aime ; t’imagines-tu un instant aller quémander à un juge qu’il reconnaisse la tienne, d’autorité ?
Tu as manifesté contre les familles homosexuelles, tu as manifesté contre moi.
Je suis celui qui aimerait fonder une famille, avec ou sans enfants ;
Je suis celui qui voudrait construire une famille d’une vie, stable, belle ;
Je suis celui qui aimerait qu’on lui dise que sa famille est aussi belle que la tienne ;
Je suis celui qui aimerait qu’on reconnaisse enfin, que ma famille peut être aussi chargée de valeurs que la tienne ;
Je suis celui à qui tu as dit : “si tu veux être une famille, demande à un juge”.
Je pleure et je suis triste, parce qu’en allant battre le pavé, tu n’as jamais pensé “c’est de mon frère dont on parle”.
Je me sens humilié, rabaissé, moins que rien, parce qu’en allant manifester, tu as dit que finalement tu acceptais que j’aime quelqu’un, mais que jamais que tu ne me considérerais comme toi, comme vous, comme une famille.
Je pleure parce que si toi, si vous avez bien fait attention à ne scander aucun insulte directe, vous n’avez fait que ça : me dire que mon Amour était impur, dangereux, indigne.
Je pleure, parce que je croyais que tu me connaissais mieux que ça.
Il y a six mois, tu m’avais dit que tu voulais qu’on arrête d’accuser d’homophobie de manière systématique tous ceux qui sont contre le mariage pour les couples homos. Tu vois, je ne t’en ai pas parlé. Je n’ai pas parlé du lien avec la zoophilie, l’inceste, la pédophilie (Mgr Barbarin, Christine Boutin), parlé de supercherie (Mgr André23), ni fait de parallèle avec le terrorisme (député Dhuicq). Je n’ai pas parlé non plus de cette diatribe abjecte, dégueulasse du Point.
Non, il ne s’agit pas d’homophobie, il s’agit de toi, et de moi. Rien que nous deux.
Je t’aime, tu le sais. Ta famille, c’est un peu ma deuxième famille, tes enfants sont un peu les miens. Ma tristesse n’en est que plus grande. J’ai envie de crier ma colère et ma douleur, quelque chose s’est brisé dans mon cœur.
Y.
Ce billet me trottait dans la tête depuis quelques jours, mais je ne savais comment le tourner, vu que je ne pouvais le publier ailleurs.
Je l’ai dit, la violence des réactions contre le projet de mariage pour tous m’a rendu un rien militant, ce qui m’a amené à suivre d’assez près tout ce qui se publie - ou presque - sur le sujet.
Un billet de Koztoujours, blogueur catho (re)connu et assumé ;) le 18 novembre, très largement repris et diffusé depuis, dénonçait l’ineptie du projet de loi dans la mesure où le Code Civil répondrait déjà à toutes les questions, notamment en termes de droits du conjoint survivant et d’autorité parentale.
Mais il commet trois erreurs grossières.
Bref. Tout ça pour dire qu’il ne faudrait pas toucher au Code Civil, ce si cher “petit livre rouge”
photo : Christophe Becker
Autant dire que certains (beaucoup ?) des manifestants seraient aujourd’hui dans la merde :
Et quand dans un billet suivant il se plaint de la violence (symbolique) des méchants pro-mariage (car oui, tous les pro-mariages sont violents apparemment !), je n’ai qu’une chose à rajouter à mon commentaire :




A part ça, ils ne sont pas homophobes :
Et encore, on parle homos, mais ce sont les pédophiles qui sont cachés derrière
je viens ,d’apprendre qu’il a un couple de même sexe allait ou a adopté un petit garçon , et qu’ils (elles ), vont le faire opérer pour qu’il soit une fille , voilà les dérives qui commencent
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu fonder une famille, me marier, avoir des enfants, les élever.
Il y a presque vingt ans de cela, PapaDikoi m’emmena dans une longue virée dans Paris, à pied. Officiellement, il voulait faire des courses. Mais nous avons discuté, pour la première fois de ma vie. Je lui ai dit mes espoirs, mon envie d’avoir des enfants, longuement.
Oh bien sûr, cela faisait quelques années que je fréquentais régulièrement les 3615 guy et autres JH. Mais je n’étais pas homosexuel. Etre homosexuel, d’ailleurs, dans ma famille, ça n’existait pas. On parlait de pédérastes, parfois de pédophiles, mais jamais d’homosexuels. Et puis, l’homosexualité était une perversion grave, un péché mortel qui menait droit en enfer, et, oui, j’étais encore un peu croyant, à cette époque. J’avais fini par "essayer les filles", malgré tout, et ça fonctionnait. Un peu beurk, c’est sûr, mais ça fonctionnait. Et puis, comme je l’avais si souvent entendu “si on ne se marie pas par amour, on apprend à devenir amoureux”.
Mais un jour je me suis regardé dans la glace, et la vérité, implacable, m’est apparue : j’aimais les hommes. Oh bien sûr, je pourrais me marier, mais je mentirais toute ma vie à ma femme, je me mentirais à moi même.
Oui, j’étais homosexuel. Et je n’aurais donc jamais d’enfants. C’était aussi simple que cela. C’était un autre siècle.
J’ai mis du temps à évoluer, beaucoup de temps. A accepter de marcher dans la rue avec d’autres garçons, avec des homosexuels. A accepter le regard des passants, ou ce que je croyais être leur regard. A comprendre que l’important n’était pas tant ma sexualité, mais qui j’étais. A comprendre que l’enfer qui m’était promis ne tenait pas face à la promesse que je m’étais faite de mener ma vie le mieux que je pouvais. A assumer ce que je suis, qui je suis, cette différence qui m’enrichit. A ne plus avoir honte. A être fier de qui je suis, avec mes bons côtés, et mes mauvais.
Ce week-end, je les ai vu, je les ai reconnu, tous ceux qui ont défilé dans les rues. J’ai entendu leurs arguments, qui annoncent la fin de notre monde, les pires malheurs, la décadence, si la société, et donc l’Etat, reconnait que nous sommes capables d’Amour, capables d’engagement, capables d’être une famille. Je les ai vu ces slogans qui me tolèrent, qui acceptent que je sois dans la société à ma place, derrière. Je les ai vu, aussi, ces rictus de haine, ces bonnes et belles familles qui prônent l’amour biblique de l’autre pour mieux rejeter ceux qui ne leur ressemblent pas. Je les ai écouté, tous ceux qui se défendent d’être homophobe mais qui ne comprennent pas qu’ils sont insultant, odieux.
Tous ces nostalgiques d’une société normalisante, bien pensante, d’un siècle (dé)passé, pétris de peur, d’immobilisme et de fantasmes, m’ont mis en colère, et rendu militant.
Alors oui, je le souhaite, ce #mariagepourtous, si ce n’est pour moi, pour tous ceux qui feront leur demande en mariage un genoux à terre, pour tous ces enfants qu’on traite d’anormaux parce que leurs parents s’aiment, pour que demain ils ne passent pas par toutes ces difficultés que j’ai croisé sur mon chemin, et pour qu’ils finissent, tous, par comprendre que même différents, nous sommes pareils.
petite contribution (provoquée) à la lutte nuptiale initiée par Orpheus ;)
Aujourd’hui, nous, homos et hétérosexuels, défenseurs de l’égalité de tous devant le mariage civil et laïc, prenons la parole ensemble pour rétablir les faits.
Nous voulons montrer que la proposition de loi ne provoquera pas la fin de la civilisation, l’extinction des familles, l’apparition d’une génération d’homosexuels ni tout autre cataclysme apocalyptique.
Face au déversement de caricatures, de positions de rejets, nous souhaitons offrir un espace de présentation des faits, qui permette de tenir des arguments de raison sur le projet de loi du mariage pour tous.
Pendant tout le temps du débat, nous répondrons à toutes les peurs, et tous les fantasmes, sans verser dans la caricature ou le dénigrement.
lemariagepourtous.info
Vos commentaires
# Le 02/12/12, Marge En réponse à : Lettre à mon frère
@Rouge-cerise : Jolie réponse, bien vue :-)
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# Le 02/12/12, Rouquette En réponse à : Lettre à mon frère
On croit se connaître bien, puisque de longue date, puisque du même sang... mais on ne se connait pas. Les liens du sang sont parfois bien lâches... Dans les 2 sens du terme... Même s’ils sont solides, ils se serrent et se desserrent, et même l’actualité les met à mal. C’est moche. Tristement humain. Bon courage.
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# Le 02/12/12, Rouge-cerise En réponse à : Lettre à mon frère
Marge >> Si je remplace « Je crois que définitivement, les hétéros ne se rendent pas compte » par « Je crois que définitivement, ces hétéros ne se rendent pas compte » ou mieux « Je crois que définitivement, les hétéros qui manifestent ne se rendent pas compte », ça va mieux ? Mon raccourci en était un, en effet. Puisqu’on reste dans la magnanimité, je présume que votre raccourci qui met toute la famille d’Ydikoi (« Comme ça reste ta famille, ») dans le même sac n’était dû qu’à l’émotion et à la rapidité d’une réponse où vous n’aviez pas eu le loisir de peser vos mots... ;-)
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# Le 01/12/12, Marge En réponse à : Lettre à mon frère
@ydikoi : Décidément, ils ne te méritent pas ! Comme ça reste ta famille, j’espère que tu arriveras encore à faire preuve de magnanimité face à l’égoïsme, la lâcheté et la facilité que leur offre l’agression comme exutoire à leur vacuité et à leur propre inadaptation sociale.
@Rouge-cerise : puisqu’on est dans la magnanimité, je vais supposer que ton raccourci qui met tous les hétéros dans le même sac n’était dû qu’à l’émotion et à la rapidité d’une réponse où tu n’avais pas eu le loisir de peser tes mots...
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# Le 01/12/12, Rouge-cerise En réponse à : Lettre à mon frère
Je crois que définitivement, les hétéros ne se rendent pas compte que « les homosexuels », ce sont des hommes et des femmes, parfois leurs proches. « Les homosexuels » restent ces clichés qu’ils imaginent, et ils ne réalisent jamais qu’au travers d’un prof, d’un médecin, d’un animateur, ils ont confié leur propre enfant à une femme ou un homme homosexuel. Et qu’à ce moment là, ils étaient bien capable de faire la différence entre ce qui se passe dans un lit et le reste.
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# Le 01/12/12, orpheus En réponse à : Lettre à mon frère
Ydikoi : Condoléances pour les illusions que tu pouvais avoir
# Le 01/12/12, Ydikoi En réponse à : Lettre à mon frère
Oh, je n’en avais pas vraiment, je me doutais que des membres de ma famille y sont allé, je les connais un peu à force ;)
Mais j’en ai eu confirmation, et je ne l’attendais pas de lui, surtout lui en fait.
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# Le 30/11/12, Paumé En réponse à : Lettre à mon frère
Change de famille !
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# Le 30/11/12, Ydikoi En réponse à : Lettre à mon frère
@Orpheus : condoléances ? pas encore, personne n’est mort ;) Mais merci
@Eric : et que long est le chemin …
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# Le 30/11/12, Eric En réponse à : Lettre à mon frère
Nouvelle illustration, si besoin en était, que l’on est jamais bien trahi que par les siens…
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# Le 30/11/12, Orpheus En réponse à : Lettre à mon frère
Sincères condoléance.
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