5 novembre 2008

  • [blog] Impressions d’amériques

    Tout le monde en parle, en parlera encore longtemps, et décortiquera les pourquoi du comment, les comment ? tout court. Quelques heures après, mes impressions de cette nuit, ce qui me reste.

    L’image

    Celle de Jesse Jackson particulièrement, anonyme dans la foule, en pleurs à l’annonce de l’élection, et encore lors du discours d’Obama.

    Mais plus généralement, tous ces vieux noirs qui ont connu la discrimination, tous en larmes.

    A l’image de Colin Powell lors de son interview sur CNN.

    Fort.

    L’heure fatidique

    3h25 cette nuit. MSNBC & CBSNews attribuent l’Ohio à Obama, rejoints plus tard par CNN. Le total des grands électeurs déjà acquis et ceux statistiquement à venir (côte ouest) dépasse les 270.

    Plié.

    La technique

    Sans conteste, c’est CNN qui remporte la palme du plateau le plus geek :

    • un écran géant tactile, déjà vu mais toujours aussi impressionnant, avec des présentations détaillées county par county des résultats des élections précédentes. Dans la présentation de son dispositif, CNN annonçait il y a quelques jours que c’était une innovation directement issue du Pentagone.
    • mais surtout, l’intervention des différents invités ou journalistes projetés par hologrammes. Gizmodo donne quelques informations

    edit : BBB en parle bien mieux que moi : Hier, sur CNN, la (vraie) star avait de gros processeurs, videos à l’appui.

    Impressionant.

    Les sifflets

    … des partisans de McCain à l’évocation de Palin … 

    ça doit faire mal.

    Le mot

    Pas le “changement” comme voudrait le croire notre Zident-bien-aimé - normal, ça lui permettra de se donner une image obamaniesque -, mais “hope”, et un deuxième, “unity”.

    Quels que soient ses résultats économiques ou militaires, c’est bien la dessus que l’histoire le jugera : sur sa capacité à traduire dans les faits l’élan d’espoir et de réconciliation (raciale, politique, internationale, …) qu’il a magnifiquement réussi à impulser.

    Hope.

    Le blog

    Dans la liste de tous les billets / articles annonçant la victoire, il en est un qui se distingue avec classe et originalité.

    Chapeau bas, Maître, à la hauteur, comme d’habitude.

    Le discours

    Incontestablement celui de Philadelphie, “a more perfect union” (transcript du discours en anglais et en français), sur la question raciale dans nos sociétés.

    Magistral.

    Le moment clé

    Les primaires dans le New Hampshire.

    Obama venait de gagner Iowa, mais s’y est pris une claque. C’est là qu’est sorti son motto, “Yes we can”.

    Yes we can.

    La chanson

    Incontestablement, le même Yes we can”, de will.i.am :

    last time it was so obvious...
    Bush and war vs. no bush and no war...

    But this time it’s not that simple...
    and there are a lot of people that are torn just like i am...
    So for awhile I put it off and i was going to wait until it was decided for me...

    And then came New Hampshire...
    And i was captivated...

    Yes we can.

    La prémonition

    The West Wing, vous connaissez ? Vous vous souvenez ?

    Cette série, débutée en 1999, décrivait il y a quatre ans, pour sa dernière saison, des élections entre un vieux sénateur républicain, et un jeune démocrate hispano

    Slatev.com revenait il y a quelques mois sur les ressemblances entre la fiction et la réalité … 

    Magique.

  • [blog] THEY DID IT !

    6:20 - Obama a terminé son discours - à relire & écouter, j’ai loupé plein de choses -, fait venir sa famille et celle de Biden. Une ambiance cool, pas trop formelle, très détendue. Puis reparti.

    Temps de redescendre sur terre, et ensuite je vais aller me coucher … quand même :-)

    6:00 - Obama arrive devant la foule. Grandeur de l’amérique, unité des américains. Reconnaissance du service au pays de McCain. Reconnaissance aux 3 millions d’individus qui ont participé au financement de la campagne (ce seront eux les lobbyistes de demain, les lobbyistes de Obama, disait un commentateur sur CNN). Le chemin sera long et difficile, mais nous irons vers des jours meilleurs. « Yes we can » répond la foule.
    Nous ne sommes pas forts à cause de nos armes, mais par notre démocratie, nos idéaux.

    If there is anyone out there who doubts that America is a place where anything is possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer

    It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America

    And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals : democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

    (les vitres pare-balles sont peu visibles, mais quand on les voit de profils … elles font au moins 10cm d’épaisseur !)

    5:20 - McCain reconnaît sa défaite. Reconnaissance de l’importance historique du moment, de l’espoir qu’il a su soulever. Un discours plein de dignité, Mac is back, le McCain d’avant la campagne. Appel à l’unité, au rassemblement, au compromis. Chaleureuses félicitations à Palin, qui se fait applaudir par la foule … mais aussi siffler !?! McCain espère la voir travailler fort pour le parti républicain, de nouveau des sifflets.

    CNN donne la floride à Obama, c’était prévisible, par le travail réalisé auprès des hispaniques, et sur le vote anticipé.

    5:15 - Beaucoup d’émotion sur les plateaux de CNN et MSNBC, blancs et noirs confondus, hommes et femmes. Des yeux rougis. Quelques reniflements lors des commentaires. Même les républicains reconnaissent la force du symbole.

    AP rapporte que McCain a reconnu sa défaite et appelé Obama.

    Ils sont beaux, tous ensembles, toutes races confondues, pleurant, riant, étonnés d’y être arrivés. Tous les sentiments y sont.

    On aperçoit Jesse Jackson, qui s’était présenté dans les années 80, dans la foule, en larme.

    5:00 - La côte ouest et hawaï ferment leurs bureaux. Attribués à Obama.

    • CNN annonce Obama Président (297 gds électeurs)
    • MNSBC l’annonce également (284 gds électeurs)
    • Même foxnews annonce sobrement : President Obama.

    4:30 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

    • CNN : 207 / 129
    • MSNBC : 207 / 135
    • CBSNews : 206 / 135
    • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat

    4:15 - Après l’Ohio et l’Iowa, CNN annonce un troisième état remporté par les démocrates, alors qu’ils étaient auparavant républicains : New Mexico.
    Dans le même temps, McCain sécurise la ceinture du sud avec le Texas. Sur le plan du symbole, Obama aura semble-t-il échoué à renverser les votes dans les états esclavagistes … mais il faut dire que le challenge était hardu.

    4:00 - _ So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

    • CNN : 206 / 89
    • MSNBC : 200 / 124
    • CBSNews : 206 / 135
    • FoxNews : le site est dans les choux … et se contente de rapporter les % de voix pour chaque candidat
      Les votes n’ont pas encore fermé sur la côte Ouest, traditionnellement acquise aux démocrates : Californie (55 votes), Oregon (7) et Washington State (11), soit 73 votes.
      En prenant l’option la plus conservatrice à cette heure (CBS News / CNN), Obama a dépassé le nombre fatidique de 270 grands électeurs (Bien sûr, à condition que les gens de la côte ouest continuent à aller voter :-p ), alors que les swing states floride, caroline du nord, indiana et missouri ne sont pas encore appelés …

    3:34 - CNN confirme Ohio pour Obama « ça rend la route certainement plus facile pour Obama ; mais c’est pour McCain que le coup est le plus fort, ça rend sa victoire vraiment difficile à atteindre ».
    Le QG de McCain a coupé les écrans géants, qui ne diffusent plus les infos sur les résultats ! edit : en fait ils n’allument les infos que pour annoncer les états attribués à McCain … l’ambiance n’est pas au beau fixe visiblement
    La foule dans le parc central de Chicago est absolument impressionnante, et il reste encore plusieurs heures avant la fin des élections (et notamment la Californie avec ses 55 grands électeurs).

    3:25 - Personne n’a jamais gagné les élections présidentielles sans remporter l’ohio … MSNBC et CBSNews l’attribuent à … Obama !
    La Floride, Caroline du Nord sont au coude à coude …
    So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

    • CNN : 174 / 69
    • MSNBC : 195 / 76
    • CBSNews : 194 / 124 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
    • FoxNews : le site est dans les choux …

    3:15 - Personne n’ose s’aventurer à donner un résultat dans les swing states. Pour l’instant, Obama mène haut la main en Floride, Caroline du Nord et Ohio(27, 15, 20 électeurs), ce qui serait un coup fatal à McCain, qui ne tient pour l’instant la corde qu’en Indiana et Missouri, 11 électeurs chacuns … 
    Et personne ne sait encore si McCain sortira vainqueur dans son propre état, l’arizona …

    3:00 - Dans une palanquée d’états, les bureaux viennent de fermer. Les attributions d’états se font à la volée, McCain étant plus fort dans les états centraux, traditionnellement républicains, mais peu peuplés, et donc qui rapportent peu d’électeurs.
    McCain garde le Dakota du Nord, premier swing state à être appelé.
    So far, donc, le nombre de grands électeurs pour Obama / McCain :

    • CNN : 174 / 49
    • MSNBC : 175 / 70
    • CBSNews : 174 / 100 (seuls à attribuer déjà les 34 gds électeurs du Texas à McCain)
    • FoxNews : le site est dans les choux … 

    2.45 - Obama vient de remporter deux états psychologiquement importants : Pennsylvanie (21 elec) et le New Hampshire (4 elec), deux états dans lesquels McCain avait fortement fait campagne.
    Rien n’est encore joué : tous les états attribués pour l’instant étaient acquis à l’un ou l’autre … on attend les swing states, et plus précisemment la Floride & l’Indiana, qui devraient être les deux premiers à sortir.
    FOXNEWS : 103 Gd Electeurs / 45 Mc Cain
    MSNBC : 103 Obama / 58 McCain
    CBSNews : 102/54
    CNN vient d’attribuer la Pennsylvanie à Obama : 102 Obama / 34 McCain

    2.30 - MSNBC confirme la pensylvanie, ainsi que CBSnews, l’un des premiers gros états pour Obama. CNN le met encore en « too close to call ». La Georgie est confirmée pour McCain.
    Aucun swing state n’a encore été appelé.

    2:05 : CNN qui se veut prudent prédit pourtant :
    Massachussetts, illinois, connecticut, maine, new jersey, delaware, DC(Washington) & maryland projetés pour Obama
    Olkahoma & Tennessee pour McCain
    Des états qui étaient considérés comme acquis pour chacun d’eux.
    77 Gds electeurs pour Obama, 34 pour McCain selon CNN. MSNBC donne un 103/34 (quelques états de la côte est pour Obama, des confirmations, aucun swing state), FoxNews entre les deux, à 81/39 Obama/McCain

    2:00 - 16 électeurs pour McCain, 3 pour Obama pour l’instant. Rien de surprenant so far, les seuls états « appelés » sont ceux qui étaient déjà considérés comme sûrs : kentucky, west virginia et caroline du sud pour mc cain, et vermont pour obama
    L’indiana est un des premiers états clés qui pourraient basculer, toutes les chaines pour l’instant se gardent bien de l’appeler, en attendant les premières estimations des grandes agglomérations.

    1:00 - Franchement, on se fait un peu chier, normal, ils disaient depuis le départ qu’il n’y aurait aucun résultat tangible avant 3h du matin … oui mais non, CNN vient d’attribuer les deux premiers états, le kentucky (R) et le vermont (D), même FoxNews la propagandiste confirme … verdict temporaire : McCain 8 - Obama 3

    Minuit. Les premiers bureaux de vote ferment. CNN à la télé, MSNBC sur le web. Je me suis promis de ne pas quitter l’antenne avant le discours de (victoire de) Barack Obama … en espérant ne pas à avoir attendre un mois :-p

    J’ai fait mes provision de café, wisky. J’ai un sac complet de mini carambars, plein de Häagen-Dazs au dulce de leche (arrrgghhh), une cartouche de clope complète.

    Paré. Ready.

  • Vos commentaires

    4 novembre 2008

  • [blog] 6,54% de (mal)chances …

    McCain doit absolument gagner certains états. Dans chacun des 624 scénarii (sur les 10.000 envisagés) où la simulation l’a donné vainqueur cet après midi, McCain gagnait la Floride, Georgie, Missouri, Indiana et le Montana.

    Il a également remporté l’Ohio dans 621 des 624 scenarii, et la Caroline du Nord dans 622 sur 624.

    Si McCain ne réussit pas à emporter n’importe lequel de ces états, on peut dire que les carottes sont cuites pour lui.

    fivethirtyeight.com : What a McCain win look like

    Je commence enfin à comprendre pourquoi on continue à parler d’une possible victoire de McCain ce soir, malgré l’ensemble des sondages favorables à Obama.

    En gros, il suffirait que 3 états changent de main par rapport au prédictions (que les démocrates perdent la Pennsylvanie mais remportent le Colorado et la Virginie par exemple) pour qu’ils ne puissent pas dépasser la barre des 268 grands électeurs, soit 2 de moins que la majorité …

    Même si d’après fivethiertyeight.com, c’est le scénario le plus improbable (0,4% de chance), c’est celui qui fait le plus peur aux démocrates.

    Almost done …

  • Vos commentaires

    • Le 04/11/08, garoo En réponse à : 6,54% de (mal)chances …

      Oh ben oui, parce que c’est connu que les sondeurs et les analystes changent de boulot quand ils se sont trompés :)

      Et s’il y a bien une élection où les sondages ne veulent rien dire, c’est celle-ci : les instituts de sondage ont fixé au jugé un coefficient prenant en compte les électeurs qui disent qu’ils vont voter pour Obama mais ne le pensent pas vraiment ou vont se dégonfler au dernier moment, et il n’y avait aucune façon de savoir avant le dépouillage s’ils ont sur- ou sous-estimé l’importance du racisme.

      répondre ︎⏎

    • Le 04/11/08, Ydikoi En réponse à : 6,54% de (mal)chances …

      Comme le disait l’un des grands éditorialistes US, si vraiment Obama n’était pas élu, alors tout tout plein de monde (sondeurs, analystes, …) n’auraient plus qu’à chercher du boulot, pour s’être tellement trompé, tellement longtemps …

      Plus que quelques heures pour savoir s’ils auront osé, ou pas :)

      répondre ︎⏎

    • Le 04/11/08, garoo En réponse à : 6,54% de (mal)chances …

      Après avoir écouté le This American Life de la semaine dernière je me demande si on ne se fait pas des illusions de croire que les Etats-Unis puissent élire un président noir.

      répondre ︎⏎

    3 novembre 2008

  • [blog] Homer & moi

    BookHD, Fast&Furious & minIphone

    Depuis que Fast&Furious fait partie de mon existence, BookHD avait logiquement pris moins d’importance : le confort apporté par un iMac 24« , la puissance, la qualité de l’écran … BookHD restait néanmoins indispensable pour les déplacements en clientèle, ou les réunions diverses. Mais sa taille (un 15 »), jusque là un avantage comme ordinateur principal, n’avait plus la même importance, voire devenait gênante, puisqu’il a du mal à rentrer dans les valises de Titine.

    Du coup, je lorgnais depuis un moment vers un macbook d’occasion, parfait pour un usage occasionnel et un transport facile.

    MacDV & Fast&Furious

    Il y a 15 jours, Mme Marge & Mr Homer m’avaient invités à passer le week-end « au soleil » (humpf … publicité trompeuse, je dis) et Mr Homer m’a proposé de me faire profiter des excellentes relations qu’il entretient avec son revendeur local : en échange de BookHD, je devais pouvoir avoir un macbook nouvelle génération pour quelques quignons de pain … j’ai dit banco merci !

    De retour « au soleil » ces derniers jours (publicité trompeuse, je confirme !), il m’a emmené prendre livraison de la bête … impressionnante : a boite, à peine plus épaisse que l’ordinateur lui même ; fermé, le mac est magnifique avec ses oins arrondis et son fond légèrement incurvé. Il est effectivement rapide, l’écran brillant n’est pas gênant finalement, bref, une beauté.

    Accessoirement, il est vraiment disponible à peine ouvert, en sortie de veille ; et il a tenu une journée entière ( de 9h à 17h) en réunion, en prise de note et consultation de documents.

    Bref, un bon achat qui m’aura coûté le prix d’un très très vieux mac d’occasion, marchi m’sieur Homer :)

    (PS : et les photos du week-end au soleil, prises de nuit pour éviter qu’on voit trop le ciel gris ;-) mais c’est une belle ville, et les habitants savent recevoir ! )


    PS : Et ci-dessous, tous les ordinateurs que j’aie jamais eu, depuis 1985 ...

  • Portfolio

    mac 128 ( 1985) powerbook 145b (1991) Performa 6320 (1996) iMac 1e génération (1998) iMac DV (2000) Powerbook 12" (2003) Powerbook 15" (2006) iMac 2008 MacBook 2008

    30 octobre 2008

  • [blog] Time for a change

    Dans cette chaîne d’hôtel, des magazines sont gracieusement mis à disposition de la clientèle, à l’entrée du restaurant, pour “consultation sur place“, sur un présentoir à quatre étages. Quatre étages de Femme Actuelle ou Au féminin, humpf, très peu pour moi. Fouillant un peu, je finis par tomber sur le seul exemplaire différent, un vieux numéro de Challenges, qui date de fin août. L’occasion de s’amuser un peu, prendre un peu de recul pour vérifier ce qu’ils pouvaient dire il y a deux mois :

    Premières pages, l’édito du rédac’chef, un certain Vincent Beaufils qui affirme, experts à l’appui : “le volet financier de la crise est derrière nous”. Ah. Aaaaah. Vraiment ? Hmmmmm, vraiment.

    Et la suite, magnifique : “cette tourmente […] a bien été canalisée : les banques centrales ont joué leur rôle pour contrarier le risque systémique”. Méouibiensûrcéslâââââââââ …

    A lire mes petites considérations purement personnelles, écrites à un moment où le CAC 40 était (encore) à 4.000 points (3400 ce soir …), je me dis que je devrais avoir un avenir pour comprendre “ce que dit l’économie cette semaine”, devise de Challenges ! Dans ces temps de changement, je leur enverrai probablement un curriculum, je ne déteste pas écrire, et suis visiblement plutôt chanceux pour tirer à pile ou face et “faire parler l’économie”.

    Ce soir également, je tombe sur un article autrement plus convaincant, mais c’est normal, de The Economist, journal sérieux, voire austère s’il en est, qui présente l’analyse la plus pertinente que j’ai pu lire jusqu’ici sur la campagne américaine, en voici quelques extraits :

    At the beginning of this election year, there were strong arguments against putting another Republican in the White House. A spell in opposition seemed apt punishment for the incompetence, cronyism and extremism of the Bush presidency. Conservative America also needs to recover its vim. Somehow Ronald Reagan’s party of western individualism and limited government has ended up not just increasing the size of the state but turning it into a tool of southern-fried moralism.

    The selection of Mr McCain as the Republicans’ candidate was a powerful reason to reconsider. Mr McCain has his faults : he is an instinctive politician, quick to judge and with a sharp temper. And his age has long been a concern (how many global companies in distress would bring in a new 72-year-old boss ?). Yet he has bravely taken unpopular positions—for free trade, immigration reform, the surge in Iraq, tackling climate change and campaign-finance reform. A western Republican in the Reagan mould, he has a long record of working with both Democrats and America’s allies.

    That, however, was Senator McCain ; the Candidate McCain of the past six months has too often seemed the victim of political sorcery, his good features magically inverted, his bad ones exaggerated. The fiscal conservative who once tackled Mr Bush over his unaffordable tax cuts now proposes not just to keep the cuts, but to deepen them. The man who denounced the religious right as “agents of intolerance” now embraces theocratic culture warriors. The campaigner against ethanol subsidies (who had a better record on global warming than most Democrats) came out in favour of a petrol-tax holiday. It has not all disappeared : his support for free trade has never wavered. Yet rather than heading towards the centre after he won the nomination, Mr McCain moved to the right.

    […]

    There is no getting around the fact that Mr Obama’s résumé is thin for the world’s biggest job. But the exceptionally assured way in which he has run his campaign is a considerable comfort. It is not just that he has more than held his own against Mr McCain in the debates. A man who started with no money and few supporters has out-thought, out-organised and outfought the two mightiest machines in American politics—the Clintons and the conservative right.

    Political fire, far from rattling Mr Obama, seems to bring out the best in him : the furore about his (admittedly ghastly) preacher prompted one of the most thoughtful speeches of the campaign. On the financial crisis his performance has been as assured as Mr McCain’s has been febrile. He seems a quick learner and has built up an impressive team of advisers, drawing in seasoned hands like Paul Volcker, Robert Rubin and Larry Summers. Of course, Mr Obama will make mistakes ; but this is a man who listens, learns and manages well.

    He has earned it
    So Mr Obama in that respect is a gamble. But the same goes for Mr McCain on at least as many counts, not least the possibility of President Palin. And this cannot be another election where the choice is based merely on fear. In terms of painting a brighter future for America and the world, Mr Obama has produced the more compelling and detailed portrait. He has campaigned with more style, intelligence and discipline than his opponent. Whether he can fulfil his immense potential remains to be seen. But Mr Obama deserves the presidency.

    The Economist : it’s time

    Je veux continuer à croire qu’Obama peut être gagnant, malgré le facteur racial (quoi qu’en dise Guillaume ;-) ), malgré ce baroud d’honneur des républicains qui portent le fer sur la question des armes à feu (pourquoi si tard ?).
    Parce que “ça ne peut être une nouvelle élection où le choix est basé sur la seule peur. Et sur la description d’un meilleur futur pour les Etats Unis et le monde, Barack Obama a dépeint le portrait le plus attirant et le plus détaillé. Il a fait une campagne plus stylée, intelligente et structurée que son opposant. Bien sûr, sa capacité à mettre en œuvre son potentiel immense reste à démontrer. Mais Barack Obama mérite cette présidence
    Parce que, dans cette grisaille automnale, c’est le seul rayon de soleil que je vois à l’horizon, et j’entends bien en profiter, juste pour le plaisir des yeux.

    A l’heure où CNN vient encore de relever son estimation de composition du Collège électoral de 274 à 293 grands électeurs pour Obama, je m’accroche à cet espoir de voir le premier président américain issu d’une minorité raciale.

    Je serai devant CNN le 4 novembre au soir. La porte est ouverte :)

  • 24 octobre 2008

  • [blog] Hope he’s right …

    Ca ne devrait être qu’un item de plus d’Ylanotékoi. Mais la conclusion de cet article de Time réveille en moi les espoirs d’une amérique qui nous surprendrait tous en élisant son premier président noir :

    His has been a remarkable campaign, as smoothly run as any I’ve seen in nine presidential cycles. Even more remarkable, Obama has made race — that perennial, gaping American wound — an afterthought. He has done this by introducing a quality to American politics that we haven’t seen in quite some time : maturity. He is undoubtedly as ego-driven as everyone else seeking the highest office — perhaps more so, given his race, his name and his lack of experience. But he has not been childishly egomaniacal, in contrast to our recent baby-boomer Presidents — or petulant, in contrast to his opponent. He does not seem needy. He seems a grown-up, in a nation that badly needs some adult supervision.
    Time Magazine : Why Barack Obama Is Winning

    L’ensemble de l’article est à garder sous le coude, bien sûr, selon les résultats de l’élection. Mais au delà, c’est un véritable « insight reporting », comme on en entend rarement, un rare moment de remise en perspective dans un moment, une époque où les pratiques sont plus centrées sur l’instant.

    Une chose est sûre : le choc de l’élection de cet homme marquerait un tournant historique, au delà des états unis ; d’autant plus qu’il survient à un moment crucial, celui de la banqueroute de la théorie neo-libérale, et, probablement, l’avènement des temps de l’économie sociale.

  • 13 octobre 2008

  • [blog] Tout le monde ne dit pas « I love you »

    Il y a quelques mois, alors que je dînais chez lui, mon frère immédiatement aîné, TuDikoi, m’invitait à passer quelques moments seuls à seuls, loin de sa femme et de ses enfants. Il a mis du temps à trouver ses mots, hésitant, soudain pris d’une émotion inhabituelle chez lui, bien loin de l’apparent contrôle de soi auquel il nous avait habitué.

    Assez rapidement, il était en pleurs, mon frère !, pour cette première vraie discussion de toute notre vie. Il m’annonçait officiellement ce qui était un secret de polichinelle depuis longtemps, les difficultés qu’il connaissait dans son couple après quinze ans de mariage, et quatre enfants. Quinze ans pendant lesquels il n’a jamais su parler à, avec sa femme. Quinze ans à ne pas communiquer, ne pas se comprendre, vivre deux vies au lieu d’une. Séparation de fait, divorce imminent.

    Nous en parlions récemment avec ElleDikoi, ma grande sœur chérie. En colère contre TuDikoi et sa femme, qui ont laissé filer toutes leurs chances, sans penser un instant aux conséquences, sans penser à leurs enfants, elle avait du mal à comprendre comment une telle absence de communication pouvait exister dans notre famille.

    Et puis nous avons parlé de LuiDikoi, notre frère aîné, aussi secret lui aussi dans les difficultés de la vie qu’il rencontre, lui qui ne dit jamais rien sur ce qu’il pense, craint, souhaite, regrette, ses joies, ses peines.

    J’ai constaté ma propre incapacité, sans pour autant donner les motifs, encore inexplicables, ce n’était de toute façon ni le moment, ni le sujet.

    Le constat se dessinait, à elle comme à moi, de façon accablante : sur bien des critères, PapaDikoi et MamanDikoi peuvent être fiers : ils nous ont “bien élevé”, têtes plutôt bien faite, honnêtes, polis, fidèles, ouverts, généreux aussi, certainement.

    Mais cette générosité, il faut bien le reconnaître, pour nous les garçons, n’est que superficielle. Nous savons accorder notre temps, donner de notre argent, mais notre cœur est difficilement prenable. Nos émotions nous appartiennent, nous ne savons pas les partager, même si nous le voulons.
    Je ne crois pas avoir jamais dit “je vous aime” à mes parents, ni n’avoir eu de conversation profonde avec eux, sauf avec PapaDikoi, une fois. Deux heures, dans ma vie, dans sa vie.
    La première fois que j’ai voulu dire “je t’aime” à un garçon, j’ai mis une soirée entière avant d’y arriver, et je n’ai pu le faire qu’en le formulant en anglais, en espagnol, puis, doucement, douloureusement, en français.

    ElleDikoi et moi en avons convenu, comment faire autrement ? Nos parents ne nous ont pas appris à parler, ils étaient convaincus qu’un homme ne se construisait pas à coups de sentiments, certainement pour eux plus une faiblesse plus qu’une force, pire encore, une inconvenance.
    Pour parodier Brel :

    Faut vous dire, Monsieur,
    Que chez ces gens là,
    On n’parle pas, Monsieur,
    On n’parle pas, c’est impudique

    Aujourd’hui, ils ne peuvent que s’en rendre compte : le premier ne leur parle que de sujets ciblés, la tension est toujours vive entre eux et sa famille ; le deuxième ne leur parle plus de sa famille, alors qu’ils n’ignorent pas ses difficultés ; quant au troisième, ils ne savent presque rien de lui.

    Je leur souhaite pourtant d’être aveugle à cette conclusion, de constater les faits sans arriver à les relier. Car c’est un cruel constat d’échec, arrivé au crépuscule de leur vie. Et je n’ose imaginer, ni ne leur souhaite, la douleur qu’ils pourraient ressentir face à ce gâchis. L’échec d’une vie, sur l’aspect le plus important de notre humanité. Terrible.

  • Vos commentaires

    • Le 31/05/10, Al West En réponse à : Tout le monde ne dit pas « I love you »

      Je ne crois pas avoir jamais dit “je vous aime” à mes parents

      D’ou l’importance de les aimer et de le leur dire pendant qu’ils sont vivants... (c’est ce que j’ai fait avec Peupa, et même s’il est mort le lendemain (j’espère que ce n’est pas à cause de cela), j’en suis aujourd’hui encore heureux (et fier)).

      Amicalement.

      Al West

      répondre ︎⏎

    10 octobre 2008

  • [blog] Moto Grand Prix

    On se plaint souvent de ne pas voir de moto dans les médias « traditionnels ». Alors quand l’un d’entre eux s’y penche, et que c’est le prestigieux Boston Globe et sa classique et déjà prestigieuse revue de photos, il ne faut pas se priver.

    Allez hop, clic clic : The 2008 Australian motorcycle Grand Prix

  • 7 octobre 2008

  • [blog] Petites considérations purement personnelles et anecdotiques sur les événements actuels

    • Au delà d’une crise de confiance, c’est une crise de bon sens.
      Mais ça fait un moment que le bon sens n’a plus court en économie.
    • Aucun gouvernement ne peut prendre le risque politique de laisser couler une banque, l’épisode Lehman Brothers l’a montré.
      Les journalistes et les analystes qui laissent planer le doute sont irresponsables. Paieront-ils, eux aussi ?
    • Si effectivement, la charte du Medef sur les parachutes dorés est indexée sur le cours de bourse des entreprises (entendu sur France 2 hier), c’est d’une incalculable connerie, puisque c’est justement le culte du cours de bourse qui a amené ces pratiques, et cette crise in fine.
    • La crise boursière n’a pas atteint son paroxysme
    • Rien ne laisse présager un retour du bon sens ou de la confiance, aucun événement prévisible qui pourrait inverser la tendance défaitiste.
    • Il va y avoir de moins en moins d’acheteurs d’immobilier (manque de liquidités), et de plus en plus de vendeurs, pour les mêmes raisons. Ce qui entraînera mécaniquement une baisse de la bourse.
    • Les investisseurs - privés ou institutionnels - n’ont pas encore commencé à se défaire de leurs portefeuilles dans l’urgence … à peine parle-t-on de Dexia qui vendrait à tout prix son portefeuille pour assurer des liquidités.
    • on continuera à voir beaucoup de mouvements en yoyo des bourses, jusqu’à ce que le manque de liquidités se fasse vraiment sentir, et que les investisseurs privés / institutionnels se défaussent massivement.
    • L’Europe jusqu’ici fait preuve de son inefficacité et d’une cacophonie déplacée.
      C’est justement l’instant où elle pourrait mettre en place une réelle politique commune que chacun agit dans son coin.
      Elle pourrait s’en retrouver moribonde ou alors - toujours être optimiste - finalement se retrouver sur les rails d’une véritable union politique.
    • En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme perdait son ennemi historique, qui le contenait plus ou moins dans une pratique raisonnable.
      2008 devrait marquer la fin de la financiarisation systématique de l’économie … si on est optimiste.
  • 6 octobre 2008

  • [blog] Le précieux

    Le hammam de la Grande Mosquée de Paris est réputé pour sa décoration. J’ai un vague souvenir d’y être allé il y a de nombreuses années. Ce qui est sûr, c’est qu’il est aujourd’hui vendu comme un des meilleurs spas de la capitale. Luxe, calme et volupté, tout ça très chic forcément.

    Mais il existe aussi d’autres hammams à Paris, qui ne figurent pas sur les guides touristiques, ou en tout cas pas ceux pour le grand public. Ils ne sont pas dans la catégories « spas » ou « luxe », et s’ils ont pour but d’apporter une certaine volupté (hum |-)), ils n’ont pas grand chose à voir avec la mosquée de Paris. Autant dire que l’ambiance dans ce genre d’endroit tient plus du « load, aim and shoot » que du salon de thé.

    Bon, ça va, vous avez compris ou il faut que je continue ? hmmmm ? On va dire que c’est bon, ceux qui ont compris peuvent cliquer sur le lien, les autres, les effarouchés … euh … comment dire, allez plutôt regarder ça ?

    Pour les voyeurs(ses), donc :)

    Le hammam est la plupart du temps fréquenté par le boy next door, mais il arrive parfois que de véritables bombes sexuelles s’y retrouvent … et c’est l’émeute, bien sûr. Cet après midi, c’était le cas de deux garçons, presque frères jumeaux tellement ils se ressemblaient, l’un blond, l’autre brun, tous deux les cheveux bouclés, le corps finement sculpté, ils auraient pu être surfeurs s’ils étaient un peu plus étoffés. Des bombes sexuelles, je vous dis :-O.

    Bref, ces deux garçons, catégorie fantasme sur patte, faisaient des exercices de socialisation assez … physiquement intenses, concentrés. De l’autre côté du hammam, j’avais entrepris de faire moi même connaissance avec un charmant garçon, quand un autre - jaloux ? voyeur ? intrigué ? s’assis à côté de moi, se contentant de nous regarder.

    Partant du principe « plus on est de fous … », je lui fis mon plus beau sourire pour l’inviter à se joindre à nous, sans arriver à le dérider. J’essayai une invitation plus galante adaptée à l’esprit du lieu, sans plus de succès, puisqu’il me répondit “mais comme vous y allez, quel langage direct !” et quelques instants plus tard : “cela dit, vous m’êtes tout à fait agréable”.

    Ah, forcément, tout de suite, ça change. D’un seul coup, on passe de l’antre de la bête à un XIXe siècle maupassien, des quartiers populaires au cœur du XVIe arrondissement, subitement, la socialisation devient plus classe, tout de suite plus … glam’s.

    Pas de morale à cette histoire, ni de chute - vous ne vous attendiez quand même pas à un documentaire ?. On dira simplement que la surprise est vite passée, y’avait d’autres chats à fouetter |-), mais c’en est encore drôle a posteriori !

blog | photo | web | Depuis le début | Suivre la vie du site RSS 2.0 | made with SPIP depuis 2003