18 mai 2009

  • [blog] Corse, étape 3 : l’arsouille

    Après Aullène (voir l’étape 2), c’est à Corte que nous sommes basés pour trois jours. Et c’est en terrasse, sous la statue de Pascal Paoli, dans une ambiance franchement jeune (Corte est la ville universitaire corse) et plus chaude qu’Aullène, que nous retrouvons deux collègues de boulot d’un membre du club. Forcément, entre motards, on parle moto.

    La mauvaise foi grimpe doucement, et comme à ce jeu là je ne suis jamais le dernier, me voilà à taquiner ce jeune blanc bec barbu sur son assertion d’avoir la meilleure moto pour les pif-paf corses (et, forcément, le meilleur conducteur dessus). Logiquement, nous terminons donc avec bravache, à décider que la balade du lendemain les intégrera, pour leur dernier jour sur l’île, afin de voir d’un peu plus près celui qui a la plus grosse.

    Mais l’épisode tournera court. Entre la circulation assez dense somme toute sur cette grande nationale (N197) aux courbes impeccables et revêtement parfait ; les traine-couillons qui refusent de se faire doubler, voyant leur équation imaginaire (« j’ai une moto de circuit donc je roule vite et bien ») s’effondrer ; et la timidité du blanc-bec et de son compagnon, qui n’osent pas doubler les précités ; il n’y aura eu que quelques virages dans lesquels ils auront (un peu) mis la pression, suivis d’assez près par ma teutone endiablée (ESA mode "sport", suspensions contraintes au maximum, technique) et la Kawa Z1000 de notre adhérent, Cruchot motocycliste de son métier, et donc forcément à l’aise. Ils nous quitteront donc à la pause matinale, à St Florent, préférant vivre leur vie, reconnaissant à demi-mots leur surprise d’avoir été suivis de cette manière. Quant à moi, je touche là le début de mes limites, assez conscient que s’ils avaient ouvert un peu plus, j’aurais été totalement incapable de suivre le rythme.

    Cette demi-matinée nous aura en tout cas laissé un léger goût de « pas assez ». Aussi, nous décidons au retour, de profiter de la route de Bastia à Corte. L’Hayabusa, Cruchot et moi décidons donc de profiter d’une route sans intersections pour laisser le groupe rapide à son rythme, et nous faire une petite arsouille.

    La technique d’Hayabusa est simple : il attaque le virage de là où il est (hum …), se replace dans le virage d’un bon coup de frein (re-hum …), et lâche les canassons en sortie. De quoi assurer que quiconque (et donc moi), avec une technique plus ou moins proprette, lui colle au train dans le virage, avant de se faire distancer à la sortie … jusqu’au virage suivant.

    Mais rapidement, je m’enhardis à monter Titine dans les tours en sortie de virage, Hayabusa sent plus qu’il ne voit le museau de ma baleine lui coller aux basques dès l’entrée de virage, que je suis obligé de donner un peu de frein arrière pour ne pas lui faire l’exter (c’est que j’ai pas l’habitude, moâ) … bref, la pression monte méchamment, la concentration est au maximum, je ne cherche même plus Cruchot dans mon rétro, je sais de toute façon qu’il me colle aux basques, j’ai arrêté de me demander pourquoi, avec sa technique et son expérience, il persiste à faire le serre-file.

    C’est dans les pif-paf que la pression est la plus forte, forcément : avec sa technique de merde, l’haya est sur une trajectoire bizarroïde en sortie du premier virage, et force donc pour se placer a minima dans celui qui arrive, alors que Titine, avec ce qu’on m’a appris, est déjà placée à la sortie pour l’entrée du suivant.

    Et ce qui devait arriver, donc, arriva : sortie de virage (à droite) mal embouchée, arrivée sur le virage suivant (à gauche) déjà à l’intérieur, aucune visibilité dans le virage, aucune marge pour tourner sans empiéter sur la voie opposée … Hayabusa plante les freins, méchant.
    Je suis dans sa roue, mais décalé d’un bon mètre cinquante sur sa droite, à l’extérieur du virage, le regard vers sa sortie, et j’ai donc en vue l’arrière de l’Hayabusa. Je le sens planter les freins, plus que je ne le vois, je ne vois tout d’un coup que son pot d’échappement, je suis fixé dessus, j’imagine le tout-droit, et je plante moi aussi les freins, comme je ne l’ai jamais fait. Je ne garde de ces quelques dixièmes de secondes que le bout de son échappement, puis le bord du bitume, et ma roue avant qui s’arrête juste là, sur le premier centimètre après le bitume, sur l’accotement. Encore crispé sur les freins, je ne dois même pas penser à poser le pied, je couche la moto, doucement.
    Et Cruchot est déjà là (mais comment il a fait pour (1)nous éviter, (2)s’arrêter (3)béquiller (4)courir vers moi en si peu de temps ?

    Il m’aide à relever Titine, tout va bien, la moto n’a rien, même pas une éraflure, il me dit que si je n’avais pas suivi la moto du regard, mais la route, je passais, largement. Que la pression était forte, très forte, sur Hayabusa. On respire 5 min, et on repart, Cruchot en tête, moi derrière, suivi par Hayabusa.
    On enchaîne encore quelques kilomètres de virage, pour terminer la route. Cruchot maintient un joli rythme, je le suis sans trop d’effort, Haya est largué d’une bonne cinquantaine de mètres. Nous nous arrêtons finalement au carrefour, pour attendre le reste du groupe. Fin de l’épisode.

    Ma conclusion du jour :

    • le regard ! Ce putain de regard, qu’on ne commande pas, qu’on doit forcer par l’habitude à rester scotché à la route ! Cruchot me le confirmera plusieurs fois, je pouvais éviter le tout droit ... si je n’avais pas été scotché à son pot !
    • l’ESA : une tuerie ! Là où Titine tortillait allègrement du cul dans les pif-pafs, dès que l’allure se faisait confortable, un coup de pression sur le comodo pour la mettre en mode sport, et elle devient rigide comme une poutrelle d’acier. Sans l’ESA, c’est clair, je n’aurais pu mettre autant la pression, je me serais senti en insécurité bien avant.
      François me l’assènera lors du stage AFDM plus tard, c’est bien là qu’est le problème : la 1200 RT peut essayer de se faire passer pour une sportive avec ce mode « sport », ce n’en est pas une. Et elle filtre tellement qu’on en atteint vite - sans s’en rendre compte - les limites, de la machine, du conducteur. Attention danger.
    • et une dernière chose : le cerveau se protège. De « l’incident », il ne me reste que deux souvenirs : celui du pot d’échappement de l’Haya, que je vois encore grossir ; et celui de Cruchot m’aidant à relever titine (maintenant que j’y pense … comment ça se fait qu’elle était au point mort ?). Rien du ravin qui était à moins de 2m de la route, et donc de ma roue).
      et si j’ai voulu repartir tout de suite, c’est que je savais que, comme à cheval, il ne faut jamais rester sur une chute.

    Pour une première arsouille (en 7 ans de moto), c’était une première. Pas la dernière sûrement (j’espère), mais il est évident que je devrai modifier deux/trois paramètres …

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    • Le 19/05/09, François En réponse à : Corse, étape 3 : l’arsouille

      pour faire une belle sortie de virage, il faut...... la regarder !!!
      je sais, c’est pas facile, mais Cruchot a raison, ça passait, c’était beau
      J’oubliais, tes limites sont largement en dessous de celles de la teutonne, c’est bien là le problème, tu n’as pas vu le panneau « trop tard », mais bon, c’était pas ton jour, tant mieux
      et n’oublie pas de relire les commentaires du collège des animateurs, ça t’éviteras peut être d’autres frayeurs, faire de l’huile, ça peut être sympa, mais pas sur la selle ;-)

      répondre ︎⏎

    14 mai 2009

  • [blog] Corse, étape 2 : mise en bouche

    La traversée depuis Toulon passe plutôt vite, malgré les efforts constants des employés de Corsica Ferries pour rendre le voyage désagréable.

    Au départ, dans le bordel le plus total, motos et voitures embarquant ensemble, ils commencent par "oublier" de sangler près de la moitié des motos présentes (une trentaine, dont les 14 du club), nous devons donc l’assurer nous même.

    Au bar ensuite, comme au restaurant, on se fait japper dessus (il n’y a pas d’autres mots) pour, au choix, passer à la caisse avant de commander ; ne plus demander un peu de moutarde avec le sandwich (« si tous les clients étaient comme vous, on en sortirait pas ! »), tout cela dans un français exécrable dû sans doute à la politique d’embauche privilégiant visiblement la capacité de travail au sens du relationnel. Mais il est vrai que face au grèves à répétition de la SNCM, il ne faut pas être exigeant, sans doute …

    Mais enfin … les Sanguinaires sont en vue, et donc l’entrée de la rade d’Ajaccio. Assez vite, dans le même bordel qu’à l’aller, voitures et moto sont déchargées, les deux groupes se séparent, même destination de Filitosa, mais rythme différent. L’occasion de vérifier que tous ceux qui ont postulé pour le groupe rapide plus énergique ne vont pas se mettre au tas dès le premier virage.

    Et le verdict est assez vite sans appel. Même si nous n’allons pas très vite, juste une allure raisonnablement soutenue, même si personne ne se met en situation d’être au tas, on voit tout de suite ceux qui n’ont pas de formation particulière, qui jouent à l’excès des freins (pour se repositionner dans les virages) et de l’accélérateur, parfois avec des positionnements limites, voire très limites.

    Quant à moi, je prends un malin plaisir, calé sur la troisième, à aborder les pif-paf à allure régulière, coller au cul de l’hayabusa ou du cbr qui me précède, pour le laisser filer dans la ligne droite, sans toucher aux gaz, et lui recoller au cul au virage suivant … c’est mesquin, c’est petit, mais c’est jouissif :-D

    J’ai fait mon premier stage AFDM il y a près de cinq ans maintenant, mais c’est finalement la première fois que j’ai l’occasion de rouler (vraiment rouler) en groupe, et donc comparer la technique issue du stage à d’autres. Et le vrai plaisir est que, en plus d’être bonne pour l’ego, elle m’a donné un sentiment de sécurité réel, n’ayant jamais été pris par surprise (sauf une fois, mais j’en reparlerai), là où d’autres ont parfois frôlé des rétroviseurs d’un peu trop près certaines fois.

    Finalement, nous arrivons à Aullène, petit village perdu dans le centre sud de la Corse, à 800 mètres d’altitude. Pays frais, mais faut-il le rappeler, superbe ! et, c’est plus étonnant pour moi, accueillant : Jeannot, le grand père, qui fait l’article de son pays sans fin, sa fille, discrète, qui gère l’hôtel, et Gillou, le petit fils, regard charmeur mais pour qui « la tradition se perd, les femmes ne sont plus aussi soumises qu’avant ».

    Aullène, son hôtel détenu depuis 6 générations par la même famille, ses cochons, ses routes, sa vue … 3 jours d’arrêt.

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    13 mai 2009

  • [blog] Corse, étape 1

    Itinéraire Grenoble -> Toulon

    Parce qu’il faut bien que tout commence un jour, c’est du côté de Grenoble que j’ai fait la mise en bouche, aidé par un local de l’étape, qui m’avait préparé (trituré ?) ce petit trajet pas piqué des hannetons.

    J’avoue, j’ai été frustré. D’abord par le manque de motos roulant dans le même sens, ce qui aurait donné un peu de piquant à cette petite balade. Mais surtout de l’arrivée sur Grenoble, avec la vue sur les cols enneigés, ça m’a fait (presque) du mal d’arriver par autoroute.

    Mais sinon … quel pied ! Les routes sont magnifiques, roulantes, le bitume est excellent, et toujours cette délicieuse sensation de prendre un pied d’enfer, à chaque virage, en faisant la nique à la sécurité routière puisque, oui, c’est possible de s’amuser en moto sans dépasser (de trop) les limitations de vitesse (merci qui ?). Vraiment, pour 6h30 de route (à peine plus long que l’autoroute, donc :-p), c’est un must-do.

    Arrivée donc le soir à Toulon, découverte des petits camarades, que je ne connais pas pour certains, tout le monde a l’air plutôt sympa (ouf …), et nuit sur place. Bateau aux aurores, il fait beau, il fait (presque) chaud, c’est déjà les ouacances, youpiii.

    Toulon est une ville moche (pardon les Toulonnais, mais … ), il n’y a peut être que la rade militaire qui vaille le coup. Tiens d’ailleurs, un gros truc à peine caché là au fond, on dirait bien le Charles de Gaulle, en cale sèche. Je ne sais pas pourquoi, j’aurais pensé qu’il était plus à l’abri des regards que ça, même pendant ses réparations.

    On part, tout le monde au bastingage. La sortie de la rade est compliquée, je ne m’en souvenais pas. On est parti. Plus que 6h avant les sanguinaires, Ajaccio, et la route.

  • 11 mai 2009

  • [blog] Vous voudrez bien m’excuser …

    Mais il faut que je récupère, un peu. Quand même.

    Dix jours sur l’île de Beauté, c’est d’abord :

    • du bleu et du beau plein les mirettes
    • une kitty qui ne me lâche plus
    • des routes d’enfer (et parfois littéralement)
    • de l’arsouille, de l’arsouille (ben quoi, on est pas des lopettes)
    • près de 500 feeds à trier, laver, sécher, sélectionner pour lire plus tard
    • 300 mails (seulement ?)
    • une centaine de photos (seulement !)

    Bref, j’ai juste besoin d’un peu de temps pour mettre ça en ordre … je reviens !

  • 30 avril 2009

  • [blog] En mai, fais ce qu’il te plaît

    Départ demain pour dix jour de balade moto autour de la Corse, avec le club. Eux descendront par l’autoroute, certains même ont pris l’option train+moto (beuark !!), moi je veux en profiter à fond.

    La sortie de Paris se fera par l’autoroute, pour s’extirper en douceur et efficacité de la transhumance du 1er mai.

    Puis, au niveau de Lyon, j’obliquerai légèrement vers l’est, pour passer Grenoble et emprunter un itinéraire concocté aux petits oignons par un ami du cru, qui me fera passer par la Mure, le Lac du Sautet, Barcilonette, Sisteron, Manosque, Solliès … des noms qui sonnent et chantent, des routes qui tournent, montent et descendent, une petite mise en bouche - une bonne demi-journée quand même- pour ce qui nous attend sur l’Ile de Beauté.

    Vendredi soir à Toulon, et traversée le lendemain matin. Puis une semaine presque complète au pays du fromage qui pue, avec comme bases Aullène, Corte et Porto. Et si vraiment je ne supportais plus le train de sénateur auquel le club nous mène parfois, je sais qu’il se trouvera toujours parmi eux un ou deux qui préfère rouler au plaisir plutôt qu’au compteur de vitesse, pour qui une belle trajectoire dans un enchaînement de virage est un complément parfait à la beauté du paysage.

    Je n’ai jamais vu de routes aussi abrasives qu’en Corse. Lors de mon dernier séjour, avec Titine I, mon pneu arrière avait terminé plus que lisse, passablement dessosé, et je n’avais réussi qu’à grand peine à tenir jusqu’à mon retour à Toulon pour faire monter un nouveau pneu (c’est rare, et très cher sur l’île). J’ai donc changé de train de pneu, un peu à l’avance - et, pour les connaisseurs, monté des Metzeler Z6 en lieu et place des Pilot Road, comme sur Titine I. Et j’ai dû également changer les plaquettes de frein, elles-aussi loin d’être HS, mais quasi certainement incapables de tenir les 4.000 kilomètres.

    D’autant que, rentrant un dimanche soir, je repars le jeudi suivant, avec Fab, pour Nancy suivre mon deuxième stage AFDM, où nous rejoindrons le père Noël Marco et sa Brunhild toute rouge. Tout ce petit monde hébergé par une petite rouquette, qu’est bien sympa sur le coup ;-) Deux jours de formation plutôt intensifs, mais dans une excellente ambiance, avec les bénévoles du mouvement, pour mieux appréhender sa machine, déconstruire les -petites- mauvaises habitudes, et au final, améliorer sa sécurité et son plaisir.

    Evidemment, rien n’est encore prêt, à part mon trajet vers Toulon, et bien sûr l’hébergement de Kitty, que je laisse pour la première fois aussi longtemps …
    J’ai aussi résolu la question de l’appareil photo, avec le choix -forcément impossible- entre le “gros” NikonD200, et le petit Lumix, un compact avec un zoom plus réduit (eq. 24-60) et donc forcément plus exigeant : ce sera le Lumix, pour des questions de places, parce que la qualité des photos est quand même bluffante à ce niveau de compacité, et que ce sera une bonne méthode pour me forcer à mieux choisir mes cadrages.

    Mais qui dit photos, dit forcément stockage … et donc, emporter, ou non, mon portable pour stocker les photos ? Comment le faire tenir, même s’il ne fait que 13", avec tout ce qu’il faut bien prendre pour dix jours, et dans une région où il faut prévoir autant de vêtement pour un temps chaud, que froid - en montagne, spécialement ?

    Comme d’habitude, l’exercice des bagages va être une belle prise de tête. La dernière avant un grand bol d’air frais !

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    • Le 11/05/09, Ydikoi En réponse à : En mai, fais ce qu’il te plaît

      Kitty, elle est allée en pension chez CousinDikoi, avec Téfou le chat et Mao le chien.
      Un peu traumatisée par le chien apparemment, mais copine tout plein avec Téfou, au point de me faire penser qu’elle serait pas mal avec un petit copain (ou petite copine, soyons pas sectaire)
      Et depuis hier soir, elle ne me lâche plus :-))

      répondre ︎⏎

    • Le 01/05/09, France En réponse à : En mai, fais ce qu’il te plaît

      Moi je dis : y en a des qui s’emmerdent pas.
      Mais en même temps, z’ont ben raison !
      Comment t’as fait pour Kitty ?
      Bon voyage et à tout bientôt.

      répondre ︎⏎

    • Le 30/04/09, Ydikoi En réponse à : En mai, fais ce qu’il te plaît

      Oh les pneus … tu auras sûrement constaté déjà qu’il y a sur les forums des discussions sans fins sur le sujet. Après, c’est avant tout une question personnelle, de ressenti, propre à chacun et sa moto.
      Sur la RT, la gomme tendre des PR monte plus vite en chaleur (logique), mais (me) donne un sentiment de flottement, là où le Z6, en toute circonstance, me donne l’impression d’être plus ’scotché’ à la route … 
      Mais je connais plein de RTiste qui ne jurent que par le PR !

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    • Le 30/04/09, Rouge-cerise En réponse à : En mai, fais ce qu’il te plaît

      Ah, moi aussi j’ai des Metzeler Z6. C’est l’ancien proprio qui me l’avait conseillé. Je ne sais pas si c’est bien, vu que j’ai jamais comparé à quoi que ce soit d’autre, mais enfin...

      Beau voyage qui se prépare, en tout cas !

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    28 avril 2009

  • [blog] Solidaires, mais solitaire

    • Papa, est-ce que tu connais la différence entre « solitaire » et « solidaire ? »

    Je lui réponds que oui, nous nous accordons pour être sûr d’avoir les mêmes définitions, et je lui demande pourquoi il me pose cette question

    • Parce que, Papa, je veux bien que Maman et toi vous divorciez, mais à condition que vous restiez solitaires.
    • Tu as du te tromper, PtiDikoi, tu voulais dire solidaire ?
    • Non non Papa, solitaire

    Tu vois, me raconte mon frère, il est quand même marrant, avec ses dix ans à peine : il veut bien qu’on divorce, mais l’important pour lui, c’est qu’on ne se remarie pas.

    C’est la deuxième fois que Tudikoi me surprend, lui qui d’un coup d’un seul, se met à parler, raconter ce qui lui arrive, parler de leur futur, de son futur. Peut être parce qu’il a, enfin, au bout de 18 mois, parlé avec PapaDikoi et MamanDikoi, de leur séparation, de leur probable divorce.

    Nous en avons beaucoup parlé ce soir, de son divorce, de la manière dont il vivait ça, les questions qu’il se posait, mais aussi de nos parents, de notre éducation. Dans les mots, nous ne parlions que de ça, que de lui.

    Mais sa langue a tellement fourché, utilisant « homosexualité » plutôt que « divorce », à chaque fois que nous parlions des interdits inculqués ;
    son regard était tellement direct à chaque fois qu’il m’expliquait la réaction pleine d’amour de nos parents à son endroit ; que c’en était évident :
    nous ne parlions pas de lui, ni de son divorce probable, mais de moi, et de mon homosexualité.

    Et tel que je l’ai compris, il n’attendait pas que je lui dise quelque chose qu’il connaît déjà, mais que je vainque mes réticences à le dire à nos parents.

    Mais ce n’est pas encore le moment d’en parler ouvertement, même si je sens qu’il se rapproche.

  • 24 avril 2009

  • [blog] Blow job

    elle s’est installée à côté de moi, sur la terrasse de ce café. Son compagnon, typé italien le cheveux noir d’encre bouclé, une belle gueule, gâchait ce beau physique par ses yeux, qui bavaient littéralement devant la jeune fille qu’il accompagnait.

    Il parlait beaucoup, peu volubile pourtant pour un italien (comment ça, cliché ?), elle écoutait, et répondait parfois de quelques onomatopées. Discrètement, sa main droite a plongé dans la poche de sa veste et en est ressorti avec son téléphone portable.

    D’une seule main, jetant de temps en temps un regard, pour que l’autre n’ait pas l’impression qu’elle le boudait, elle se mit à taper un texto, ce qui lui pris forcément un bon moment. Un instant, je me suis demandé si c’était à lui, de l’autre côté de la table, qu’elle l’envoyait. Visiblement non, puisqu’elle a reçu la réponse sans que l’italien ne bouge les mains.

    J’ai jeté un coup d’œil sur son téléphone, qu’elle gardait à moitié caché sous la table. L’italien pouvait toujours courir, avec son air libidineux :

    J’ai presque eu envie de le prévenir, qu’il puisse - au moins - en faire un vdm

  • 21 avril 2009

  • [blog] Premier Prix Pinocchio

    Et voici qu’après Alain Juppé, un autre politique, Christian Estrosi, auquel aucun journaliste de presse de niveau national (sauf Jean Michel Apathie, reconnaissons lui cette qualité) ne s’intéresse, rejoint Alain Juppé dans la catégorie « un grand ministère vaut bien un petit mensonge » :

    Je veux aujourd’hui annoncer solennellement que Nice sera demain ma seule priorité (sic).

    Le 10 mars 2008, 2 mois avant d’être candidat à la députation.
    (source : Journal d’un avocat - Prix Busiris pour Christian Estrosi)

    Oui oui je sais, il n’a pas confirmé, dans l’interview sus-citée, l’information du Monde. Mais il ne l’a pas démentie non plus. Et a encore moins rappelé qu’il avait pris un engagement il y a moins de 18 mois.

    Alors, en son honneur, après le Prix Busiris de Maître Eolas, créons le Prix Pinocchio, dont il devient le premier lauréat, ex-æquo avec Alain Juppé.

    Les candidatures sont ouvertes pour la suite, et seront examinées avec le plus grand soin !

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    • répondre ︎⏎

    • Le 22/04/09, Ydikoi En réponse à : Premier Prix Pinocchio

      Marco, tu m’emmerdes :)

      Il y a bien quelques tentatives pour identifier des personnages caractéristiques du mensonge, mais rien de très parlant. Imagine un prix John Arbutnot, qui pourrais dire au premier coup d’œil de quoi il s’agit ?

      Paix à ton âme, Pinocchio, ne m’en veux pas de te détourner ainsi, mais hélas pour toi, ton nez parle pour toi :)

      Quant à Estrosi, je ne lui demande pas de dire un truc intelligent. Juste de respecter sa parole.

      répondre ︎⏎

    • Le 22/04/09, Marco En réponse à : Premier Prix Pinocchio

      Franchement, je trouve très « malveillant » de prendre pour nom de ce prix, celui d’une innocente et sympathique petite marionnette dont les mensonges enfantins sont sans commune mesure avec les énormités de ces pantins. Malheureusement, je ne vois pas d’autre personnage pour incarner le manquement à la parole. Désolé !

      Maintenant, Estrosi dire un truc à peu près intelligent et s’y tenir, c’était un peu comme attendre une apparition de la Vierge : le truc improbable (encore qu’il y ait plus de chances que ça, ça arrive, de mon point de vue). Par contre, l’inverse, c’était couru. Il est tellement con, le pôve ! Donc, un prix facilement gagné et prévisible, tout de même.

      Faut dire qu’il a de qui tenir : son maître est un génie en la matière avec une pointure au-dessus : le populisme.

      répondre ︎⏎

    20 avril 2009

  • [blog] Une famille formidable

    Si vous voulez voir à quoi ressemble une famille formidable, je vous conseille de regarder ce téléfilm biographique :

    Prayers for Bobby (Bobby seul contre tous)

    sur m6replay, accessible gratuitement et librement pour les six jours à venir.

    Remettez-le sur un autre continent, une bonne dizaine d’années en plus, et quelques bigotteries en moins (mais pas tant que ça), le tableau sera parfait, criant de vérité. Ne manque (heureusement dans un sens, malheureusement dans l’autre) que la deuxième partie du film, qui reste à écrire.

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    18 avril 2009

  • [blog] Fous ta cagoule !

    Dans le Grand Barnum du Port’nawak ambiant, l’épisode du jour : fous ta cagoule !

    Puisque face à un fait divers, il faut réagir par une loi, Nôt’Zident Bien Aîmé a décidé de faire interdire les cagoules dans les manifestations. Proposition de loi de Christian Estrosi (mouhahaha) qui sera présentée au parlement courant mai.

    Mais courant mai, c’est beaucoup trop tard pour un pouvoir qui se targue de répondre immédaitement. MAM a présenté hier un décret à Fillon. Un décret qui dit la même chose que la loi en préparation :

    “tout participant à une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifiée, est puni de l’amende […] de 1500€.
    En cas de récidive dans un délai d’un an, l’amende peut être portée à 3000€”

    Et la ministre de préciser qu’elle s’en remettra à la sagacité des forces de l’ordre, sur le terrain, pour déterminer si le but est de délibérément ne pas être identifié.

    On est pas dans la merde :

    • tous les policiers qui surveillent les manifestations cagoulés, pour ne pas être pris en photo et reconnus ensuite, seront-ils expulsés par leurs collègues, ou devra-t-on faire appel à l’IGPN pour faire appliquer la loi ?
    • ou bien alors est-il établi que, les policiers respectant par défaut la loi, ils ne seront plus cagoulés ?

    Et puis, accessoirement, comment feront tous ceux qui verront leur droit à manifester soumis à la  sagacité  des forces de police, parce qu’ils peuvent être accusés - parfois légitimement, et pour de bonnes raisons, de vouloir cacher leur identité :

    les motards

    Photo Ydikoi

    photo ydikoi

    les pompiers

    photo lci

    les carnavaleux

    Photo Lady Elixir

    les participants de gaypride

    photo ydikoi

    génération précaire, dont le but justement est d’être anonymisé

    photo ©génération précaire

    ou encore des cyclistes qui portent un masque anti-pollution

    (et j’allais oublier les sœurs de la perpétuelle indulgence, bien sûr

    photo ydikoi

    Gageons ensuite, et là ça sera beaucoup plus drôle, que les manifestations ne seront plus légales pour les personnes habillées, partant du principe qu’on peut toujours cacher quelque chose dans ses poches.

    Mais il est vrai que s’interroger sur les raisons de la montée de la violence, sur ce ressenti si souvent exprimé de ne plus être entendu, et donc, pour les politiques, faire l’effort d’écouter, et entendre ceux qui les élisent ; cet effort là est peut être au dessus de leurs forces, alors qu’ils savent parfaitement empiler les lois et les interdictions.

    Franchement, un premier mai, tous masqués pour leur montrer que nous, on les a bien entendu, ça aurait de la gueule. Et rien que pour ça, pour une fois, je serais prêt à manifester ce jour là.

  • Vos commentaires

    • Le 01/07/10, Guillaume En réponse à : Fous ta cagoule !

      Et fatal Bazooka !? « Fous ta cagoule... Fous ta cagoule... Ou t’auras les glandes, t’auras les boules... Fous ta cagoule... »

       :)

      Khh... Khhh. KHHH... Content Chocteau !

      répondre ︎⏎

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