21 avril 2009

  • [blog] Premier Prix Pinocchio

    Et voici qu’après Alain Juppé, un autre politique, Christian Estrosi, auquel aucun journaliste de presse de niveau national (sauf Jean Michel Apathie, reconnaissons lui cette qualité) ne s’intéresse, rejoint Alain Juppé dans la catégorie « un grand ministère vaut bien un petit mensonge » :

    Je veux aujourd’hui annoncer solennellement que Nice sera demain ma seule priorité (sic).

    Le 10 mars 2008, 2 mois avant d’être candidat à la députation.
    (source : Journal d’un avocat - Prix Busiris pour Christian Estrosi)

    Oui oui je sais, il n’a pas confirmé, dans l’interview sus-citée, l’information du Monde. Mais il ne l’a pas démentie non plus. Et a encore moins rappelé qu’il avait pris un engagement il y a moins de 18 mois.

    Alors, en son honneur, après le Prix Busiris de Maître Eolas, créons le Prix Pinocchio, dont il devient le premier lauréat, ex-æquo avec Alain Juppé.

    Les candidatures sont ouvertes pour la suite, et seront examinées avec le plus grand soin !

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    • Le 22/04/09, Ydikoi En réponse à : Premier Prix Pinocchio

      Marco, tu m’emmerdes :)

      Il y a bien quelques tentatives pour identifier des personnages caractéristiques du mensonge, mais rien de très parlant. Imagine un prix John Arbutnot, qui pourrais dire au premier coup d’œil de quoi il s’agit ?

      Paix à ton âme, Pinocchio, ne m’en veux pas de te détourner ainsi, mais hélas pour toi, ton nez parle pour toi :)

      Quant à Estrosi, je ne lui demande pas de dire un truc intelligent. Juste de respecter sa parole.

      répondre ︎⏎

    • Le 22/04/09, Marco En réponse à : Premier Prix Pinocchio

      Franchement, je trouve très « malveillant » de prendre pour nom de ce prix, celui d’une innocente et sympathique petite marionnette dont les mensonges enfantins sont sans commune mesure avec les énormités de ces pantins. Malheureusement, je ne vois pas d’autre personnage pour incarner le manquement à la parole. Désolé !

      Maintenant, Estrosi dire un truc à peu près intelligent et s’y tenir, c’était un peu comme attendre une apparition de la Vierge : le truc improbable (encore qu’il y ait plus de chances que ça, ça arrive, de mon point de vue). Par contre, l’inverse, c’était couru. Il est tellement con, le pôve ! Donc, un prix facilement gagné et prévisible, tout de même.

      Faut dire qu’il a de qui tenir : son maître est un génie en la matière avec une pointure au-dessus : le populisme.

      répondre ︎⏎

    20 avril 2009

  • [blog] Une famille formidable

    Si vous voulez voir à quoi ressemble une famille formidable, je vous conseille de regarder ce téléfilm biographique :

    Prayers for Bobby (Bobby seul contre tous)

    sur m6replay, accessible gratuitement et librement pour les six jours à venir.

    Remettez-le sur un autre continent, une bonne dizaine d’années en plus, et quelques bigotteries en moins (mais pas tant que ça), le tableau sera parfait, criant de vérité. Ne manque (heureusement dans un sens, malheureusement dans l’autre) que la deuxième partie du film, qui reste à écrire.

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    18 avril 2009

  • [blog] Fous ta cagoule !

    Dans le Grand Barnum du Port’nawak ambiant, l’épisode du jour : fous ta cagoule !

    Puisque face à un fait divers, il faut réagir par une loi, Nôt’Zident Bien Aîmé a décidé de faire interdire les cagoules dans les manifestations. Proposition de loi de Christian Estrosi (mouhahaha) qui sera présentée au parlement courant mai.

    Mais courant mai, c’est beaucoup trop tard pour un pouvoir qui se targue de répondre immédaitement. MAM a présenté hier un décret à Fillon. Un décret qui dit la même chose que la loi en préparation :

    “tout participant à une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifiée, est puni de l’amende […] de 1500€.
    En cas de récidive dans un délai d’un an, l’amende peut être portée à 3000€”

    Et la ministre de préciser qu’elle s’en remettra à la sagacité des forces de l’ordre, sur le terrain, pour déterminer si le but est de délibérément ne pas être identifié.

    On est pas dans la merde :

    • tous les policiers qui surveillent les manifestations cagoulés, pour ne pas être pris en photo et reconnus ensuite, seront-ils expulsés par leurs collègues, ou devra-t-on faire appel à l’IGPN pour faire appliquer la loi ?
    • ou bien alors est-il établi que, les policiers respectant par défaut la loi, ils ne seront plus cagoulés ?

    Et puis, accessoirement, comment feront tous ceux qui verront leur droit à manifester soumis à la  sagacité  des forces de police, parce qu’ils peuvent être accusés - parfois légitimement, et pour de bonnes raisons, de vouloir cacher leur identité :

    les motards

    Photo Ydikoi

    photo ydikoi

    les pompiers

    photo lci

    les carnavaleux

    Photo Lady Elixir

    les participants de gaypride

    photo ydikoi

    génération précaire, dont le but justement est d’être anonymisé

    photo ©génération précaire

    ou encore des cyclistes qui portent un masque anti-pollution

    (et j’allais oublier les sœurs de la perpétuelle indulgence, bien sûr

    photo ydikoi

    Gageons ensuite, et là ça sera beaucoup plus drôle, que les manifestations ne seront plus légales pour les personnes habillées, partant du principe qu’on peut toujours cacher quelque chose dans ses poches.

    Mais il est vrai que s’interroger sur les raisons de la montée de la violence, sur ce ressenti si souvent exprimé de ne plus être entendu, et donc, pour les politiques, faire l’effort d’écouter, et entendre ceux qui les élisent ; cet effort là est peut être au dessus de leurs forces, alors qu’ils savent parfaitement empiler les lois et les interdictions.

    Franchement, un premier mai, tous masqués pour leur montrer que nous, on les a bien entendu, ça aurait de la gueule. Et rien que pour ça, pour une fois, je serais prêt à manifester ce jour là.

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    • Le 01/07/10, Guillaume En réponse à : Fous ta cagoule !

      Et fatal Bazooka !? « Fous ta cagoule... Fous ta cagoule... Ou t’auras les glandes, t’auras les boules... Fous ta cagoule... »

       :)

      Khh... Khhh. KHHH... Content Chocteau !

      répondre ︎⏎

    12 avril 2009

  • [blog] La politique, c’est l’art de la facilité

    C’est fait. Après 3, ou 4, peut être même en fait 5 ans d’essais et expérimentations, le gouvernements lance une nouvelle générations de radars automatiques, cette fois pour les feux rouges. Toute la presse s’en fait largement écho, relayant complaisamment non seulement les chiffres mais aussi l’argumentaire gouvernemental sur le sujet
     [1]
    . Comble de l’ironie, ils ne prennent même pas la peine de réfléchir un tant soit peu à ce qui leur est proposé, pour preuve cet article du jdd (ouaip, pas d’chance, aujourd’hui ça tombe sur eux).

    Reprenons depuis le début.

    Au commencement (entre 1868 et 1914 selon les pays) apparaît une nouvelle forme de signalisation, destinée à accorder ou non le droit de franchissement d’un carrefour : vert, c’est autorisé ; rouge, c’est interdit. Et c’est en 1934 (pour la France) qu’apparaît un feu intermédiaire, le jaune (en fait orange) pour indiquer l’apparition prochaine du feu rouge et de l’obligation de marquer l’arrêt.

    Il y a quelques années, constatant que les automobilistes (pour faire court
     [2]
    ) prennent de plus en plus de liberté avec les feux rouges, est introduite l’obligation de marquer l’arrêt dès le feu orange, à moins que l’arrêt ne puisse se faire dans de bonnes conditions de sécurité (mais il est dans la pratique quasiment impossible de démontrer l’impératif d’urgence en cas de verbalisations).

    Pour autant, la modification du code de la route n’aura pas eu l’effet escompté, une fois de plus.

    Empilage législatif ; absence de communication institutionnelle sur la circulation en ville, de moyens humains, de contrôle sur l’efficacité de la loi a posteriori ; contexte politico-sociétal favorisant le développement du « chacun pour soi », les arguments sont largement connus, qui ne concernent d’ailleurs pas uniquement la sécurité routière.

    L’apparition des radars automatiques au début des années 2000 laissait apparaître le saint-graal : la possibilité de surveiller, contrôler, verbaliser sans même une présence humaine, sans risque médiatique concernant des objectifs chiffrés donnés aux forces de l’ordre et des dénégations difficiles.

    Seulement voilà. Ca ne marche pas, pas encore, au bout de plusieurs années.

    La semaine dernière, rentrant de nuit chez moi, je passais par le quai François Mitterand. Peu de circulation, un autre motard à côté de moi, qui arrive au feu du Pont du Carrousel quelques secondes avant moi. C’est là qu’est installé l’un des tout premiers radars à feux rouges lancé en expérimentation.

    Une bonne seconde et demi après que je me sois arrêté à côté de lui, 3 crépitements de flash rapides, le dernier un peu plus espacé, nous font nous retourner. Nous sommes seuls au carrefour, tous les deux arrêtés, pieds à terre, et en deça de la ligne de feux, et pourtant, nous venons de nous faire flasher. Pourquoi, comment ? Mystère.

    Evidemment, je n’ai pas reçu de PV, puisque l’appareil est encore en test.

    Quand bien même, la question de leur efficacité est posée, notamment dans le cas d’un franchissement de feu rouge nécessité par l’obligation de laisser le passage d’un véhicule prioritaire. Que disent à ce sujet les responsables de la sécurité routière ? Rien. Quelles questions les journalistes ont-ils posé à Michèle Alliot Marie à ce sujet ? Aucune.
    Comment l’appareil, dont le but est justement de ne pas tenir compte des cas particuliers, tiendra-t-il compte de la dérogation accordée au franchissement de feu orange pour des questions de sécurité ? Aucune question, aucune réponse.
    Comment l’automobiliste ou le motard pourront-ils dans ce cas se défendre, quels documents devra-t-il apporter ? Ni question, ni information.
    Et la procédure de contestation, complexe, lente et arbitraire, des radars automatiques sera-t-elle transposée, notamment dans ce cas ? Aucune réponse à donner, les journalistes sur ce sujet également n’ont pas fait d’enquête ou simplement posé de question.

    Seule trouvaille des pontes de la sécurité routière : une nouvelle modification du code de la route :
    Histoire de continuer à changer les mentalités, les feux tricolores vont voir leur fonctionnement modifié. L’orange clignotera alors que le feu est encore au vert, pour mieux avertir les conducteurs de l’apparition du rouge. (source)

    Remarquons d’abord l’aberration : le feu restera vert (donc signal de passage autorisé), mais l’orange sera allumé (donc interdiction de passer). Amis schyzophrènes, bonjour.

    Ensuite, c’est le Parisien qui reprend sans sourciller l’affirmation mensongère fausse de la patronne de la sécurité routière, Michèle Merli, selon laquelle cela s’applique déjà dans les pays anglo-saxons (puisque c’est devenu maintenant un argument non contestable : ce qui se fait ailleurs, particulièrement dans les pays anglo-saxons, est bon pour la France).

    Tous ceux qui auront voyagé en Angleterre ou aux USA (ou même à Hong Kong) auront rectifié d’eux-même : la bas, le feu orange s’allume, non pour annoncer le passage du vert au rouge, mais au contraire pour annoncer le passage du rouge au vert. Il semblerait que la seule - et isolée - Italie ait appliqué ce système.

    Enfin, même si c’est bien dans l’air du temps, je reste particulièrement étonné par cette logique contemporaine que, puisque ça ne marche pas, on essaye encore :

    • on met un feu rouge pour interdire le passage
    • ça ne marche pas assez bien, alors on met un feu orange pour prévenir de l’apparition du rouge
    • ça ne marche toujours pas bien, alors on met une machine pour verbaliser, et on change l’orange fixe en clignotant

    Je gage que cela ne fonctionnera toujours pas. Oh, bien sûr, à force de régenter notre société par la peur, les conducteurs feront plus attention. Mais on évitera pas les inattentions, les camions ou bus qui bloquent la vue du feu, ou le piéton qui s’engage sans regarder au prétexte qu’il en a le droit. Alors, on rajoutera un feu vert clignotant, qui préviendra de l’orange clignotant, qui préviendra de l’orange, qui préviendra du rouge.

    On gagnera quelques vies, on s’en félicitera chaudement, les machines sont tellement supérieures à l’homme. A ce titre, on nous promet déjà la voiture qui conduira toute seule.

    Il faut dire qu’il est beaucoup plus facile d’imposer qu’apprendre, contrôler que responsabiliser, asséner que communiquer.

    La politique n’est plus l’art du possible, c’est devenu l’art de la facilité. Au grand bénéfice des machines et de leurs constructeurs, au grand dam de l’intelligence collective.

  • Notes

    [1Comme quoi certains actes ne sont pas isolés.

    Malheureusement, il n’y a pas de communauté d’utilisateurs de la route, comme de chercheurs, qui pourrait massivement précipiter la chute des organes de propagande au profit d’un modèle nouveau …

    [2même s’il est probable que les motos soient moins concernées, vu la conscience de fragilité de leur pilote

    Vos commentaires

    • Le 15/04/09, Ydikoi En réponse à : La politique, c’est l’art de la facilité

      voilà où sont les problèmes :

      • le principe d’avoir des machines qui contrôlent les hommes est pour moi un problème (puisque quand le logiciel “reconnaît” la plaque, il n’y a pas d’intervention humaine)
      • le système ne fait pas la différence entre le titulaire de la carte grise et le conducteur ; celui-ci est donc souvent accusé à tort
      • le système du radar “automatique” induit une présomption de culpabilité : c’est au propriétaire de démontrer qu’il est innocent (cerise sur le gâteau : avec une forte incitation à la dénonciation, il paraît même que c’est devenu un devoir républicain)
      • le système est critiqué de toutes parts comme inaccessible, obscur, injuste, … (CNIL ; le magazine autoplus ; les associations 40 millions d’automobilistes, FFMC, …)
      • la Commission Juridique de la FFMC relate de trop nombreux cas d’impossibilités (ou fortes difficultés pour le moins) à obtenir la photo dans le cas d’une contestation, et j’ai pu -indirectement- en faire l’expérience

      Tout cela en sus de tout ce que j’ai pu décrire comme problème ci-dessus, bien sûr ;-)

      répondre ︎⏎

    • Le 14/04/09 En réponse à : La politique, c’est l’art de la facilité

      Le système se déclenche une fois le rouge allumé. il fait plusieurs photos pour discriminer un vrai passage au rouge d’un problème d’encombrement ou autre.
      Je ne vois pas où est le problème.

      répondre ︎⏎

    11 avril 2009

  • [blog] Les petits renoncements

    Dans une réunion avec nos adhérents, l’un d’eux me demandait récemment comment avait évolué l’ambiance, si les promesses d’améliorer le relationnel avaient été tenues.
    Alors que je lui répondais qu’on ne pouvait pas tout résoudre par la mise en place d’outils, que cela n’empêcherait pas certains de considérer par défaut toute forme de pouvoir comme corruptible et à détruire, il me cloua le bec d’un “cela dit, c’est pas faux, ils sont corrompus”.

    Moi habituellement si prompt à trouver la réponse-qui-va-bien, je me suis retrouvé sans voix, toujours aussi mal à l’aise face à cette présomption de culpabilité, et surpris de ce poujadisme rampant, même chez des personnes plutôt ouvertes sur la réflexion sociétale.

    Et puis ce matin, en prenant ma douche (le grand lieu de réflexion par excellence), c’était juste évident : tous les jours ou presque l’actu nous donne des exemples de personnalités revenant sans honte ni remords sur leurs engagements moraux. C’est devenu tellement normal que plus personne n’y prête attention.

    On pourrait facilement remonter le cours de l’histoire, pas si loin d’ailleurs, pour remplir des pages entières de promesses non tenues, de petits retournements de vestes sans explications, des promesses non tenues de Sarkozy (et il manque encore les plus récentes, le Tibet, les JO, …), au retournement de veste d’Arnaud Montebourg, ancien chantre du non-cumul des mandats, aujourd’hui super-cumulard (au moins a-t-il eu la "délicatesse" de consulter ses électeurs avant, via son blog).

    Un cas symptomatique revient sur le devant de la scène aujourd’hui : celui d’Alain Juppé.

    Rappelez vous en 2007 (je sais, c’est loin …). En mai, il est nommé ministre de l’écologie, son grand dada depuis le retour de Québec. Mais en juin, il est platement battu aux élections législatives, annonce sa démission du gouvernement, et se recentrer sur la ville de Bordeaux. Lors des élections municipales de 2008, il s’engage à ne plus accepter de mandat national, et s’occuper « à 100% » de sa ville.

    Moins d’un an plus tard, patatras, faisons table rase du passé :

    Interrogé, samedi 11 avril, par le Parisien, sur le point de savoir s’il est « prêt à mettre son expérience au service du pays », le maire de Bordeaux répond : « Oui, car je reste passionné par les questions politiques, au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire les grands sujets nationaux ou internationaux ».

    La critique est facile, elle est même évidente dans ce cas.

    L’absence totale de respect d’engagements publics est tellement devenue une habitude que l’intéressé ne prend même plus la peine de chercher à se justifier : il n’est d’ailleurs absolument pas interrogé, ni par le Parisien, ni par Le Monde qui reprend l’information en l’étoffant, sur ce revirement éventé de longue date.

    Mieux encore, il est “de fait” justifié par un sondage express du figaro : puisque c’est maintenant une bonne idée, c’est moralement acceptable. Et, de toute façon, il n’est absolument pas question de morale, définitivement morte et enterrée.

    Ce qui est surprenant dans le cas Juppé est le contexte dans lequel intervient ce renoncement.

    La notion de discrédit des hommes politiques n’est pas nouvelle, cela fait au moins 15 ans que l’on en parle, qu’on l’évoque régulièrement, notamment quand le paysage politique est chamboulé par un vote protestataire massif, comme ça a pu être le cas en 2002.

    Mais en cette année si particulière, avec une crise dont personne n’arrive à voir les débouchés, une contestation de plus en plus forte et visible, où des politiques parlent ouvertement d’une révolte rampante et des intellectuels comparent la situation actuelle à la période pré-révolutionnaire ; il reste surprenant qu’un homme, dont personne ne conteste l’intelligence, n’ait pas, au delà de toute décence, la conscience qu’en cette époque de discrédit massif envers les édiles (politiques, économiques, …), il est plus que jamais nécessaire de chercher à rassurer, plutôt qu’à tromper.

  • 6 avril 2009

  • [blog] Hadopi et loppsi, et internet devient minitel

    16 gus …
    Affiche créée par Geoffrey Dorne en référence aux propos du cabinet de Christine Albanel (5 gus dans un garage)
    Affiche créée par Geoffrey Dorne en référence aux propos du cabinet de Christine Albanel (5 gus dans un garage) via http://padawan.info/fr/

    Hier, ou presque, Hadopi est passée. Bravement votée par les 16 députés présents. Il s’est murmuré (je n’arrive pas à retrouver la source) que le vote exceptionnellement n’a pas eu lieu après la séance des questions aux gouvernements pour éviter que l’UMP ne montre ses divisions sur le sujet.

    Les tyrannosaures ont gagné, c’était prévisible. Ca ne changera pas grand chose pratiquement, probablement, la loi est inapplicable. Au mieux les décrets ne seront jamais publiés, au pire nous aurons un spyware à installer sur nos ordis. Et comme d’habitude, certains d’entres-nous auront les moyens de contourner le système.

    Mais Hadopi n’est que l’arbre qui cache la forêt, Jean Michel Planche en a déjà parlé :

    Internet était encore le dernier champ des possibles, champ où chacun pouvait cultiver sa propre parcelle pour :

    créer librement, sans entraves, de nouveaux services, qui auraient pu être les Skype et les Google de demain.
    exprimer sa créativité artistique, pour son plus grand bonheur ; voir son propre intérêt ou celui de ses amis.
    penser différemment et en tous les cas de façon non entendue et conventionnelle qui ne peut conduire qu’à reproduire les mêmes erreurs du passé.
    et accessoirement ... faire fortune ...
    Je parle au passé car, tout cela, c’est fini !
    Bientôt Internet sera un réseau de diffusion d’oeuvres et de services policés, au profit des gros : les toujours mêmes.

    Bientôt, l’échec de l’Hadopi, nous permettra de voir le Messie : la taxe sur les infrastructures, pour financer une création convenue qui permettra aux gros de devenir encore plus gros et aux petits de devenir encore plus petits, avant de les exclure définitivement.

    Bientôt grâce à toutes ces bontés que l’on nous prépare, (filtrage) nous allons inaugurer une nouvelle race de réseau, qui d’infrastructures essentielles au service de tous va devenir un réseau de distribution de biens « culturels » autorisés, au profit de quelques uns. Le Web 2.0 n’était que le prémice du Minitel 2.0. L’Hadopi et la Loppsi permettront sa généralisation.

    Juste une coincidence : certains prédisent aujourd’hui que « YouTube devrait dévoiler dans les prochains jours une nouvelle version de son portail vidéo qui relèguera les vidéos des utilisateurs au second plan et mettra en avant les vidéos professionnelles sur lesquelles les annonceurs pourront placer leurs publicités. »

    Ahah.

  • 27 mars 2009

  • [blog] Oui, la capote est un problème !

    Maintenant que la pression du bal des faux-cul (mais pas que, j’en conviens) est retombée, il est temps pour moi de mettre mon petit grain de sel.

    Sur le plan de la rhétorique, je ne trouve rien à redire à ce qu’à déjà publié Maître Eolas, bien mieux que je ne l’aurais fait, forcément, même si j’aurais développé un ou deux point en plus (notamment la méconnaissance de la réalité africaine de la part des critiques anti-papales - car, ne l’oublions pas, le Pape allait en Afrique, il parlait pour l’Afrique).

    Non, maintenant que le sidaction est terminé, que tout le monde a deversé son fiel sur la position papale - sur la base d’informations tronquées la plupart du temps -, et nous a expliqué que la capote c’est super, un méga top drôle jeu sexuel, et d’ailleurs ça emmerde plus personne maintenant qu’il y en a sans latex, ou à la fraise, ou la banane, et maintenant qu’on a trouvé une autre ambulance sur laquelle tirer, c’est le moment pour faire mon coming out : oui, la capote est un problème.

    (on se calme, on attend de lire la suite)

    (non, je ne suis pas me définis plus comme catho)

    (tout le monde est calme ? on continue alors :))

    C’est fiable

    Je me souviens dans les années 90 d’une vague rumeur qui racontait qu’une étude anglaise donnait le préservatif fiable à seulement 90%. Mais je n’ai jamais réussi à en trouver la trace. Il faut dire aussi que cette rumeur était plus que sujette à caution, puisque circulant dans les milieux anti-PD, et donc dans ma famille. Je l’ai retrouvée il y a peu, dans un forum quelconque.

    Alors j’ai cherché, et j’ai trouvé ça dans wikipedia :

    L’efficacité du préservatif dans la prévention des IST n’est connue qu’approximativement, et varie, selon les études disponibles, entre 60 et 96 % environ (par exemple, une méta-étude de 1993 conclut à une réduction du risque de 69 % ; une autre étude de 1994 donne 87% moyenné (entre 60% et 96%) même si ces études concluent au peu de fiabilité de leurs propres mesures).

    Si wikipedia dit réellement une connerie, alors les mecs de act-up, aids & co, vous attendez quoi pour le faire modifier ?

    Si c’est vrai, deux remarques :

    • la première est que ça ne me surprend pas tellement : je connais quelques personnes (pas plusieurs, non, juste quelques unes, donc pas assez pour en faire une statistique), qui se sont fait contaminer par le VIH alors qu’elles déclarent avoir toujours utilisé une capote.
    • on se fout de savoir si la marge d’erreur est de 4% ou de 10%. Ce qui en ressort par contre c’est que, non, la capote n’est pas fiable à 100%.
      Pour certains, 4% est une marge d’erreur acceptable. Pas pour tous, pas pour ça.

    Un petit exemple : j’ai appelé un jour AIDS pour savoir ce qu’il en était de l’utilisation de la capote dans les saunas / hammam, endroit de copulation malgré tout assez fréquenté dans le milieu homo : la chaleur est mauvaise pour les capotes, est-ce que ça veut dire qu’on prend un risque en les utilisant dans ces endroits ?

    La réponse aurait été simple : soit un “c’est bon, allez y, no souci, il ne fait pas assez chaud”, soit alors “halte là, danger, leur chaleur excessive rend les capotes poreuses ; chauffez-vous, draguez-vous, et allez ensuite faire votre affaire dans une cabine”.
    Mais je n’ai jamais eu d’autre réponse que des phrases elliptiques, qui ne disaient ni oui ni non. AIDS n’a pas la réponse ? Peut être, mais vu la popularité des saunas chez les homos, ça touche alors à la faute professionnelle. J’ai en tout cas pris le parti, du coup, de croire que les capotes n’étaient pas adaptées à ces salles très chaudes, que pour une raison quelconque ce n’était pas dissible, et du coup, je chauffe, je drague, mais fais le cas échéant mon affaire ailleurs.

    De toute façon, ce point là n’est qu’anecdotique, juste une illustration de ce que les associations de prévention / réaction, ou les « autorités compétentes » se sont enfermé, au nom du dogme "tout capote" (ni catholique ni papal, celui là) dans une logique absurde et mensongère.

    C’est cool

    La capote, c’est cool, ça existe dans toutes les tailles, coloris, goûts, ça fait partie du jeu sexuel ? Bah non. Désolé, mais non, 1000 fois non.

    La capote, c’est chiant à ouvrir, c’est chiant à installer, surtout dans le noir. Pas pour vous ? cool. Mais pour moi, si, c’est comme ça, ça me casse tous mes effets.

    A la fraise, banane, menthe, ce que vous voulez, la capote a un goût dégueulasse, un goût chimique quand ce n’est pas un goût de latex. Je ne dis pas que c’est le cas pour tout le monde, c’est le cas pour moi, c’est le cas pour plein de gens. Oui, on peut trouver que la capote a un goût dégueulasse, sans être anormal.

    A la fraise, banane, menthe, en latex ou autre materiau plus moderne, la capote bloque les sensations. Pas pour tout le monde, non. Mais moi oui, et d’autres aussi.

    Oui, la capote peut bloquer. Physiquement, psychologiquement, ce qu’on veut, mais non, la capote n’est pas toujours cooooool.

    Oui la capote peut être perçue comme un “tue l’amour”, parce que ce qu’on aime, c’est le contact de la peau, de la chair, et pas celui d’un bout de plastique, parce que la capote empêche de prendre son pied. Pas tout le monde, moi si, et d’autres.

    Alors, on fait quoi ?

    Quand on ne peut pas baiser avec une capote, mais que le discours officiel soutend que les gens ’normaux’ n’ont pas de problèmes, et qu’on est par conséquent ’anormal’, il n’y a pas beaucoup d’alternative.

    On peut décider de prendre notre pied, au diable le discours moralisateur unique, et advienne que pourra. Anormal pour anormal … 

    De toute façon, il n’y a plus de risques, puisque dans le but (louable) de lutter contre la discrimination contre les séropositifs, on nous présente maintenant le SIDA comme une maladie chronique.

    Pendant plusieurs mois il y a quelques temps de cela, comme tant d’autres, j’ai pris mon pied. Sans capote. Au début, je me disais "so what ?, on verra bien”, et rapidement je n’y pensais juste plus. On y pense plus.

    Et j’ai pris mon pied comme jamais.

    Jusqu’au jour où j’ai vu plusieurs de mes … contacts découvrir leur séropositivité, être malades, devoir se gaver de médocs à longueur de journée. Ils n’avaient pas trente ans, j’ai vu leur corps changer, ils ont changé.

    Moi j’ai eu de la chance, une chance de cocu, une sur un milliard de millions, je m’en suis tiré sans la moindre MST. Rien. Nada.

    Ou alors on arrête de prendre les gens pour des cons, et on les responsabilise.

    On leur explique que dans 90% des cas, il n’y a pas de problèmes. Mais qu’il peut y en avoir, et qu’il y a des moyens de les arranger :

    • problème de prix ? c’est sûr, surtout quand celles qui sont distribuées gratos dans les établissements ne conviennent pas, c’est un budget. Les politiques n’avaient pas promis la capote à 15 cents (1 franc), à une époque ?
    • allergie au latex ? : capotes sans latex !.
    • problème de taille ? petits ou les grands gabarits, no soucis !
    • problème de culture, d’éducation, psychologique ? pourquoi ne pas en parler à son médecin, ou à un psy, par exemple l’asso des médecins gays ?

    Mais surtout dire, et rappeler sans cesse, que dans tous les cas, le choix final restera toujours le même : se priver d’un bon coup, ou se priver d’une vie normale :

    Il faut le réaffirmer sans cesse : les traitements contre le vih ne sont pas anodins. Les effets secondaires sont trop lourds : diarrhées, nausées, vomissements, neuropathies (qui entraînent des douleurs insupportables au bout des membres et des terminaisons nerveuses), rash cutanés et autres problèmes dermatologiques, calculs rénaux, troubles du comportement, insomnies, cauchemars, déséquilibres de la répartition des graisses qui déforment les silhouettes et causent des accidents cardio-vasculaires, ostéoporoses qui provoquent des fractures spontanées, etc.

    Le sida n’est en aucun cas devenu une maladie chronique.

    Oui, l’abstinence, c’est pas cool, pas cool du tout. Mais au moins ça n’empêche pas d’avoir une vie cool. D’avoir une vie, tout court.

    Peut être qu’en donnant des clés pour comprendre, en respectant un peu plus leurs semblables et les traitant moins comme des demeurés, nos « sachants » pourraient alors dire, eux-aussi :

    Oui, la capote peut être un problème pour certains. C’est normal.
    Alors, soit tu prends sur toi, et tu baises pas, soit t’en mets une, et tu fais avec.
    Parce que le sida, on n’en sort pas indemne
  • 25 mars 2009

  • [blog] couic

    Ca, c’est Kitty après s’être fait couiqué. Le veto a juste fait un petit pansemement, pour qu’elle évite de se lêcher la cicatrice. Mais un chat, c’est souple, alors elle n’a pas eu de mal à atteindre le pansement et, à force de persévérance, réussi à commencer à le décoller.

    Du coup, j’ai eu l’idée géniale de prendre une vieille chaussette et de l’entuber.

    Sauf que, mauvaise pioche, comme sur mes mollets, la chaussette se ratatine, se boudine, et ne sert plus à rien. Oumpf. Idée de génie : percer deux trous pour lui passer les pattes !

    Voilà donc Kitty avec un joli (?) petit corset, ce qui sied de toute façon bien à sa condition féminine :-D

    Mais un chat, c’est têtu. Pas têtu comme un âne qui n’aurait pas soif, non, mais têtu quand même. Et Kitty a décidé qu’il n’était pas normal qu’elle ne puisse pas faire sa toilette tous les jours (ça c’est bien, bien éduquée).

    Elle a donc entrepris de lêcher la chaussette, avec sa langue rapeuse comme du papier de verre, jusqu’à ce qu’elle lâche.

    10 jours après, il ne reste plus grand chose du haut de la chaussette. Heureusement, elle se fait enlever les fils dans deux jours.

    Et pendant ce temps là, au moins, à se focaliser sur ces fils là, elle oublie ceux de sa cicatrice.
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  • Portfolio

    Vos commentaires

    • Le 26/03/09, Ydikoi En réponse à : couic

      Allons, quoi, ça ne déchaîne pas plus les passions, ce petit corset ?

      Dommage, j’aurais cru :-)

      répondre ︎⏎

    • Le 25/03/09, France En réponse à : couic

      Si je puis me permettre, tu as une vision « étriquée » de la condition féminine.... et Kitty doit detester cette chaussette toute effilochée. T’as pensé à son loock ? Alors que tant de gens peuvent la voir ? Pauvre choutte. Faudra pas t’étonner qu’elle ait besoin d’un psy. Pfff !

      répondre ︎⏎

    24 mars 2009

  • [blog] Un petit moment de bonheur

    http://playingforchange.com - From the award-winning documentary, « Playing For Change : Peace Through Music », comes the first of many « songs around the world » being released independently. Featured is a cover of the Ben E. King classic by musicians around the world adding their part to the song as it travelled the globe. This video and « Don’t Worry » will be available at iTunes 1.27.09 while other songs such as « One Love » will be released as digital downloads soon ; followed by the film soundtrack and DVD in stores on 4.28.09.

    Merci à la rouquette :)


    edit 28/3 : suite à la suppression de la video sur vimeo, je l’ai retrouvée sur la chaîne officielle du site sur youtube, ainsi que celles-ci

    J’aime ! Décidemment.

  • Vos commentaires

    18 mars 2009

  • [blog] Parce que ça fait du bien

    Je n’aime pas Frédéric Lefebvre, je l’ai déjà dit. Mais je l’admire, sisi, pour sa capacité hors-normes à la mauvaise foi, l’inconsistance et le mensonge, pourvu que cela serve sa cause. Frédéric Lefebvre, ou la politique comme ça ne devrait plus exister.

    Alors, quand il s’agit de l’étriller, c’est toujours bon. Et ça, le petit journal sait faire, d’où la video. Même si, je sais, je suis un pirate.

    Le Petit Journal - 16 mars 2009

    (on peut voir la même séquence sur le site d’arrêt sur images)

    Et bienbienbien qui en remet une couche : « Lefebvre se fait le porte-parole - pas seulement de l’UMP, ce qu’il est dans la vraie vie - mais aussi de ce qu’on a coutume d’appeler une majorité silencieuse qui pense comme lui sans rien y connaître. Du coup, Frédéric Lefebvre invente le statut de porte-parole des trolls, celui qui parle au nom de tous les trolls. ». Délicieux.

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