12 avril 2009

  • [blog] La politique, c’est l’art de la facilité

    C’est fait. Après 3, ou 4, peut être même en fait 5 ans d’essais et expérimentations, le gouvernements lance une nouvelle générations de radars automatiques, cette fois pour les feux rouges. Toute la presse s’en fait largement écho, relayant complaisamment non seulement les chiffres mais aussi l’argumentaire gouvernemental sur le sujet
     [1]
    . Comble de l’ironie, ils ne prennent même pas la peine de réfléchir un tant soit peu à ce qui leur est proposé, pour preuve cet article du jdd (ouaip, pas d’chance, aujourd’hui ça tombe sur eux).

    Reprenons depuis le début.

    Au commencement (entre 1868 et 1914 selon les pays) apparaît une nouvelle forme de signalisation, destinée à accorder ou non le droit de franchissement d’un carrefour : vert, c’est autorisé ; rouge, c’est interdit. Et c’est en 1934 (pour la France) qu’apparaît un feu intermédiaire, le jaune (en fait orange) pour indiquer l’apparition prochaine du feu rouge et de l’obligation de marquer l’arrêt.

    Il y a quelques années, constatant que les automobilistes (pour faire court
     [2]
    ) prennent de plus en plus de liberté avec les feux rouges, est introduite l’obligation de marquer l’arrêt dès le feu orange, à moins que l’arrêt ne puisse se faire dans de bonnes conditions de sécurité (mais il est dans la pratique quasiment impossible de démontrer l’impératif d’urgence en cas de verbalisations).

    Pour autant, la modification du code de la route n’aura pas eu l’effet escompté, une fois de plus.

    Empilage législatif ; absence de communication institutionnelle sur la circulation en ville, de moyens humains, de contrôle sur l’efficacité de la loi a posteriori ; contexte politico-sociétal favorisant le développement du « chacun pour soi », les arguments sont largement connus, qui ne concernent d’ailleurs pas uniquement la sécurité routière.

    L’apparition des radars automatiques au début des années 2000 laissait apparaître le saint-graal : la possibilité de surveiller, contrôler, verbaliser sans même une présence humaine, sans risque médiatique concernant des objectifs chiffrés donnés aux forces de l’ordre et des dénégations difficiles.

    Seulement voilà. Ca ne marche pas, pas encore, au bout de plusieurs années.

    La semaine dernière, rentrant de nuit chez moi, je passais par le quai François Mitterand. Peu de circulation, un autre motard à côté de moi, qui arrive au feu du Pont du Carrousel quelques secondes avant moi. C’est là qu’est installé l’un des tout premiers radars à feux rouges lancé en expérimentation.

    Une bonne seconde et demi après que je me sois arrêté à côté de lui, 3 crépitements de flash rapides, le dernier un peu plus espacé, nous font nous retourner. Nous sommes seuls au carrefour, tous les deux arrêtés, pieds à terre, et en deça de la ligne de feux, et pourtant, nous venons de nous faire flasher. Pourquoi, comment ? Mystère.

    Evidemment, je n’ai pas reçu de PV, puisque l’appareil est encore en test.

    Quand bien même, la question de leur efficacité est posée, notamment dans le cas d’un franchissement de feu rouge nécessité par l’obligation de laisser le passage d’un véhicule prioritaire. Que disent à ce sujet les responsables de la sécurité routière ? Rien. Quelles questions les journalistes ont-ils posé à Michèle Alliot Marie à ce sujet ? Aucune.
    Comment l’appareil, dont le but est justement de ne pas tenir compte des cas particuliers, tiendra-t-il compte de la dérogation accordée au franchissement de feu orange pour des questions de sécurité ? Aucune question, aucune réponse.
    Comment l’automobiliste ou le motard pourront-ils dans ce cas se défendre, quels documents devra-t-il apporter ? Ni question, ni information.
    Et la procédure de contestation, complexe, lente et arbitraire, des radars automatiques sera-t-elle transposée, notamment dans ce cas ? Aucune réponse à donner, les journalistes sur ce sujet également n’ont pas fait d’enquête ou simplement posé de question.

    Seule trouvaille des pontes de la sécurité routière : une nouvelle modification du code de la route :
    Histoire de continuer à changer les mentalités, les feux tricolores vont voir leur fonctionnement modifié. L’orange clignotera alors que le feu est encore au vert, pour mieux avertir les conducteurs de l’apparition du rouge. (source)

    Remarquons d’abord l’aberration : le feu restera vert (donc signal de passage autorisé), mais l’orange sera allumé (donc interdiction de passer). Amis schyzophrènes, bonjour.

    Ensuite, c’est le Parisien qui reprend sans sourciller l’affirmation mensongère fausse de la patronne de la sécurité routière, Michèle Merli, selon laquelle cela s’applique déjà dans les pays anglo-saxons (puisque c’est devenu maintenant un argument non contestable : ce qui se fait ailleurs, particulièrement dans les pays anglo-saxons, est bon pour la France).

    Tous ceux qui auront voyagé en Angleterre ou aux USA (ou même à Hong Kong) auront rectifié d’eux-même : la bas, le feu orange s’allume, non pour annoncer le passage du vert au rouge, mais au contraire pour annoncer le passage du rouge au vert. Il semblerait que la seule - et isolée - Italie ait appliqué ce système.

    Enfin, même si c’est bien dans l’air du temps, je reste particulièrement étonné par cette logique contemporaine que, puisque ça ne marche pas, on essaye encore :

    • on met un feu rouge pour interdire le passage
    • ça ne marche pas assez bien, alors on met un feu orange pour prévenir de l’apparition du rouge
    • ça ne marche toujours pas bien, alors on met une machine pour verbaliser, et on change l’orange fixe en clignotant

    Je gage que cela ne fonctionnera toujours pas. Oh, bien sûr, à force de régenter notre société par la peur, les conducteurs feront plus attention. Mais on évitera pas les inattentions, les camions ou bus qui bloquent la vue du feu, ou le piéton qui s’engage sans regarder au prétexte qu’il en a le droit. Alors, on rajoutera un feu vert clignotant, qui préviendra de l’orange clignotant, qui préviendra de l’orange, qui préviendra du rouge.

    On gagnera quelques vies, on s’en félicitera chaudement, les machines sont tellement supérieures à l’homme. A ce titre, on nous promet déjà la voiture qui conduira toute seule.

    Il faut dire qu’il est beaucoup plus facile d’imposer qu’apprendre, contrôler que responsabiliser, asséner que communiquer.

    La politique n’est plus l’art du possible, c’est devenu l’art de la facilité. Au grand bénéfice des machines et de leurs constructeurs, au grand dam de l’intelligence collective.

  • Notes

    [1Comme quoi certains actes ne sont pas isolés.

    Malheureusement, il n’y a pas de communauté d’utilisateurs de la route, comme de chercheurs, qui pourrait massivement précipiter la chute des organes de propagande au profit d’un modèle nouveau …

    [2même s’il est probable que les motos soient moins concernées, vu la conscience de fragilité de leur pilote

    Vos commentaires

    • Le 15/04/09, Ydikoi En réponse à : La politique, c’est l’art de la facilité

      voilà où sont les problèmes :

      • le principe d’avoir des machines qui contrôlent les hommes est pour moi un problème (puisque quand le logiciel “reconnaît” la plaque, il n’y a pas d’intervention humaine)
      • le système ne fait pas la différence entre le titulaire de la carte grise et le conducteur ; celui-ci est donc souvent accusé à tort
      • le système du radar “automatique” induit une présomption de culpabilité : c’est au propriétaire de démontrer qu’il est innocent (cerise sur le gâteau : avec une forte incitation à la dénonciation, il paraît même que c’est devenu un devoir républicain)
      • le système est critiqué de toutes parts comme inaccessible, obscur, injuste, … (CNIL ; le magazine autoplus ; les associations 40 millions d’automobilistes, FFMC, …)
      • la Commission Juridique de la FFMC relate de trop nombreux cas d’impossibilités (ou fortes difficultés pour le moins) à obtenir la photo dans le cas d’une contestation, et j’ai pu -indirectement- en faire l’expérience

      Tout cela en sus de tout ce que j’ai pu décrire comme problème ci-dessus, bien sûr ;-)

      répondre ︎⏎

    • Le 14/04/09 En réponse à : La politique, c’est l’art de la facilité

      Le système se déclenche une fois le rouge allumé. il fait plusieurs photos pour discriminer un vrai passage au rouge d’un problème d’encombrement ou autre.
      Je ne vois pas où est le problème.

      répondre ︎⏎

    11 avril 2009

  • [blog] Les petits renoncements

    Dans une réunion avec nos adhérents, l’un d’eux me demandait récemment comment avait évolué l’ambiance, si les promesses d’améliorer le relationnel avaient été tenues.
    Alors que je lui répondais qu’on ne pouvait pas tout résoudre par la mise en place d’outils, que cela n’empêcherait pas certains de considérer par défaut toute forme de pouvoir comme corruptible et à détruire, il me cloua le bec d’un “cela dit, c’est pas faux, ils sont corrompus”.

    Moi habituellement si prompt à trouver la réponse-qui-va-bien, je me suis retrouvé sans voix, toujours aussi mal à l’aise face à cette présomption de culpabilité, et surpris de ce poujadisme rampant, même chez des personnes plutôt ouvertes sur la réflexion sociétale.

    Et puis ce matin, en prenant ma douche (le grand lieu de réflexion par excellence), c’était juste évident : tous les jours ou presque l’actu nous donne des exemples de personnalités revenant sans honte ni remords sur leurs engagements moraux. C’est devenu tellement normal que plus personne n’y prête attention.

    On pourrait facilement remonter le cours de l’histoire, pas si loin d’ailleurs, pour remplir des pages entières de promesses non tenues, de petits retournements de vestes sans explications, des promesses non tenues de Sarkozy (et il manque encore les plus récentes, le Tibet, les JO, …), au retournement de veste d’Arnaud Montebourg, ancien chantre du non-cumul des mandats, aujourd’hui super-cumulard (au moins a-t-il eu la "délicatesse" de consulter ses électeurs avant, via son blog).

    Un cas symptomatique revient sur le devant de la scène aujourd’hui : celui d’Alain Juppé.

    Rappelez vous en 2007 (je sais, c’est loin …). En mai, il est nommé ministre de l’écologie, son grand dada depuis le retour de Québec. Mais en juin, il est platement battu aux élections législatives, annonce sa démission du gouvernement, et se recentrer sur la ville de Bordeaux. Lors des élections municipales de 2008, il s’engage à ne plus accepter de mandat national, et s’occuper « à 100% » de sa ville.

    Moins d’un an plus tard, patatras, faisons table rase du passé :

    Interrogé, samedi 11 avril, par le Parisien, sur le point de savoir s’il est « prêt à mettre son expérience au service du pays », le maire de Bordeaux répond : « Oui, car je reste passionné par les questions politiques, au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire les grands sujets nationaux ou internationaux ».

    La critique est facile, elle est même évidente dans ce cas.

    L’absence totale de respect d’engagements publics est tellement devenue une habitude que l’intéressé ne prend même plus la peine de chercher à se justifier : il n’est d’ailleurs absolument pas interrogé, ni par le Parisien, ni par Le Monde qui reprend l’information en l’étoffant, sur ce revirement éventé de longue date.

    Mieux encore, il est “de fait” justifié par un sondage express du figaro : puisque c’est maintenant une bonne idée, c’est moralement acceptable. Et, de toute façon, il n’est absolument pas question de morale, définitivement morte et enterrée.

    Ce qui est surprenant dans le cas Juppé est le contexte dans lequel intervient ce renoncement.

    La notion de discrédit des hommes politiques n’est pas nouvelle, cela fait au moins 15 ans que l’on en parle, qu’on l’évoque régulièrement, notamment quand le paysage politique est chamboulé par un vote protestataire massif, comme ça a pu être le cas en 2002.

    Mais en cette année si particulière, avec une crise dont personne n’arrive à voir les débouchés, une contestation de plus en plus forte et visible, où des politiques parlent ouvertement d’une révolte rampante et des intellectuels comparent la situation actuelle à la période pré-révolutionnaire ; il reste surprenant qu’un homme, dont personne ne conteste l’intelligence, n’ait pas, au delà de toute décence, la conscience qu’en cette époque de discrédit massif envers les édiles (politiques, économiques, …), il est plus que jamais nécessaire de chercher à rassurer, plutôt qu’à tromper.

  • 6 avril 2009

  • [blog] Hadopi et loppsi, et internet devient minitel

    16 gus …
    Affiche créée par Geoffrey Dorne en référence aux propos du cabinet de Christine Albanel (5 gus dans un garage)
    Affiche créée par Geoffrey Dorne en référence aux propos du cabinet de Christine Albanel (5 gus dans un garage) via http://padawan.info/fr/

    Hier, ou presque, Hadopi est passée. Bravement votée par les 16 députés présents. Il s’est murmuré (je n’arrive pas à retrouver la source) que le vote exceptionnellement n’a pas eu lieu après la séance des questions aux gouvernements pour éviter que l’UMP ne montre ses divisions sur le sujet.

    Les tyrannosaures ont gagné, c’était prévisible. Ca ne changera pas grand chose pratiquement, probablement, la loi est inapplicable. Au mieux les décrets ne seront jamais publiés, au pire nous aurons un spyware à installer sur nos ordis. Et comme d’habitude, certains d’entres-nous auront les moyens de contourner le système.

    Mais Hadopi n’est que l’arbre qui cache la forêt, Jean Michel Planche en a déjà parlé :

    Internet était encore le dernier champ des possibles, champ où chacun pouvait cultiver sa propre parcelle pour :

    créer librement, sans entraves, de nouveaux services, qui auraient pu être les Skype et les Google de demain.
    exprimer sa créativité artistique, pour son plus grand bonheur ; voir son propre intérêt ou celui de ses amis.
    penser différemment et en tous les cas de façon non entendue et conventionnelle qui ne peut conduire qu’à reproduire les mêmes erreurs du passé.
    et accessoirement ... faire fortune ...
    Je parle au passé car, tout cela, c’est fini !
    Bientôt Internet sera un réseau de diffusion d’oeuvres et de services policés, au profit des gros : les toujours mêmes.

    Bientôt, l’échec de l’Hadopi, nous permettra de voir le Messie : la taxe sur les infrastructures, pour financer une création convenue qui permettra aux gros de devenir encore plus gros et aux petits de devenir encore plus petits, avant de les exclure définitivement.

    Bientôt grâce à toutes ces bontés que l’on nous prépare, (filtrage) nous allons inaugurer une nouvelle race de réseau, qui d’infrastructures essentielles au service de tous va devenir un réseau de distribution de biens « culturels » autorisés, au profit de quelques uns. Le Web 2.0 n’était que le prémice du Minitel 2.0. L’Hadopi et la Loppsi permettront sa généralisation.

    Juste une coincidence : certains prédisent aujourd’hui que « YouTube devrait dévoiler dans les prochains jours une nouvelle version de son portail vidéo qui relèguera les vidéos des utilisateurs au second plan et mettra en avant les vidéos professionnelles sur lesquelles les annonceurs pourront placer leurs publicités. »

    Ahah.

  • 27 mars 2009

  • [blog] Oui, la capote est un problème !

    Maintenant que la pression du bal des faux-cul (mais pas que, j’en conviens) est retombée, il est temps pour moi de mettre mon petit grain de sel.

    Sur le plan de la rhétorique, je ne trouve rien à redire à ce qu’à déjà publié Maître Eolas, bien mieux que je ne l’aurais fait, forcément, même si j’aurais développé un ou deux point en plus (notamment la méconnaissance de la réalité africaine de la part des critiques anti-papales - car, ne l’oublions pas, le Pape allait en Afrique, il parlait pour l’Afrique).

    Non, maintenant que le sidaction est terminé, que tout le monde a deversé son fiel sur la position papale - sur la base d’informations tronquées la plupart du temps -, et nous a expliqué que la capote c’est super, un méga top drôle jeu sexuel, et d’ailleurs ça emmerde plus personne maintenant qu’il y en a sans latex, ou à la fraise, ou la banane, et maintenant qu’on a trouvé une autre ambulance sur laquelle tirer, c’est le moment pour faire mon coming out : oui, la capote est un problème.

    (on se calme, on attend de lire la suite)

    (non, je ne suis pas me définis plus comme catho)

    (tout le monde est calme ? on continue alors :))

    C’est fiable

    Je me souviens dans les années 90 d’une vague rumeur qui racontait qu’une étude anglaise donnait le préservatif fiable à seulement 90%. Mais je n’ai jamais réussi à en trouver la trace. Il faut dire aussi que cette rumeur était plus que sujette à caution, puisque circulant dans les milieux anti-PD, et donc dans ma famille. Je l’ai retrouvée il y a peu, dans un forum quelconque.

    Alors j’ai cherché, et j’ai trouvé ça dans wikipedia :

    L’efficacité du préservatif dans la prévention des IST n’est connue qu’approximativement, et varie, selon les études disponibles, entre 60 et 96 % environ (par exemple, une méta-étude de 1993 conclut à une réduction du risque de 69 % ; une autre étude de 1994 donne 87% moyenné (entre 60% et 96%) même si ces études concluent au peu de fiabilité de leurs propres mesures).

    Si wikipedia dit réellement une connerie, alors les mecs de act-up, aids & co, vous attendez quoi pour le faire modifier ?

    Si c’est vrai, deux remarques :

    • la première est que ça ne me surprend pas tellement : je connais quelques personnes (pas plusieurs, non, juste quelques unes, donc pas assez pour en faire une statistique), qui se sont fait contaminer par le VIH alors qu’elles déclarent avoir toujours utilisé une capote.
    • on se fout de savoir si la marge d’erreur est de 4% ou de 10%. Ce qui en ressort par contre c’est que, non, la capote n’est pas fiable à 100%.
      Pour certains, 4% est une marge d’erreur acceptable. Pas pour tous, pas pour ça.

    Un petit exemple : j’ai appelé un jour AIDS pour savoir ce qu’il en était de l’utilisation de la capote dans les saunas / hammam, endroit de copulation malgré tout assez fréquenté dans le milieu homo : la chaleur est mauvaise pour les capotes, est-ce que ça veut dire qu’on prend un risque en les utilisant dans ces endroits ?

    La réponse aurait été simple : soit un “c’est bon, allez y, no souci, il ne fait pas assez chaud”, soit alors “halte là, danger, leur chaleur excessive rend les capotes poreuses ; chauffez-vous, draguez-vous, et allez ensuite faire votre affaire dans une cabine”.
    Mais je n’ai jamais eu d’autre réponse que des phrases elliptiques, qui ne disaient ni oui ni non. AIDS n’a pas la réponse ? Peut être, mais vu la popularité des saunas chez les homos, ça touche alors à la faute professionnelle. J’ai en tout cas pris le parti, du coup, de croire que les capotes n’étaient pas adaptées à ces salles très chaudes, que pour une raison quelconque ce n’était pas dissible, et du coup, je chauffe, je drague, mais fais le cas échéant mon affaire ailleurs.

    De toute façon, ce point là n’est qu’anecdotique, juste une illustration de ce que les associations de prévention / réaction, ou les « autorités compétentes » se sont enfermé, au nom du dogme "tout capote" (ni catholique ni papal, celui là) dans une logique absurde et mensongère.

    C’est cool

    La capote, c’est cool, ça existe dans toutes les tailles, coloris, goûts, ça fait partie du jeu sexuel ? Bah non. Désolé, mais non, 1000 fois non.

    La capote, c’est chiant à ouvrir, c’est chiant à installer, surtout dans le noir. Pas pour vous ? cool. Mais pour moi, si, c’est comme ça, ça me casse tous mes effets.

    A la fraise, banane, menthe, ce que vous voulez, la capote a un goût dégueulasse, un goût chimique quand ce n’est pas un goût de latex. Je ne dis pas que c’est le cas pour tout le monde, c’est le cas pour moi, c’est le cas pour plein de gens. Oui, on peut trouver que la capote a un goût dégueulasse, sans être anormal.

    A la fraise, banane, menthe, en latex ou autre materiau plus moderne, la capote bloque les sensations. Pas pour tout le monde, non. Mais moi oui, et d’autres aussi.

    Oui, la capote peut bloquer. Physiquement, psychologiquement, ce qu’on veut, mais non, la capote n’est pas toujours cooooool.

    Oui la capote peut être perçue comme un “tue l’amour”, parce que ce qu’on aime, c’est le contact de la peau, de la chair, et pas celui d’un bout de plastique, parce que la capote empêche de prendre son pied. Pas tout le monde, moi si, et d’autres.

    Alors, on fait quoi ?

    Quand on ne peut pas baiser avec une capote, mais que le discours officiel soutend que les gens ’normaux’ n’ont pas de problèmes, et qu’on est par conséquent ’anormal’, il n’y a pas beaucoup d’alternative.

    On peut décider de prendre notre pied, au diable le discours moralisateur unique, et advienne que pourra. Anormal pour anormal … 

    De toute façon, il n’y a plus de risques, puisque dans le but (louable) de lutter contre la discrimination contre les séropositifs, on nous présente maintenant le SIDA comme une maladie chronique.

    Pendant plusieurs mois il y a quelques temps de cela, comme tant d’autres, j’ai pris mon pied. Sans capote. Au début, je me disais "so what ?, on verra bien”, et rapidement je n’y pensais juste plus. On y pense plus.

    Et j’ai pris mon pied comme jamais.

    Jusqu’au jour où j’ai vu plusieurs de mes … contacts découvrir leur séropositivité, être malades, devoir se gaver de médocs à longueur de journée. Ils n’avaient pas trente ans, j’ai vu leur corps changer, ils ont changé.

    Moi j’ai eu de la chance, une chance de cocu, une sur un milliard de millions, je m’en suis tiré sans la moindre MST. Rien. Nada.

    Ou alors on arrête de prendre les gens pour des cons, et on les responsabilise.

    On leur explique que dans 90% des cas, il n’y a pas de problèmes. Mais qu’il peut y en avoir, et qu’il y a des moyens de les arranger :

    • problème de prix ? c’est sûr, surtout quand celles qui sont distribuées gratos dans les établissements ne conviennent pas, c’est un budget. Les politiques n’avaient pas promis la capote à 15 cents (1 franc), à une époque ?
    • allergie au latex ? : capotes sans latex !.
    • problème de taille ? petits ou les grands gabarits, no soucis !
    • problème de culture, d’éducation, psychologique ? pourquoi ne pas en parler à son médecin, ou à un psy, par exemple l’asso des médecins gays ?

    Mais surtout dire, et rappeler sans cesse, que dans tous les cas, le choix final restera toujours le même : se priver d’un bon coup, ou se priver d’une vie normale :

    Il faut le réaffirmer sans cesse : les traitements contre le vih ne sont pas anodins. Les effets secondaires sont trop lourds : diarrhées, nausées, vomissements, neuropathies (qui entraînent des douleurs insupportables au bout des membres et des terminaisons nerveuses), rash cutanés et autres problèmes dermatologiques, calculs rénaux, troubles du comportement, insomnies, cauchemars, déséquilibres de la répartition des graisses qui déforment les silhouettes et causent des accidents cardio-vasculaires, ostéoporoses qui provoquent des fractures spontanées, etc.

    Le sida n’est en aucun cas devenu une maladie chronique.

    Oui, l’abstinence, c’est pas cool, pas cool du tout. Mais au moins ça n’empêche pas d’avoir une vie cool. D’avoir une vie, tout court.

    Peut être qu’en donnant des clés pour comprendre, en respectant un peu plus leurs semblables et les traitant moins comme des demeurés, nos « sachants » pourraient alors dire, eux-aussi :

    Oui, la capote peut être un problème pour certains. C’est normal.
    Alors, soit tu prends sur toi, et tu baises pas, soit t’en mets une, et tu fais avec.
    Parce que le sida, on n’en sort pas indemne
  • Vos commentaires

    • Le 11/05/09, Ydikoi En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      On est bien d’accord.

      Mais quelle proportion de familles, ou d’écoles, collèges ou lycées, où l’on en parle comme ça ? Où démonstration est faite ? Combien de publicités, à des heures de grande écoute, sur l’utilisation du préservatif, comme en grande bretagne ?

      Si l’on approche un tant soi peu d’un pourcentage raisonnable (mettons … 50% ?) alors je retire tout ce que j’ai dis et effectivement, il n’y a pas de problèmes avec les capotes.

      répondre ︎⏎

    • Le 05/05/09, pn1ted cod5killer En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      +100 pour le message precedent

      répondre ︎⏎

    • Le 30/04/09 En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      Dire que le préservatif est efficace à X % c’est prétendre qu’il a un défaut.
      Or S’il est bien mis, c’est-à-dire :
      avec la bonne taille
      sans déchirer l’emballage inconsidérément
      sans le manipuler avec doigts sales
      sans le contaminer par des doigts ou des parties corporelles non exempts de trace de sperme ou autre liquide pré-éjaculatoir
      en pressant le petit vase d’expansion avant de l’enfiler
      en s’en servant dans les minutes qui suivent sa mise en place (pas trois heures après quoi !)
      sans le déchirer lors des préliminaires amoureux
      en employant des préservatif sans gel uniquement pour les rapports bucco-génitaux (une pipe pour ceux qui font semblant de ne pas comprendre)
      en employant des préservatifs plus résistants (épaisseur) pour la sodomie
      en expliquant à ses enfants tout ceci AVANT et non après leurs premiers rapports
      Il est efficace à 100 %

      Amenuiser ce pourcentage sans préciser est aussi débile que de dire qu’un plâtre n’aide pas à réduire les fractures sous prétexte que certains mettent des plâtres de travers ou sur des entorses.
      Parce que si je me mets une aspirine dans l’oreille je ne calmerai pas ma céphalée.

      L’emploi du préservatif doit donc être précédé d’une explication, tout comme l’emploi du casque, que l’on doit porter avec sa jugulaire mise en place !

      Que le latex soit poreux est une chose (tous système moléculaire ou atomique, toute la matière l’est ! On le sais depuis la découverte de la radioactivité)
      Que, pour les préservatifs, cette porosité soit suffisamment faible pour stopper le virus ou une charge virale nécessaire à la contamination est une chose tout aussi certaine.

      Souvenez-vous que les murs des centrales nucléaires sont aussi poreux, mais leur construction garantit la sécurité. Idem pour la capote.

      De plus j’entends certains idiots (et non des moindres) qui prétendent que plus on distribue des préservatifs plus le SIDA gagne...
      Ces gens interprètent des chiffres sans aller voir le contenu.

      A ce tarif là je peux vous dire la chose suivante

      « Partout là où on renforce les contrôles routiers, on constate les taux d’accidents les plus élevés ! »
      Si on ne vous explique pas que c’est lorsque les taux sont élevés que l’on renforce ces contrôles, vous trouverez des ramollis du bulbe tout prés à vous dire que les contrôles aggravent la sécurité routière.

      J’en ai même vu un dernièrement à la télévision, il prenait l’avion pour l’Afrique.

      Enfin
      Messieurs et mesdames des religions,
      Les dogmes sont les caractéristiques des religions.
      Le propre des religions est donc basé sur l’ignorance,
      Mais le droit à croire en ces derniers est une liberté.

      Mais
      Quiconque déclare, avec autorité … urbi et orbi,
      En contradiction avec la médecine,
      Que distribuer des capotes aggrave le SIDA
      Commet un exercice illégal de la médecine.

      répondre ︎⏎

    • Le 16/04/09, Guillaume En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      Nan, pas morale, religieuse ! Si tant est qu’on puisse encore faire une distinction. La polygamie est un fait sociétale basée sur une acceptation religieuse, puisque les sociétés se sont moralisées et construites sur des idées et pratiques religieuses. La laïcité est une conception occidentale et très moderne.

      L’abstinence et la fidélité s’opposent en « idées » à un outil « la capote ».

      C’est un outil (Donc pas parfait) opposé à une idée (Donc pas forcément partagée).

      Et je ne te traite pas « de pauvre esprit craintif [par] un abrutissement religieux », j’ai un peu plus de respect pour ce que tu es. Même si tu lis des magazines bizarres, dont je tairais le nom par respect pour tes lecteurs.

      Oui, la capote est un outil efficace
      Oui, elle n’est pas la seule solution. L’abstinence en est une
      Oui, ces deux solutions s’opposent sur une vision de la relation, de la morale [religieuse] et de la place de l’individu par rapport à son plaisir et la société
      Non, tu n’es pas un andouille

      Love !

      répondre ︎⏎

    • Le 15/04/09, Ydikoi En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      Tiens, la fidélité, notion religieuse :’-))

      http://www.secretmessageservice.com...

      répondre ︎⏎

    • Le 15/04/09, Ydikoi En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      la fidélité n’est pas une notion religieuse, mais morale. donc profondément personnelle, parfois sociale, et parfois religieuse. Sortons donc les “barbus de toute religion" de l’équation, et évite de me traiter “de pauvre esprit craintif [par] un abrutissement religieux”, tu seras gentil :-)

      je mets ces deux éléments face à face (et pas du tout sur le plan religieux) pour une raison très pragmatique et rationnelle justement : je connais un bon paquet de personnes qui :

      • ne se reconnaissent pas dans le discours "la capote, c’est cool"
      • ont parfaitement bien intégré le message que le SIDA, c’est une maladie comme les autres et qu’on en meurt plus
      • et qui par conséquent ne mettent plus de capotes.

      je dis juste que tant qu’on ignorera cette catégorie de personnes, qu’on ne peut toucher qu’en ayant un discours honnête et responsable, on continuera à voir, dans nos pays développés, une hausse - ou au moins - une stabilité des contaminations.

      une dernière chose : je ne connais pas beaucoup d’africains, juste deux, dont un a monté une asso de lutte contre le sida. Et ce que j’ai pu retenir de ce qu’ils m’ont dit, c’est que si c’est facile de se procurer une capote dans les grandes villes, c’est parfois plus problématique en dehors. Et dans ce cas là, apprendre le mot "ceinture", c’est peut être pas plus mal comme remède.

      parce que même si l’abstinence est "le stade ultime de la désocialisation" (ouarf ouarf, franchement …), c’est toujours mieux que chopper une saloperie de virus …

      répondre ︎⏎

    • Le 14/04/09, Guillaume En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      Hello,

      La responsabilisation ? Oui, tu as raison sur le fond, mais ... Tu ne peux pas mettre l’un en face de l’autre des raisons idéologiques (Voire dogmatiques) de l’église, des raisons affectives (Barrières au plaisir, risques de mort, ...) et des raisons pragmatiques (Une relation sans préservatif = fort risque).

      Au delà de cette équation rapide et simple à 3 inconnues, la question de la capote est résumée en : « comment baiser en sécurité ? ». On peut pousser la logique à se dire « Vu l’infidélité, on pourrait même baiser avec capote quand on est en couple ». Or, la fidélité est avant tout un critère religieux, car rien dans les rapports sociaux n’interdit les partouzes, le prêt de conjoint(e) ou le « petit coup rapide avec la belle soeur »... La preuve, des ethnies le pratiquent même pour survivre (Cf. les innuits). La fidélité est un truc religieux. Acceptons le !

      Ce n’est pas faire un « coming out » de dire que la capote n’est pas l’arme absolue, c’est juste prendre le contrepied des pragmatiques, des rationnels, mais aussi des anti papes de tout poil. Et toute orientation sexuelle que tu aies (Du verbe avoir), c’est dangereux, c’est une position risquée.

      Je vois les jeunes autour de moi qui ne comprennent (encore) pas que le préservatif protège de la mort. Tout comme l’abstinence, qui est le stade ultime de la protection, mais qui est aussi le stade ultime de la désocialisation. L’acte sexuel est social, avant tout. Il permet l’échange (Et pas que de fluides corporels !), la relation, le plaisir, ... Bref, tout ce que les barbus de toute religion déteste.
      L’abstinence n’est pas socialement utile. Ce n’est qu’un abrutissement religieux de pauvres esprits craintifs. Je ne prône pas non plus la baise à tous les étages, comme on pourrait le penser.

      ++

      PS : Tu m’avais chauffé pour répondre, j’ai répondu.

      répondre ︎⏎

    • Le 02/04/09, France En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      L’éducation ? Apprentissage par l’erreur ? Genre, ne jamais laisser sa copine seule avec une paire de couilles bleues en moumoute ? Hum...

      répondre ︎⏎

    • Le 31/03/09, Ydikoi En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      Quand je dis que l’éducation, c’est possible :

       :-D

      répondre ︎⏎

    • Le 30/03/09, France En réponse à : Oui, la capote est un problème !

      ça marche aussi avec schtroumf, essaie, tu verras.

      répondre ︎⏎

    25 mars 2009

  • [blog] couic

    Ca, c’est Kitty après s’être fait couiqué. Le veto a juste fait un petit pansemement, pour qu’elle évite de se lêcher la cicatrice. Mais un chat, c’est souple, alors elle n’a pas eu de mal à atteindre le pansement et, à force de persévérance, réussi à commencer à le décoller.

    Du coup, j’ai eu l’idée géniale de prendre une vieille chaussette et de l’entuber.

    Sauf que, mauvaise pioche, comme sur mes mollets, la chaussette se ratatine, se boudine, et ne sert plus à rien. Oumpf. Idée de génie : percer deux trous pour lui passer les pattes !

    Voilà donc Kitty avec un joli (?) petit corset, ce qui sied de toute façon bien à sa condition féminine :-D

    Mais un chat, c’est têtu. Pas têtu comme un âne qui n’aurait pas soif, non, mais têtu quand même. Et Kitty a décidé qu’il n’était pas normal qu’elle ne puisse pas faire sa toilette tous les jours (ça c’est bien, bien éduquée).

    Elle a donc entrepris de lêcher la chaussette, avec sa langue rapeuse comme du papier de verre, jusqu’à ce qu’elle lâche.

    10 jours après, il ne reste plus grand chose du haut de la chaussette. Heureusement, elle se fait enlever les fils dans deux jours.

    Et pendant ce temps là, au moins, à se focaliser sur ces fils là, elle oublie ceux de sa cicatrice.
    <ligne78><ligne79><ligne80><ligne81>

  • Portfolio

    Vos commentaires

    • Le 26/03/09, Ydikoi En réponse à : couic

      Allons, quoi, ça ne déchaîne pas plus les passions, ce petit corset ?

      Dommage, j’aurais cru :-)

      répondre ︎⏎

    • Le 25/03/09, France En réponse à : couic

      Si je puis me permettre, tu as une vision « étriquée » de la condition féminine.... et Kitty doit detester cette chaussette toute effilochée. T’as pensé à son loock ? Alors que tant de gens peuvent la voir ? Pauvre choutte. Faudra pas t’étonner qu’elle ait besoin d’un psy. Pfff !

      répondre ︎⏎

    24 mars 2009

  • [blog] Un petit moment de bonheur

    http://playingforchange.com - From the award-winning documentary, « Playing For Change : Peace Through Music », comes the first of many « songs around the world » being released independently. Featured is a cover of the Ben E. King classic by musicians around the world adding their part to the song as it travelled the globe. This video and « Don’t Worry » will be available at iTunes 1.27.09 while other songs such as « One Love » will be released as digital downloads soon ; followed by the film soundtrack and DVD in stores on 4.28.09.

    Merci à la rouquette :)


    edit 28/3 : suite à la suppression de la video sur vimeo, je l’ai retrouvée sur la chaîne officielle du site sur youtube, ainsi que celles-ci

    J’aime ! Décidemment.

  • Vos commentaires

    18 mars 2009

  • [blog] Parce que ça fait du bien

    Je n’aime pas Frédéric Lefebvre, je l’ai déjà dit. Mais je l’admire, sisi, pour sa capacité hors-normes à la mauvaise foi, l’inconsistance et le mensonge, pourvu que cela serve sa cause. Frédéric Lefebvre, ou la politique comme ça ne devrait plus exister.

    Alors, quand il s’agit de l’étriller, c’est toujours bon. Et ça, le petit journal sait faire, d’où la video. Même si, je sais, je suis un pirate.

    Le Petit Journal - 16 mars 2009

    (on peut voir la même séquence sur le site d’arrêt sur images)

    Et bienbienbien qui en remet une couche : « Lefebvre se fait le porte-parole - pas seulement de l’UMP, ce qu’il est dans la vraie vie - mais aussi de ce qu’on a coutume d’appeler une majorité silencieuse qui pense comme lui sans rien y connaître. Du coup, Frédéric Lefebvre invente le statut de porte-parole des trolls, celui qui parle au nom de tous les trolls. ». Délicieux.

  • 17 mars 2009

  • [blog] Crise et instruction

    Je regarde souvent le journal de France 2, j’aime beaucoup Elise Lucet. Et aujourd’hui, elle a montré quelques images de Christian (oui, celui là) au sujet du boulot qu’il (va) perd(re) chez Continental. Oui, la crise est moins virtuelle, moins statistique, et beaucoup tangible et humaine tout d’un coup.

    Quand je vois ces images ; quand j’entends des responsables politiques parler de révolte ; mais aussi quand je lis cette synthèse commentée du ’petit livre rouge’ du pseudo commando de Tarnac, qui exprime si bien ce que je pressens depuis plusieurs mois ; quand tout, y compris le départ de Quitterie Delmas de la politique traditionnelle, m’amène à penser également que si la crise économique est bien ancrée, nous n’avons pas encore vu le début du commencement de la crise sociétale (sans compter que certains voient encore pire) ;

    Non, Marge, ne me demande plus pourquoi je peux être pessimiste.

    Aussi, trève de serieuseries ! J’ai appris trois choses récemment, évidemment il faut que je les partage. hum, attention c’est du lourd.

    les bretons n’ont pas des têtes de con, ce sont des ploucs.

    L’autre jour, loin chez les bretons têtes de …, j’entendais avec stupéfaction l’administrateur (presque) régional traiter nos hôtes de ploucs. Après tout, encore ignorant des us et coutumes de notre institution, il y avait une possibilité que ce soit normal … d’autant qu’eux ne semblaient pas effarouchés … uuuh ?

    « En fait, c’était pendant la guerre de 14(bon, là, il se plante, c’était la précédente, mais pas grave), quand les bretons arrivaient dans les tranchées, on leur demandait - forcément- d’où ils venaient. Et comme chez vous, les patelins s’appellent tous Plouquelque chose, alors les mecs confondaient tout. Donc ils ont fini par les appeler les Ploucs ».

    Je suis resté bouche-bée quelques instants. Après tout, pourquoi pas ? Et après vérification, wikipedia dit la même chose, alors …

    le breton n’est pas une langue, c’est du baragouinage

    « D’ailleurs,continuait le blond barbu (on l’appelera BB, ça lui ira bien héhé)quand les mecs ont été enrôlés, ils parlaient à peine français. Bah, à l’époque, c’était surtout le breton qu’ils parlaient ici. Alors, à la guerre, quand ils voulaient dire qu’ils avaient faim, ils disaient bara et gwin, du pain, du vin. Bref, pour les francophones, ils baragouinent ».

    Bon bon, jolie histoire, mais pas très véridique à première vue. Si ? Ah oui, wikipedia confirme, également.

    le ghetto était une demande et un privilège

    Bah oui. Comme un con je me suis senti, quand c’est sorti dans une conversation avec mon pote le Docteur Krollspell. Disons que sans refaire l’histoire (wikipedia est là pour ça, non ?), c’était une demande de la communauté, assortie de privilèges (début du XIe s.). Ce n’est qu’après le Concile de Latran (début du XIIIe) que les juifs sont progressivement isolés de force, avant d’être finalement indésirables en Europe (fin XIIIe en Angleterre, début XIVe en France, fin XVe en Espagne). Puis finalement les ghettos d’Europe des XIX et XXe.

    Et puis, in fine, cette définition littérale du ghetto :

    Il faut rappeler que la constitution d’un ghetto suppose quatre conditions : un espace imposé par le pouvoir à une catégorie de population, un lieu ethniquement homogène, la constitution d’une micro-société interne, une stigmatisation venant de l’extérieur

    Ce qui exclu - vieux débat en pédétude - ipso facto le Marais :D

  • Vos commentaires

    • Le 19/03/09, France En réponse à : Crise et instruction

      J’ai dit « presque »...
      Pis tout va bien, on n’est pas encore considérés comme des bandes organisées.

      répondre ︎⏎

    • Le 18/03/09, Ydikoi En réponse à : Crise et instruction

      Ethniquement homogène, la communauté motarde, tu repasseras |-)

      Pour les chapeaux ronds, j’ai prévu une enquête cet été oui ;-)

      répondre ︎⏎

    • Le 17/03/09, France En réponse à : Crise et instruction

      Si ça exclu le Marais, ça pourrait (presque) correspondre à la fédé... ;o)
      Et est-ce que wiki t’a dit pourquoi ils ont des chapeaux ronds, les bretons ?
      Réponse cet été ?

      répondre ︎⏎

    11 mars 2009

  • [blog] Je suis un pirate

    « Je prends le parti des pirates.
    Ils sont, nous sommes, des millions, en France, chaque jour à échanger des oeuvres : des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables, des œuvres oubliées ou « tombées » dans le domaine public.

    Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique.
    Les tentatives d’interdire les échanges sur Internet - par l’intimidation ou par le filtrage - sont vaines.
    Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable.
    Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d’elles-mêmes.
    C’est au grand jour qu’elles révéleront toutes leurs potentialités.

    Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse.
    En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

    Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
    Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
    Alors, pour eux je suis un pirate.

    Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
    Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
    Alors, pour eux je suis un pirate.
     »

    Les membres fondateurs de cette action sont : Olivier Maurel (manager des innovations sociales chez Danone et incubateur de start-ups), Mikiane (cofondateur de Rue89, directeur du studio multimédia de France 24), Nicolas Voisin (PDG de 22 mars SAS, créateur de Politicshow, lesdemocrates.net…), Damien Douani (marketeur digital, économiste, évangéliste 2.0, membre de ReadWriteWeb France), Benoît Thieulin (fondateur de la NetScouade, spécialiste du web politique), Maurice Ronai (chercheur en sciences sociales, auteur de documentaires et co-auteur du rapport Rocard sur la République 2.0), Fabrice Epelboin (consultant, créateur de start-ups et membre de ReadWriteWeb France), et Guillaume Champeau (fondateur de Numerama.com).


    Hadopi, en trois mots :

    • Le projet de loi Hadopi ne condamne pas, « contrairement à ce que l’on pourrait penser, la violation des droits de propriété intellectuelle, mais [le] "manquement à une obligation de surveillance ». Diner’s room : le projet de loi Hadopi et Et si Hadopi ne servait à rien
  • Vos commentaires

    • Le 13/03/09, Ydikoi En réponse à : Je suis un pirate

      Oh, en gros, c’est tout simple, cette loi.

      Elle propose qu’on installe un mouchard sur ton ordinateur pour contrôler ce que tu charges dessus.

      Facile à comprendre, tellement qu’on comprend pourquoi ils communiquent pas trop dessus :-((

      répondre ︎⏎

    • Le 13/03/09, France En réponse à : Je suis un pirate

      Avec un bandeau sur l’oeil et tout ? Argh ! j’adooore !
       ;o)) J’approuve, même si je comprends pas tout de quoi ça cause. Je suis une piratesse, moi.

      répondre ︎⏎

    6 mars 2009

  • [blog] panagérique

    Il m’avait réservé la date depuis un bon moment, déjà, il devait quitter la route, l’occasion d’une cérémonie où il avait besoin d’un parrain, moi, donc. Rendez-vous était donc pris pour ce vendredi soir.

    Quand je suis arrivé chez lui, ils étaient tous là : lui bien sûr, entouré de tous ses frères et sœurs, ses parents ElleDikoi -qui avait tout organisé- et son mari, Papadikoi et Mamandikoi, LoDiKoi, son frère et ses parents, et LiDiRien et sa femme, tous cachés dans le noir, un recoin de porte, explosant au moment où j’entrais, d’un « Joyeeeeuuuxxx ÂÂÂnnniiivverssaaaaiiiiire ». La surprise avait été bien gardée …

    J’ai adoré ce moment là, se retrouver entouré de personnes que l’on aime, particulièrement en ce moment, en même temps que j’ai détesté me retrouver au centre de l’attention pendant une bonne partie de la soirée, dans les petits speechs plus touchants les uns que les autres où, de PapaDikoi à mon filleul - inquiet que je puisse mal prendre le traquenard qu’il m’avait tendu - ont débité un panagérique qui aurait pu tenir, dans d’autres circonstances, d’une oraison funèbre.

    Tout était écrit avec une bonne dose de créativité et d’humour, de caricature et de chambrage (je suis rhabillé pour les dix prochaines années), mais surtout visiblement beaucoup d’émotion, ce qui était finalement le plus touchant. Car en même temps que je me reconnaissais dans les portraits - flatteurs - qui étaient dressés, je ne pouvais m’empêcher de garder une part de moi qui trouvait qu’ils en faisaient trop, qu’ils grossissaient le trait et que je n’étais pas tellement le mec si bien qu’ils décrivaient.

    Mais j’étais de toute façon piégé, au centre de l’attention pour un soir, sans autre choix que me laisser porter, et me laisser aller. Au final, c’était bien agréable, oui ! même si, encore aujourd’hui, j’ai cette incapacité à accepter qu’ils aient été totalement sincères - ce qu’ils étaient, à l’évidence.

  • Vos commentaires

    • Le 10/03/09 En réponse à : panagérique


      je crains qu’on écrive panégyrique

      sinon j’aime beaucoup vous lire ;-)

      répondre ︎⏎

    • Le 08/03/09, Marco En réponse à : panagérique

      Bah, ben, apibeursdé touillou !

      Désolé de manquer de vigilance mais tu sais bien faire le cachotier aussi quand tu veux.

      Et je confirme : tu es un mec bien. Tu mérites bien ces petites attentions. Et il n’y a pas de honte à être, un jour de temps en temps, le centre d’intérêt de ceux qu’on aime même si je reconnais que, quand on le vit, sur l’instant, on voudrait être ailleurs.

      Allez, va pour le bain d’amour !

      répondre ︎⏎

    • Le 08/03/09, Ydikoi En réponse à : panagérique

      ooups, rouquette et blanquette font un drôle de mariage, rigolo en tout cas :)

      répondre ︎⏎

    • Le 08/03/09, France En réponse à : panagérique

      Un bain d’amour ? Hummm... J’adore !!!
      Plouf !

      répondre ︎⏎

    • Le 06/03/09, Marge En réponse à : panagérique

      Ayé ! Bienvenue chez les grands !

      Je ne désespère pas de te voir grandir encore (mûrir, je trouve que ça fait tomate et vieillir, ça fait pomme ratatinée !), au point de savoir enfin apprécier un bain d’amour pour ce qu’il est.

      Quoique... A voir la réaction de France, on pourrait se demander si tu n’as pas fait ce post pour obtenir un bain d’amour de tes lecteurs... :-)

      répondre ︎⏎

    • Le 06/03/09, France En réponse à : panagérique

      Je m’inscris en faux !Tu es un mec bien. Et y en n’a pas tant...

      répondre ︎⏎

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